Le 16 juin 2016


Débutant comme jeune joueur de hockey dans les rues de Summerside, Gerard «Turk» Gallant, originaire de cette ville, est maintenant l’entraîneur-chef de l’équipe des Panthers de la Floride de la Ligue nationale de hockey.

Il s’agit de tout un accomplissement pour un jeune venant d’une grande famille, pas nécessairement des plus riches.  Ses parents, Alphie et Rosie Gallant, ont élevé 11 enfants,  alors ce n’était pas évident d’avoir l’occasion d’avoir le meilleur équipement pour avancer dans ce sport.  «Je jouais avec de l’équipement que j’avais reçu de deuxième main, soit des voisins ou des amis», explique Gerard Gallant.  «Ce n’était pas évident même d’acheter un bâton de hockey, mais je me souviens que mes  plus vieux frères qui travaillaient m’achetaient un bâton de temps en temps, ou encore l’un de mes oncles», ajoute-t-il.

Même si ses parents étaient Acadiens, Gerard n’a pas été éduqué en français puisque c’était à une époque où il n’y avait pas d’école française à Summerside.  «Je suis certain, que si l’éducation en français à Summerside avait été offerte quand nous étions enfants, mes parents nous auraient inscrits dans une école française», souligne-t-il.

Habitant très près de l’aréna à Summerside, Gerard Gallant a joué dans les ligues midgets, comme beaucoup d’autres jeunes.  «C’est vers l’âge de 13 ou 14 ans que j’ai réalisé que j’étais un assez bon joueur», souligne-t-il.  «Mon objectif à ce moment-là était de jouer avec les Summerside Crystals, même niveau que les Western Capitals maintenant.  Mais j’avais 16 ans quand j’ai vraiment réalisé qu’il y avait des personnes comme Errol Thompson et Billy MacMillan qui s’étaient rendus à la Ligue nationale de hockey».  

«On a tous des rêves et c’est alors que j’ai commencé à rêver que je pouvais avoir une chance de devenir un joueur de la Ligue nationale», explique M. Gallant.  Il souligne que son père Alphie assistait toujours aux parties quand il jouait à Summerside.  «Jamais il ne m’a dit “tu as bien joué, tu as mal joué”.  Il surveillait les parties et ne faisait jamais de commentaires», dit-il.  «Aujourd’hui c’est tellement différent, les parents sont presque rendus sur la glace dans des parties intenses».

Lorsque Gerard Gallant était au niveau midget (15-16 ans), il a eu l’occasion de se rendre au Championnat national «Air Canada Cup».  «J’ai bien joué lors de ce tournoi et  c’est là que j’ai été choisi par l’équipe des Castors de Sherbrooke de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.  Je pense que Forbes Kennedy avait fait un appel aux dépisteurs pour leur suggérer de me surveiller.  Cela m’a sûrement aidé».

«J’étais en 9e année et, rendu là-bas, j’ai été en classe trois semaines, puis je n’y suis pas retourné.  Le hockey était beaucoup plus important pour moi», souligne «Turk».  «Aujourd’hui, cela ne serait pas accepté, les jeunes hockeyeurs doivent poursuivre leurs études sinon ils ne pourraient pas jouer au hockey», explique-t-il.

Gerard Gallant a joué trois saison dans la LHJMQ avec les Castors de Sherbrooke, les Castors de Saint-Jean et les Juniors de Verdun.  Il a été repêché par l’équipe des Red Wings de Detroit et a joué une saison dans leur club-école, les Red Wings d’Adirondack.  Il a joué sa première partie avec les Red Wings de Détroit dans la LNH lors de la saison 1984-85.  Son rêve devient une réalité.  «Le point culminant de ma carrière a été cette première partie dans la Ligue nationale et j’y ai même compté un but».  Son épouse, Pam, était sur les bancs des partisans lors de cette partie.

En lui demandant comment on fait pour avoir une vie familiale avec une telle carrière, il dit : «Ce n’est pas pire qu’être un docteur.  Oui on manque des événements importants familiaux, mais c’est quelque chose qu’on accepte comme famille», dit celui qui est père de deux enfants, Jason et Mélissa,et maintenant grand-papa d’un petit garçon, Caleb.  «Ma fille Mélissa est mariée à Darryl Boyce de la région de Summerside qui est aussi joueur de hockey.  Il joue maintenant avec l’équipe ERC Ingolstadt en Allemagne.  «On s’assure de se voir à quelques reprises pendant l’année, pour célébrer Noël par exemple.  Aussi on a l’opportunité de passer quelques mois pendant la saison de l’été», explique M. Gallant.  

Gerard Gallant a joué 9 saisons avec les Red Wings de Detroit. «C’est en 1991, après une blessure au dos, que j’ai réalisé que je n’étais plus le joueur que j’étais à mes débuts.  Alors, après une autre saison avec les Red Wings et deux saisons avec le Lightning Tampa Bay, je suis allé jouer une saison avec les Knights d’Atlanta et une saison avec les Vipers de Detroit, deux équipe de la Ligue américaine de hockey», dit-il.

C’est ensuite que débute sa deuxième carrière, celle d’entraîneur.  Il revient d’abord quelques années dans sa ville natale, pour être entraîneur des Westerns Capitals de Summerside dans la division Junior A. 

En 1999, il sera nommé entraîneur-adjoint des Panthers de Louiseville dans la Ligue américaine de hockey.  En 2001, Gerard Gallant devient entraîneur-adjoint des Blue Jackets Columbus dans la Ligue nationale de hockey, avant de devenir entraîneur-chef en 2003 de cette même équipe pendant 142 matchs.  Durant les années suivantes, il sera entraîneur-adjoint avec les Islanders de New York.  Gerard Gallant reviendra comme entraîneur-chef, cette fois dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, avec les Sea Dogs de Saint-Jean, où il connaîtra beaucoup de succès.  «Nous sommes allés en finale à la première saison et on gagné le championnat les deux saisons suivantes.  

En 2012, il retourne dans la Ligue nationale de hockey avec les Canadiens de Montréal en tant qu’entraîneur-adjoint. Il y sera pendant deux saisons avant d’être nommé entraîneur-chef des Panthers de la Floride, où il continue sa carrière.

«Je suis arrivé avec les Panthers, juste au bon moment.  Il y avait plein de bons jeunes joueurs qui travaillent bien ensemble et j’ai une bonne équipe d’entraîneurs qui m’aide énormément et qui prend bien ses responsabilités.  Ça va très bien», dit-il.

Gerard Gallant est parmi les trois finalistes du trophée Jack Adams 2015-2016 décerné au meilleur entraîneur de la saison de la Ligue nationale de hockey.  Le gagnant sera dévoilé le 22 juin.  

- Par Marcia Enman
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