Le 28 juillet 2015

Jean Bernard est un généalogiste qui s’est donné comme mission de mieux faire connaître la présence acadienne à l’Î.-P.-É. depuis le 18e siècle.


Selon Jean Bernard, la généalogie acadienne de l’Île-du-Prince-Édouard est loin en arrière de celle des autres provinces atlantiques, surtout du Nouveau-Brunswick.  Cela le motive à poursuivre son projet monumental d’écrire la généalogie des familles acadiennes de l’Î.-P.-É.  Rendu au 6e tome et à la lettre P, il commence à voir la lumière au bout tunnel. Jean Bernard s’est attaqué cette fois à la généalogie des Poirier, Pitre (dit Peters), Pineau, Provost et Paquette.  Après cette publication, il n’en reste qu’une autre, qui couvrira les noms commençant par les lettres R jusqu’à W. 

«Honnêtement, je suis très fier du travail que j’ai accompli, mais je commence à ressentir un peu de pression et même de la fatigue.  Le travail de généalogie prend beaucoup de temps et d’énergie, mais je trouve que c’est crucial que ce soit fait.  Je n’en vois pas beaucoup d’autres qui s’intéressent à ce genre de travail à l’Île présentement, donc je me dis qu’il faut que je persiste jusqu’à la fin.»

Avant les années 1970, il y avait des meneurs de la société acadienne, souvent des curés de paroisses, qui s’occupaient de la généalogie des familles acadiennes.  Depuis 1970, cet intérêt s’est dissipé.

«Vous savez, les gens sont tellement heureux de découvrir qu’ils sont des Acadiens, mais il y en a d’autres qui ont honte et le nient», explique Jean.  «Lorsqu’un anglophone un peu trop fier découvre soudainement que ses grands-parents étaient bel et bien des Acadiens qui parlaient autrefois la langue française, ça le perturbe!  Mais, la plupart, surtout ceux qui viennent de loin, sont très contents d’apprendre qu’ils ont du sang acadien.  Parfois, cela arrive qu’un individu soit déçu de ne pas avoir de sang acadien.» 

Affirmer la présence acadienne

Le manuel des noms de familles acadiennes «P» compte plus de 800 pages et comprend des familles d’un bout à l’autre de la province.  Comme dans les autres volumes, Jean Bernard se concentre sur les familles acadiennes dès leur arrivée en Acadie, jusqu’en 1900. 

«Certaines familles ont anglicisé leur nom pour se trouver de l’emploi à Summerside ou dans des régions anglophones», explique l’historien.  «C’est bien connu que les Pitre ont souvent changé leur nom à Peters et que les Poirier sont devenus des Perry.  Parfois, c’est difficile de les suivre au fil des ans et il faut faire attention à ces petits détails.» 

«Je trouve que c’est tellement important de démontrer que les Acadiens étaient nombreux et sont toujours très nombreux ici à l’Île-du-Prince-Édouard», dit-il.  «Le sang acadien est répandu d’un bout à l’autre de la province depuis très longtemps. Mais, il y a encore un pourcentage de personnes qui ignore ou choisit d’ignorer ce fait. Ce travail généalogique, je le souhaite, aidera à facilement dire que oui, depuis longtemps, nous sommes ici.» 

Le lancement du 6e volume des familles acadiennes «P» va avoir lieu le jeudi 6 août prochain, dès 19 h 30, au Musée acadien de l’Î.-P.-É., à Miscouche. 

- Par Nick Arsenault
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