Le 21 juillet 2015
L’Acadie a été fondée en 1604 par Pierre Dugua sous l’octroi d’une charte d’Henri IV, roi de France. Cent cinquante ans plus tard, la colonie, peu après qu’elle soit tombée aux mains des Anglais, comptait 15 000 habitants et sa croissance menaçait les projets de colonisation des Britanniques.  Ces derniers ont donc procédé à une expulsion de la population acadienne, causant ce qui est aujourd’hui connu comme le Grand Dérangement. Les Acadiens a été déportés à bord de navires et dispersés dans les colonies britanniques sur la côte atlantique, en Angleterre et en France. Pendant ces déportations, un grand nombre d’Acadiens ont péri en mer ou à cause de maladies. À la fin des années 1760, l’Acadie comptait moins de 2000 rescapés.

La journée du 28 juillet est soulignée chaque année par les Acadiens comme la date symbolique du Grand Dérangement puisque c’est à cette date-là que la Couronne britannique aurait pris la décision de déporter les Acadiens.

Cette date a été officialisée dans la Proclamation royale de 2003, alors que le gouvernement du Canada a reconnu cet aspect dramatique de l’histoire des Acadiens.

Dans le but de mieux comprendre l’envergure de cette commémoration, nous avonsdemandé à différents organismes acadiens d’élaborer sur la signification que le 28 juillet a pour eux.

Pour Guy Labonté, président de la Société Saint-Thomas-d’Aquin, invite à la réflexion.   «Cette année, le 28 juillet 2015 marque le 260e anniversaire dela décision prise par les Anglais de déporter les Acadiens. La SSTA désire donc convier la communauté à prendre un moment de réflexion et de recueillement afin de conserver le souvenir et l’histoire en se rappelant ces femmes, hommes et enfants qui ont eu à vivre les années noires, conséquence de l’expulsion et des migrations imposées aux Acadiens», a indiqué le président Labonté.

De son côté, Adrien Buote, président de Jeunesse Acadienne, voit dans cette journée une occasion de fierté pour les jeunes Acadiens. «La journée de commémoration du Grand Dérangement est une opportunité d’inciter à une fierté d’appartenance les jeunes Acadiens et Acadiennes.  La déportation est un événement d’importance majeure dans le cheminement du peuple acadien et fut, à son moment tragique, un défi immense à surmonter.  Rallions-nous pour célébrer nos victoires malgré les défis passés et présents et tenons le regard vers l’avant pour les avancements futurs des jeunes générations», a-t-il indiqué.

Enfin, René Cormier, président de la Société Nationale de l’Acadie, souhaite que ce souvenir de résistance devienne une source inspiration pour l’avenir : «Cette journée du 28 juillet nous rappelle un pan tragique de notre histoire. Conservons dans notre mémoire collective ce souvenir de la résistance comme une source d’inspiration pour projeter l’Acadie dans l’avenir. Marchons avec fierté sur les traces de ces Acadiens et ces Acadiennes qui ont fait dévier favorablement le cours de l’Histoire pour réaffirmer notre détermination collective à devenir une Acadie inclusive et ouverte sur le Monde». 

Mentionnons que la Société Nationale de l’Acadie, par le biais de sa Commission de l’Odyssée acadienne, a invité les paroisses acadiennes de l’Atlantique à faire résonner les cloches de toutes les églises le mardi 28 juillet à 17 h 55 et qu’elle organisera, le 28 juillet, un pèlerinage à partir de Dieppe vers Grand-Pré. Les pèlerins visiteront les lieux historiques et rendront hommage aux communautés acadiennes qui se sont réinstallées à l’extrémité-est de la Baie de Fundy.   

- Par Sandrine Jouis
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