Le 15 juillet 2015

Doug Sobey et Earle Lockerby ont écrit un excellent livre sur Samuel Holland.


Doug Sobey est un historien très respecté de l’Île-du-Prince-Édouard et un des premiers à considérer que Samuel Holland a eu une influence plus que durable dans le développement de l’Île, en tant qu’entité politique et administrative.  

En 2010, alors que les gouvernements commençaient déjà à planifier le 150e anniversaire de la Conférence de Charlottetown, il a fait paraître dans un quotidien local une lettre dans laquelle il enjoignait les autorités responsables à ne pas ignorer le 250e anniversaire de la carte de Samuel Holland.  

«Vous savez, en 1964, on avait souligné avec enthousiasme le 100e anniversaire de la Conférence de Charlottetown et l’année suivante, nous avions complètement ignoré le 200e anniversaire pourtant important de la carte de Samuel Holland.  Je voulais surtout qu’on ne fasse pas la même erreur une seconde fois», a expliqué Doug Sobey, lors d’une entrevue à l’occasion du dévoilement au grand public de ladite carte réalisée par Samuel Holland.  

Sa lettre, dans les journaux, a atteint et un comité a été mis en place, un comité qui depuis, n’a pas cessé de faire pression sur le gouvernement pour qu’il participe à l’anniversaire.  «Ce n’est que tout récemment que nous avons réussi à convaincre les gens du gouvernement de faire partie de notre comité et notre grand projet était de rapatrier la carte de Samuel Holland, dans son lieu d’origine.»

Doug Sobey a beaucoup d’admiration pour Samuel Holland et la recherche qu’il a effectuée pour préparer le livre qu’il a coécrit avec l’historien Earle Lockerby n’a fait que confirmer le talent du géographe ingénieur et cartographe.  

«Vous savez que pour réaliser cette carte, pour pouvoir la dessiner, il avait fait monter des tentes à partir des voiles de ses bateaux.  C’était ce qu’il appelait son atelier, sa salle à dessin.  Dans les notes que nous avons retrouvées, il se plaignait des moustiques.  Je ne serais pas surpris s’il y avait du sang de moustique sur la carte.»

La carte, réalisée à l’origine sur 20 carreaux de papier fait main, a ensuite été pliée et envoyée en Angleterre vers le mois d’octobre 1765.  

L’Angleterre avait commandé cette carte à Samuel Holland, car elle voulait savoir s’il était possible d’y envoyer d’autres colons.  Rappelons que nous étions à deux années de la fin de la Guerre de Sept ans et du cycle des déportations.  

«Avec ses instruments et son équipe, Samuel Holland a parcouru et mesuré tout le littoral de l’Île, et il s’est aussi prononcé sur la qualité des terres qu’il pouvait percevoir de la côte.  L’Angleterre s’intéressait particulièrement aux terres défrichées.  Malheureusement, après plusieurs années d’abandon, la nature commençait déjà à reprendre le dessus dans plusieurs secteurs», indique Doug Sobey.  

Donc, Samuel Holland a suivi et enregistré des données sur l’ensemble du pourtour de l’Île.  Le reste du travail, c’est-à-dire la division des lots telle qu’on la connaît aujourd’hui, ainsi que les comtés tels que nous les connaissons, a été fait à plat, sur le papier.  

Bien que Samuel Holland ait reçu le contrat de faire une carte, il n’avait pas reçu le mandat de la diviser en 67 lots et en trois comtés, ni à prédire l’établissement de capitales de comtés, ni à nommer toutes les baies et criques qu’il a cartographiées.  

«Du moins, personne n’a jamais trouvé d’indication à cet effet.  Il a fait cela de sa propre initiative et encore aujourd’hui, les lignes de lots sont utilisées par les agences gouvernementales.  La plupart des noms qu’il a donnés aux différents baies et caps ont été repris par les colons pour nommer leurs villages à l’intérieur des terres.  Il a aussi prédit que Charlottetown serait la capitale du comté de Queens, que Georgetown serait la capitale du comté de Kings et que Princeton serait la capitale du comté de Prince.  Comme on le sait, c’est plutôt Summerside qui s’est développée comme ville… c’est la seule erreur que Samuel Holland a faite», indique Doug Sobey.  

Dans leur travail pour préparer le livre, Doug Sobey et Earle Lockerby ont attaché beaucoup d’importance au facteur acadien de cette portion de l’histoire.  En particulier, Earle Lockerby, avec l’aide du généalogiste Stephen White et de l’historien Georges Arsenault, a réussi à identifier quatre Acadiens ayant été à l’emploi de Samuel Holland.  Il y avait les guides Joseph «Peurier» (Poirier), Pierre «Collimear» (Cormier), John «Gallion» (Jean Gallant).  Un pilote, identifié sous le nom de Jacob Gallant dans les registres de Samuel Holland, serait en fait Jacques Haché dit Gallant.   

Dans le livre, Earle Lockerby a écrit un paragraphe sur chacun des quatre hommes, en indiquant ses parents, lieux de naissance et des informations qui permettent de constater qu’un très grand nombre d’Insulaires d’origine acadienne vivant aujourd’hui ont des ancêtres qui ont côtoyé Samuel Holland.  

Mentionnons que, plus tard dans l’été, l’historien Doug Sobey va présenter dans la région de Summerside une causerie où il parlera plus en détail de Samuel Holland, par rapport aux Acadiens.  

Le livre de Doug Sobey et Earle Lockerby a été lancé le lundi 6 juillet à Charlottetown.  On peut le trouver, en version courante, en consultant le site Web de Samuel Holland 250.  Une version avec une couverture rigide genre «table à café», devrait paraître sous peu.  

«Samuel Holland a eu une très grande influence dans nos vies et on continue d’utiliser chaque jour les mots qu’il a écrits, de sa propre initiative sur la carte historique», indique Doug Sobey.   

- Par Jacinthe Laforest

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