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Le 29 mai 2018

Georges Arsenault et John Cousins, au centre, sont les lauréats 2018 de la Médaille Marius-Barbeau, décernée par l’Association des études folkloriques du Canada.  À gauche, on voit Tiber Falzett, principal coordonnateur de la conférence nationale, et à droite, Laura Sanchini, la présidente de l’ACEF.

L’Association canadienne des études folkloriques (ACEF), qui tenait sa rencontre annuelle à Charlottetown, la semaine dernière, a présenté la prestigieuse Médaille Marius-Barbeau à Georges Arsenault et John Cousins.  Tous deux sont de fervents défricheurs des traditions du passé, Georges Arsenault chez les Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard et de l’Acadie en général, et John Cousins, surtout sur sa région natale de Prince-Ouest.

«Georges Arsenault et John Cousins sont tous les deux nés dans les communautés qu’ils ont étudiées, ce qui leur donne l’unique perspective provenant de leur position comme personne à la fois de l’intérieur et de l’extérieur à leur recherche», dit-on dans le texte de présentation des lauréats 2018.

«Tous les deux ont investi leur vie à l’étude du folklore et chacun d’eux excelle à l’emploi du local pour retrouver l’universel, tous les deux sont scrupuleux en ce qui concerne la recherche des traditions locales et la mise en pratique du contexte global de la discipline.  En outre, tous les deux démontrent la conviction que l’érudition implique la responsabilité de s’adresser à la population générale, un devoir qui nous aide tous à mieux comprendre la culture qui formule nos paysages mentaux et physiques», peut-on lire plus avant dans le texte fort élogieux.

Georges Arsenault est reconnu de tous comme l’autorité éminente en matière de l’histoire et du patrimoine acadien dans la province de l’Île-du-Prince-Édouard.  Il a été instructeur, animateur, conseiller, chercheur, journaliste et coordinateur.

Ses conférences publiques sont bien trop nombreuses pour toutes les énumérer et son curriculum vitae inclut plus d’une centaine de livres, monographies, livrets et articles, accompagnés des publications dans de divers médias comme conservateur et conseiller d’expositions.

Parmi ses prix et distinctions, il a été nommé à l’Ordre de l’Île-du-Prince-Édouard et à l’Ordre du Canada, en 2003 et 2016 respectivement, des diplômes honoraires de l’université de l’Île-du-Prince-Édouard (2004) aussi bien que de l’Université de Moncton (2017); le prix d’honneur du Musée de l’Î.-P.-É. pour ses contributions au cours de sa carrière au patrimoine de l’Île-du-Prince-Édouard et sa nomination comme Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, République française.

Les deux récipiendaires, John Cousins à partir des années 1960, et Georges Arsenault à partir des années 1970, et chacun dans leur communauté, se sont intéressées aux traditions orales et surtout, aux chansons.  Comme Georges Arsenault l’a indiqué dans sa conférence prononcée le vendredi 25 mai à Charlottetown, cet intérêt pour les vieilles chansons intriguait les gens.  «À ceux et celles qui me demandaient pourquoi je faisais ce travail inusité, ma réponse était toujours la même: je voulais conserver ces anciennes traditions, qui étaient à la veille de disparaître, car elles faisaient partie de notre culture et de notre patrimoine.  À ceux et celles qui étaient réticents à être enregistrés, je leur disais que ces enregistrements allaient être précieusement conservés dans des archives et qu’un jour leurs descendants seraient ravis d’entendre leur voix et que peut-être ils apprendraient même à chanter leurs chansons», a-t-il raconté.

Plus de deux décennies, ont passé avant que des «jeunes» ne s’intéressent à ses enregistrements, mais lorsque le quatuor Barachois s’est plongé dans les archives, et que les disques et les spectacles ont suivi, la valeur des chansons traditionnelles s’est confirmée.

«J’ai surtout apprécié qu’ils respectent les paroles, les mélodies et les rythmes, tout en les améliorant», a-t-il livré, avec reconnaissance.

Alors que Barachois a été très populaire, il reste que la chanson la plus connue que Georges Arsenault a recueillie est Marie Caissie.

L’histoire de la femme qui s’est embourbée dans la neige après une veillée et qui a été sauvée in extremis a été chantée dans de nombreux pays par des interprètes qui incluent Édith Butler et le collectif Ode à l’Acadie.

Georges Arsenault attribue le germe de l’intérêt qu’ilporte aux vieilles chansons au chantre Jacques LaBrecque, qu’il a vu en spectacle à Moncton à l’âge de 18 ans.  Curieusement, c’est aussi sur l’influence d’une folkloriste, Sarah Ives de l’Université de Maine, que John Cousins, encore enfant, aurait découvert la valeur des chansons que sa propre mère chantait.

En plus de la collection et de l’étude du folklore, la passion pour le folklore chez John Cousins, enseignant de formation et de profession, a trouvé expression au cours des années 1970 et au début des années 1980.  Il est devenu un régulier aux festivals locaux de folklore, en chantant et en interprétant les œuvres de chanteurs locaux, y compris le célèbre Larry Gorman.  En 1976, il a enregistré avec Tommy Banks le tout premier album créé avec des chansons folkloriques de l’Île-du-Prince-Édouard, When Johnny Went Plowing for Kearon. 



- Par Jacinthe Laforest
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