Le 17 octobre 2017

De gauche à droite, Karen Jans, directrice de l’unité de gestion de l’Î.-P.-É. de Parcs Canada, Dr. Ed MacDonald de l’Université de l’Î.-P.-É., Jessie Inman, présidente directrice générale du Centre des arts de la Confédération, Don MacKenzie, directeur général de la Confédération Mi’kmaq de l’Î.-P.-É. et Sean Casey, secrétaire parlementaire de la ministre du Patrimoine canadien et député de Charlottetown.

L’importance historique nationale des conférences de Charlottetown et de Québec de 1864 est désormais reconnue par le gouvernement du Canada, sur une recommandation de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. 

Le mercredi 11 octobre, des invités ont procédé au dévoilement de plaques commémoratives, lors de cérémonies qui se sont produites simultanément à Québec (10 h) et à Charlottetown (11 h).  Ces plaques, écrites dans les deux langues officielles du Canada, seront installées aussitôt que ce sera possible dans les lieux appropriés.  Les travaux qui se poursuivront à Province House jusqu’en 2020 vont certainement retarder l’installation permanente de la plaque à Charlottetown. 

Les conférences de Charlottetown et de Québec de 1864 sont deux grandes rencontres qui ont réuni d’influents dirigeants politiques de l’Île-du-Prince-Édouard, de la Province du Canada (Ontario et Québec), de la Nouvelle-Écosse, de Terre-Neuve et du Nouveau-Brunswick afin de délibérersur le projet d’une union fédérale. 

La première rencontre s’est déroulée en septembre, à Charlottetown, dans l’édifice maintenant appelé Province House.  Lors de cette rencontre, 23 délégués du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard et de la Province du Canada ont manifesté leur souhait de créer une union et ont travaillé de concert afin de s’entendre sur plusieurs principes fondamentaux. 

«Contrairement à ce qu’on croit, les politiciens n’ont pas passé la semaine à boire et à danser.  Ils ont travaillé très fort.  Ils ont obtenu des résultats dans la bonne entente, et ils ont convenu de la nécessité de se réunir à nouveau, à Québec, un mois plus tard», a raconté le professeur et auteur, Ed MacDonald, lors du dévoilement de Charlottetown.   

Selon le professeur MacDonald, l’ambiance à Québec a été plus morose, et en général, les intérêts politiques et économiques régionaux ont pris le pas sur la vision et l’idéalisme qui avaient animé la Conférence de Charlottetown. 

Néanmoins, au bout de 16 jours, du 10 au 26 octobre, les 72 résolutions qui ont servi de bases législatives à l’Acte de l’Amérique du Nord britannique étaient écrites.  Ces résolutions ont été finalisées par les délégués canadiens pendant la Conférence de Londres (qui a débuté le 4 décembre 1866) avant d’être présentées au Parlement britannique et de recevoir la sanction royale de la reine Victoria et menant, par le fait même, à la création du Dominion du Canada le 1er juillet 1867. 

Comme le mentionne Ed MacDonald, il n’est pas juste de dire que le Canada a 150 ans.  On devrait plutôt parler du 150e de l’union politique qui soude le pays depuis lors. 

Plusieurs personnes ont pris la parole lors du dévoilement de la plaque, incluant le représentant de la Confédération des Mi’kmaq de l’Île-du-Prince-Édouard, Don MacKenzie, directeur général de l’organisme.  Il a profité de l’événement pour rappeler que les peuples des Premières nations n’ont jamais été pris en compte dans le projet de 1864, et que pour eux, les conséquences ont été tragiques.  Il a aussi reconnu que 1864 était une autre époque et a dit souhaiter que les erreurs du passé ne soient pas répétées. 

En général, les invités qui ont pris la parole ont trouvé le moyen d’inclure les peuples des Premières Nations, soit par un mot de salutation en Mi’kmaq, soit en reconnaissant le territoire traditionnel Mi’kmaq qu’est l’Île-du-Prince-Édouard.  Cependant, malgré tout cela, aucun représentant des Premières Nations ou de leurs organismes n’a été invité à se joindre à la photo officielle du dévoilement.  M. MacKenzie, ainsi que la directrice du Centre des arts de la Confédération, Jessie Inman, se sont joints à la photo à la demande de La Voix acadienne. 

Toujours selon l’historien Ed MacDonald, les Premières nations ne sont pas les seules à avoir été oubliées en 1864 : les femmes et de façon plus générale, les catholiques, ne faisaient aucunement partie de la conversation. 

Le représentant du gouvernement fédéral à Charlottetown, Sean Casey, s’est dit fier de commémorer l’événement qui a jeté les fondements de lanation du Canada.  «La Conférence de Charlottetown a entamé le projet de la Confédération qui a mené au pays quenous connaissons aujourd’hui.  J’encourage les Canadiens et Canadiennes à en apprendre davantage au sujet des personnages, des endroits et des événements qui ont façonné notre riche culture et notre histoire, particulièrement à l’occasion des célébrations du 150e anniversaire de la Confédération», a-t-il insisté. 

La cérémonie de dévoilement s’est déroulée dans la Salle commémorative du Centre des arts de la Confédération, dont le plafond est orné, depuis juin dernier, du magnifique capteur de rêve créé par l’artiste Nick Huard et par des centaines d’enfants de partout au Canada. 

L’artiste avait émis le souhait que son capteur de rêve soit installé aux Communes à Ottawa, mais la directrice du CAC, Jessie Inman, tient à conserver l’œuvre majestueuse.  «Nous pourrions en faire un autre pour le Parlement à Ottawa», a-t-elle soutenu, dans un esprit de compromis, après la cérémonie. 

Rappelons que le Centre des arts de la Confédération a été inauguré par la reine 100 ans jour pour jour après la Conférence de Charlottetown, un événement dont l’importance historique nationale n’avait, curieusement, pas encore été reconnue. 


Deux pères de la Confédération, Georges Coles (Cameron MacDonald) et John A. MacDonald (Jacob Durdan) inspectent la nouvelle plaque avec intérêt.

- Par Jacinthe Laforest

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