Le 21 décembre 2016

Wilfred Moase, représentant de l’Association nationale des clubs d’amateurs d’autos antiques, Arnold Smith, président de la Banque des fermiers de Rustico, Paula Biggar, ministre des Transports, et Rudy Croken, président du club des amateurs d’autos antiques de l’Î.-P.-É.

La première voiture autopropulsée à être importée et conduite sur les routes de l’Amérique du Nord britannique a été commémorée, le dimanche 11 décembre, à la Banque des fermiers de Rustico.  

La première auto en question était la fameuse machine à vapeur achetée aux États-Unis par le père Georges-Antoine Belcourt, qui était alors curé de Rustico, et importée dans ce qui était encore la colonie de l’Île-du-Prince-Édouard.

Selon les articles de journaux de l’époque, l’auto serait arrivée en décembre 1866.  C’est donc pour marquer le 150e anniversaire d’arrivée de la toute première auto au Canada que le club des amateurs d’autos antiques de l’Île (PEI Antique Car Club) a décidé d’organiser un événement pour marquer le début de l’histoire de l’automobile dans ce qui n’était pas encore officiellement le Canada.  

Le président du club des amateurs d’autos antiques de l’Île, Rudy Croken, a présenté une plaque commémorative bilingue au Musée de la banque des fermiers.  Le représentant de l’Association nationale des clubs d’amateurs d’autos antiques, Wilfred Moase, a lui aussi présenté une plaque bilingue, pour ajouter à la reconnaissance du moment historique.

Le gouvernement de l’Île-du-Prince-Édouard, représenté lors de l’événement par la ministre des Transports, Paula Biggar, a aussi présenté un certificat commémoratif, en anglais seulement cependant, alors même que l’événement dont on commémorait l’importance s’était produit en sol acadien et francophone.  

Tout au long de l’après-midi, les différents intervenants ont vanté les mérites de l’abbé Georges-Antoine Belcourt, et sa capacité à se projeter loin dans le futur.  C’est ainsi, a-t-on soutenu durant les allocutions, qu’en voyant ce véhicule autopropulsé lors d’un de ses voyages aux États, il aurait tout de suite compris son impact sur l’avenir.  

L’auto aurait été achetée pour la somme, considérable à l’époque, de 300 $.  En plus de servir au déplacement des personnes, l’auto pouvait aussi être utilisée pour pomper de l’eau et arroser un jardin, aussi curieux que cela paraisse.  

«Cette auto n’était pas confortable, et elle n’était pas non plus très fiable, mais elle était la première», a rappelé la ministre des Transports, Paula Biggar.  

En effet, l’auto pouvait certes fonctionner sans cheval, mais son autonomie était relativement courte.  Qui plus est, lors de sa toute première utilisation officielle, le 24 juin 1867 (une semaine avant l’entrée en vigueur du Canada) lors du pique-nique de la Saint-Jean-Baptiste à Rustico, l’auto conduite par le curé propriétaire se serait emballée comme un cheval impétueux et aurait embouti une clôture, causant ainsi le tout premier accident d’auto en Amérique du Nord britannique.  

Les trois plaques commémoratives présentées lors de l’événement seront montées dans la section de l’exposition permanente consacrée à Georges- Antoine Belcourt. Le président de la Banque des fermiers, Arnold Smith, a profité de l’occasion pour lancer l’idée qu’en prévision du 24 juin 2017, des gens ingénieux s’appliquent à créer des modèles réduits ou des répliques grandeur nature et fonctionnelles de la première auto, pour un événement qui marquerait le 150e anniversaire de la première utilisation d’une auto en Amérique du Nord britannique.  

- Par Jacinthe Laforest

L'Île-du-Prince-Édouard en images