Le 11 novembre 2015

Jeanne Gallant et sa tante Antoinette Richard partagen leurs souvenirs d’Hermas Gallant, mort en Italie le 31 août 1944.  

Jeanne Gallant a toujours apprécié les commémorations entourant le Jour du Souvenir.  Pendant qu’elle était directrice de l’école Évangéline, elle profitait de cette occasion solennelle pour organiser des cérémonies appropriées afin de sensibiliser les jeunes au souvenir des guerres mondiales.  

À ces cérémonies, Jeanne Gallant n’oubliait jamais d’apporter la photo de son oncle Hermas Gallant, soldat de la West Nova Scotia Regiment, mort sur un champ de bataille d’Italie en 1944. 

«En grandissant, ma mère Elva parlait souvent de son frère Hermas qui était mort à la guerre, donc c’est quelque chose qui m’intriguait dès mon plus jeune âge», explique Jeanne Gallant.  «On pouvait voir la peine qu’elle et sa famille ressentaient». 

Antoinette Richard, la sœur d’Hermas et la tante de Jeanne, se souvient avoir appris la mort de son frère, le 31 août 1944.  C’était un choc pour la famille. 

«Le maître de gare et un autre officier sont venus nous porter le télégramme qui annonçait la mauvaise nouvelle», raconte Antoinette.  

«Je crois que c’était ma grand-mère Marie Gallant (mariée avec Antoine) qui a trouvé cela le plus difficile.  Lorsque Hermas était parti pour la guerre, ma grand-mère criait et avait peur que nos jeunes hommes ne reviennent pas».

«C’était difficile pour la famille, car nous n’avions jamais connu la mort à ce moment là de nos vies; cela nous a pris longtemps à réaliser qu’il ne reviendrait jamais», a dit Antoinette avec émotion.  

Avant de s’enrôler à l’âge de 20 ans en 1943, Hermas était pêcheur et il travaillait aussi sur la ferme avec son père Sylvain Gallant.  Il était également un grand joueur de tours et avait un excellent sens de l’humour.  Pendant son temps dans l’armée canadienne, il écrivait régulièrement à sa mère Matilda, ainsi qu’à sa sœur Antoinette, qui avait cinq ans de moins que lui.  Ses lettres étaient dynamiques et il aimait écrire de petites blagues pour remonter le moral de sa famille.  Il écrivait ses lettres principalement en anglais.   

Dans une lettre datée du 2 mai 1944 qu’Antoinette a conservée, on a un aperçu de la personnalité d’Hermas : «Well, you were telling me that Clarisse had bought a fur coat. I suppose Alphonse (à Joséphat) will take the fur coat on his back to go and feed the pigs or hens with that.  Haha!  But don’t tell her I said that, because she’ll say I’m making fun of her!» 

Le drapeau acadien flottait en Italie ce 11 novembre  

Depuis qu’elle est jeune adulte et mère de famille, Jeanne Gallant voulait visiter la tombe de son oncle Hermas un jour.  C’était également une petite promesse qu’elle avait partagée avec sa défunte mère.  De sa famille, il y avait seulement son frère aîné David qui avait visité la tombe d’Hermas, en 1975.

Avec l’esprit de son oncle Hermas Gallant en tête, Jeanne Gallant, son époux Roger, sa nièce Giselle Bernard, et son fils Sylvain Gallant ont organisé un voyage en Italie au mois de septembre 2015.  Ils ont eu le temps de visiter Rome, Venise et Florence, mais l’événement le plus spécial pendant leur bref séjour était la découverte de la tombe d’Hermas, à Montecchio. 

«Je voulais absolument apporter un drapeau acadien et le placer sur la tombe», a expliqué Jeanne.  «Quelques journées avant de partir pour l’Italie, je suis allée visiter ma tante Antoinette pour lui dire au revoir.  Juste avant de la quitter, j’ai mentionné que je cherchais un drapeau acadien pour placer sur la tombe d’Hermas.  Ma tante m’a alors dit qu’elle en avait un pour moi».

Comme l’a ensuite expliqué Antoinette, cela faisait plusieurs semaines qu’elle avait un drapeau acadien dans sa chambre, mais, peu importe où elle le mettait, soit il tombait ou bien que ce n’était pas dans un bel endroit. 

«Je ne pouvais pas trouver sa place dans ma chambre, alors quand Jeanne a dit qu’elle allait acheter un drapeau acadien, j’ai dit prend le mien, je crois qu’il a besoin d’aller avec Hermas», a dit Antoinette qui a par la suite donné un baiser sur le drapeau en y transmettant tout l’amour qu’elle possède encore à ce jour, pour son cher frère. 

Au cimetière de guerre Montecchio, Jeanne et les membres de sa famille ont pris leur temps en visitant la tombe de leur oncle.  Les mots étaient difficiles à trouver pour décrire l’expérience.

«C’était très touchant», a dit Jeanne.  «Le tout était très bien entretenu et très propre.  Je ne pouvais pas m’arrêter d’examiner le beau paysage qui entourait le cimetière en imaginant ce qui s’était produit.  C’était émouvant».  

Même si le Jour du Souvenir a toujours été important pour Jeanne Gallant et sa tante Antoinette Richard, les cérémonies de cette année auront sûrement une signification particulière.  




Le soldat acadien Hermas Gallant est mort le 31 août 1944 lors de la Deuxième Guerre mondiale.  Sylvain Gallant, Giselle Bernard, Jeanne Gallant et Roger Gallant ont été capable de le visiter lors d’un récent voyage.  Symboliquement, ils ont laissé un drapeau acadien que la soeur d’Hermas, Antoinette Richard, leur avait donné pour le placer auprès de sa tombe.


Le cimetière de guerre à Montecchio, en Italie.  (Photos : Gracieuseté)

- Par Nick Arsenault
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