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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 6 juin 2018


À la suite des élections scolaires du 28 mai dernier, le conseil d’administration de La Commission scolaire de langue française a subi de grands changements.  Sur les neuf commissaires en poste jusqu’au 30 juin, seuls deux seront de retour dans la nouvelle année, c’est-à-dire Gilles Benoit de Summerside et Emile Gallant de Charlottetown.  Le seul autre commissaire qui se représentait, Shawn Gallant dans la zone de Charlottetown, n’a pas été réélu.  Tous les autres étaient de nouveaux candidats. 

Dans la zone 1 de l’école Évangéline, les deux nouvelles commissaires seront Darlene Arsenault et Janine Gallant.  Darlene Arsenault avoue qu’elle n’a pas décidé sur un coup de tête de se présenter.  «Ça faisait au moins 15 ans que je disais à mon mari que j’aimerais cela.  Mais comme je travaillais dans le système scolaire, ça n’aurait pas été possible.  Maintenant que je suis à la retraite, je me suis décidée, a-t-elle dit. 

«L’éducation, ça fait partie de moi.  Et certainement, on n’a pas besoin de me convaincre que le double mandat scolaire et construction identitaire de la CSLF est important et même essentiel.  J’ai travaillé pour cela pratiquement toute ma carrière», a insisté Darlene Arsenault. 

Elle voit son nouveau rôle à la fois comme représentante de sa région tout en travaillant pour l’ensemble.  «Je pense que maintenant, c’est le tour de la région Évangéline d’avoir un peu d’attention.  Notre école est la plus ancienne et physiquement, elle n’a pas été construite pour être un centre scolaire et communautaire, et c’est ce dont nous avons besoin.  Nous avons déjà perdu du terrain.  C’est de plus en plus difficile de vivre en français dans notre région.»  Darlene Arsenault insiste sur le fait que les francophones de la région Évangéline ont non seulement les mêmesdroits que ceux des autres régions, mais également des besoins que seul un centre scolaire et communautaire peut soulager. 

Darlene Arsenault a basé sa campagne sur plusieurs principes, parmi lesquels il y avait la transparence et la communication.  «Pour moi, c’est important de faire ce qu’on a promis de faire et de rendre compte des progrès.  La communication est cruciale, avec le public et les parents.  Je sais que la porte est toujours ouverte, mais on a besoin de faire plus pour stimuler le contact avec les parents», a indiqué Darlene Arsenault. 

À Rustico, le nouveau commissaire, Stéphane Blanchard, est bien d’accord avec cela.  «À notre comité de parents conjoint école et CPE, nous affichons toujours l’ordre du jour des réunions et par la suite, les procès-verbaux.  Ça tient les parents au courant des décisions, même lorsqu’ils ne peuvent pas participer.  Et je pense que je serai en mesure de bien représenter ma région, tout en travaillant pour l’ensemble», a indiqué Stéphane Blanchard. 

Le nouveau commissaire a hâte de prendre connaissance des dossiers et de faire avancer les priorités d’éducation et de développement identitaire.  «Je privilégie les partenariats stratégiques et naturels avec les comités de parents et les organismes de développement de la communauté», a-t-il insisté. 

Au siège social de La Commission scolaire de langue française, Daniel Bourgeois, directeur des communications, a confirmé que le taux de participation des électeurs a été excellent.  «C’est un record.  Le fait qu’il y a eu des élections dans trois zones a beaucoup aidé, parce quand il n’y a pas d’élection, on ne vote pas.  C’est justement pour stimuler la participation que nous avons tenu des réunions d’information dans les six zones.  Nous avons trouvé deux sinon trois candidats, au cours de ces réunions.  En général, nous avons fait beaucoup de promotion, avec l’aide d’Elections PEI, et cela a porté fruit».

Par ailleurs, la CSLF a encouragé les comités de parents à organiser une rencontre avec les candidats.  Il y a eu une rencontre informelle à Charlottetown et à Rustico et une rencontre plus formelle à Évangéline. 

Gregory Urier, élu dans la zone de Charlottetown avec une avance considérable sur les deux autres candidats, avoue qu’il ne savait pas à quoi s’attendre en mettant son nom.  «Je savais que j’avais un certain appui, mais je suis à l’Île seulement depuis six ans, et je me présentais face à deux commissaires établis, dont le président, et j’ai été tout de même assez surpris de gagner.  J’étais présent au dépouillement du scrutin et mon avance s’est confirmée même après 40 ou 50 bulletins», a indiqué Gregory Urier. 

Pour lui, ça ne sert à rien de se lamenter et de critiquer.  Il faut agir pour changer les choses.  Une de ses grandes préoccupations est la francisation, et tout ce que cela comporte comme défi autant durant les années de la petite enfance que durant les années scolaires.  «Il n’y a pas assez de place en CPE pour accueillir tous les enfants qui pourraient y aller.  Ils vont alors dans un CPE anglophone.  Quand ils arrivent à la maternelle, s’ils choisissent l’école française, ils sont pour ainsi dire anglophones, alors que dans la même classe, il y a des enfants qui parlent déjà français et dont les progrès stagnent en raison du milieu anglophone de la classe.  Il faut trouver des solutions à cela».

Grégory Urier est père de deux jeunes enfants.  Comme parent, communiquer avec la Commission scolaire ne l’a jamais intimidé, mais il croit que des parents peuvent se sentir intimidés par «le pouvoir» de la CSLF.  «Comme commissaire, je veux m’assurer que je maintiens le lien entre les parents et les commissaires et que je représente vraiment ma région.  J’ai très hâte de commencer tout cela.  Quand je m’engage dans un rôle, je m’engage à 200 %», a-t-il assuré. 

Dans la zone de l’école Pierre-Chiasson, Tammy Shields a été élue par acclamation.  «Je suis maman de deux filles qui fréquentent Pierre-Chiasson.  La plus vieille est en 12e année et la plus jeune en 6e année.  J’ai décidé de me présenter comme commissaire parce que je veux le meilleur pour mes enfants», a insisté celle qui est aussi la directrice du CPE l’Arc-en-ciel. 

«J’ai été à l’école en immersion, mais ma mère m’a toujours dit que c’était parce qu’il n’y avait pas d’école française.  Ma famille est une grande famille acadienne de Prince-Ouest et j’ai notre héritage, notre communauté francophone et l’école Pierre-Chiasson à cœur.  Ces choses sont très importantes pour moi.  J’ai choisi l’école française pour mes enfants parce que je voulais qu’elles reçoivent une instruction de qualité en français.  Pierre-Chiasson est la réponse pour mes enfants et je suis fière de l’éducation qu’elles ont reçue au fil des années, et je veux travailler pour que l’on continue à s’améliorer pour que ce soitencore meilleur», a indiqué la nouvelle commissaire.

Au total, 794 votes ont été enregistrés, pour un nombre incertain d’électeurs en raison du fait qu’il était possible d’inscrire deux noms sur un bulletin, dans les zones où deux postes étaient ouverts. 

Les membres actuels sont en poste jusqu’au 30 juin et dès le premier juillet, le mandat des nouveaux commissaires commencera.  «Nous ne savons pas encore exactement comment la transition et la passation des dossiers vont se faire.  Comme sept des neuf commissaires sont nouveaux, nous pensons qu’une journée d’orientation avant la première réunion officielle et l’élection de l’exécutif sera nécessaire.  Et nous voulons aussi faire une cérémonie d’assermentation officielle qui reflète l’importance de la fonction», a indiqué Daniel Bourgeois.

Diane Shortt est la nouvelle commissaire pour la région de Summerside.  «J’ai commencé à m’engager plus à fond à l’École-sur-Mer pour que mon aînée puisse avoir une belle école secondaire.  Plus elle me dit qu’elle veut aller à l’école anglaise pour avoir un vrai secondaire et plus je travaille fort pour que notre école soit à la hauteur», a indiqué Diane Shortt, née Arsenault, qui occupe un des deux postes de commissaire pour Summerside.  Elle souhaite être une voix pour les parents de Summerside au sein de La Commission scolaire de langue française. 

Dans la zone de l’école La-Belle-Cloche, Lynn Faubert a été élue par acclamation, après le désistement de l’autre candidate.


Dans le bureau de scrutin de l’école Évangéline, lors du vote du 28 mai dernier.  (Photo : M.E.)

- Par Jacinthe Laforest
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