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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 21 février 2018

Arthur Buote, commissaire, Emile Gallant, président de la CSLF, et Anne Bernard-Bourgeois, directrice général de la CSLF.

Francine Bernard, mère de quatre enfants qui vont à l’école Évangéline, a été la première à prendre la parole lors de la réunion de La Commission scolaire de langue française, le mardi 13 février à Summerside.  Exprimant la «consternation» de plusieurs parents, elle a posé plusieurs questions sur le processus qui a mené à la création du poste et à l’embauche de Daniel Bourgeois. 

Elle n’a pas été la seule à poser des questions et à partager des points de vue.  Karen Gallant a voulu savoir pourquoi la CSLF n’a pas, dès le dépôt de la candidature du mari de la directrice générale, choisi de confier tout le processus d’embauche à une firme indépendante.  Elle a suggéré qu’elle-même, placée dans une situation semblable, aurait tout de suite fait appel à une firme extérieure, par souci de transparence. 

D’autres personnes dans la salle faisaient pleinement confiance à la CSLF et approuvaient sa décision.  Darlene Arsenault a rappelé que les conflits existent de tout temps.  «Nous avons tous, à un moment ou un autre, eu à travailler avec des conjoints, des conjointes, des fils et des filles, à superviser des membres de nos familles, et à côtoyer des personnes qui étaient dans ces situations», a indiqué Darlene Arsenault. 

Cette dernière, très impliquée avec le Village des Sources l’Étoile Filante, a précisé à quel point elle appréciait le soutient continue de la CSLF aux œuvres du Village des Sources, en rendant possible la participation de classes entières aux camps offerts par l’organisme. 

Claudette Gallant, a longtemps travaillé dans la communauté francophone avant de passer vingt ans dans la fonction publique anglophone.  «Je reviens pour travailler dans la communauté francophone et c’est comme si je revenais 25 ans en arrière.  J’ai une impression de déjà vu», a-t-elle mentionné, rappelant l’issue du processus «Se bâtir en communauté», qui devait unir la région Évangéline. 

Jeannita Bernard a apporté une expérience personnelle tout à fait surprenante.  «Je vous dit que j’ai vécu des choses qui me font craindre des impacts beaucoup plus large à cette décision.  La journée même de l’annonce de l’embauche de Daniel, je me rendais à une réunion, qui n’avait aucun rapport avec l’éducation.  Mais là, des fonctionnaires d’un autre ministère se sont mis à m’interroger sur cette décision et ils sont allés jusqu’à contester la validité de nos six écoles, et la capacité de la communauté à gérer ses propres affaires.  J’étais dans mon domaine, je m’occupais de mes affaires, et ces impacts sont venus me trouver dans mon métier.  Et je n’ai pas été en mesure de défendre la CSLF et de justifier la décision», a-t-elle décrit, avec beaucoup d’émotion. 

Emile Gallant, le président de la CSLF, a aussi déploré que très peu de gens aient communiqué avec lui, et aient pris le temps de s’asseoir avec lui pour parler.  À plusieurs reprises, lui-même et d’autres commissaires ont reproché aux gens de s’être adressés directement aux médias qui, selon eux, sont à l’origine de la «perception de conflit d’intérêts».

Janine Gallant a été une des premières à venir à la défense de la CSLF.  Elle a réitéré son avis et a reproché à la Société Saint-Thomas-d’Aquin, qui est pourtant associée à la CSLF dans un plan de développement global de 10 ans, de n’avoir pas pris la peine de parler avec la CSLF avant de sortir dans les médias. 

Plusieurs personnes ont senti que les reproches les concernaient.  Jeannita Bernard a confirmé : «Quand on m’a interpelée de la sorte, j’ai eu besoin d’appeler quelqu’un.  J’ai appelé la SSTA.  Je me suis dit que même si j’appelais la CSLF, ça ne donnerait rien, car l’organisme défendrait sa décision».

Anastasia DesRoches, qui était membre du comité d’embauche, a réitéré que tous les candidats ont répondu aux mêmes questions, et que Daniel était celui qui avait «les réponses qu’on voulait entendre».  «Il était le meilleur candidat selon notre grille d’évaluation et on n’aurait rendu service à personne en embauchant un second ou un troisième choix», a-t-elle affirmé. 

Vers la fin de la réunion, quelques intervenants ont cherché à savoir comment la CSLF allait s’y rendre pour regagner la confiance qu’ils estiment perdue.  Karen Gallant a cherché de la part de la CSLF une indication que le processus serait différent à l’avenir. 

L’utilisation de l’argent du Programme des langues officielles dans l’enseignement a été remise en question.  Cet argent, soutient la CSLF, provient d’une somme de 1,56 million de dollars que le fédéral verse à la province et qui devrait revenir à la CLSF, soutient cette dernière, pour l’aider à remplir son double mandat.  «La province retient cet argent, mais il y a trois ans, nous avons réussi à obtenir la somme de 100 700 $ par année pour nous aider avec notre double mandat.  Nous avons convenu qu’un poste de directeur des communications et des relations communautaires serait une bonne façon d’aborder notre mandat», a insisté Anne Bernard-Bourgeois.  Quant à savoir pourquoi le poste en est un de directeur, plutôt que d’agent, c’est que la CSLF prévoit toujours mettre en place des agents de développement communautaire scolaire dans les écoles et que le détenteur du poste serait appelé à diriger cette équipe d’agents. 

À la fin de la réunion, la CSLF a présenté aux nombreuses personnes présentes un document de deux pages qui décrit en 24 points la chronologie du processus d’embauche qui a été suivi. 

Également, Anne Bernard-Bourgeois a annoncé qu’elle-même ainsi que Nathalie Malo, gestionnaire des ressources humaines et Daniel Bourgeois, avaient rédigé une demande pour que la CSLF retienne les services d’un expert-conseil indépendant pour réviser le processus d’embauche. 

«Je suis la DG.  Si j’ai fait quelque chose de mal, ce n’était pas intentionnel», a rappelé Anne Bernard-Bourgeois. 

La CSLF a aussi fait appel à un expert-conseil pour l’aider à mettre en place des protocoles d’évaluation et de supervision pour éviter toute forme de conflit d’intérêt ou de perception de conflits.  «On n’a pas encore reçu le document», a indiqué Emile Gallant. 


Darlene Arsenault a été une des nombreuses personnes qui ont pris la parole.

- Par Jacinthe Laforest

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