Le 23 novembre 2017


Le Dr Abder Sahouli a intégré le poste de psychologue à la Commission scolaire de langue française (CSLF) en septembre dernier.  Le poste était vacant depuis plusieurs années, car les efforts de recrutement de la CSLF n’avaient pas porté les fruits escomptés. 

Le Dr Sahouli, qui est psychologue à l’emploi de Santé Î.-P.-É. depuis plus de 30 ans à Montague, a été «prêté» à la CSLF. 

«Je suis content d’être ici.  À Montague, je travaillais presque toujours en anglais et maintenant c’est l’opposé.  Les premières semaines, je cherchais même mes mots.  Ça revient vite.  J’ai mon bureau à l’école François-Buote.  Je suis juste en train de l’installer.  J’attends encore des meubles.  Ça prend du temps, mais le travail avance tout de même», a expliqué le psychologue d’expérience. 

Le Dr Sahouli est natif de l’Algérie et c’est dans son pays natal qu’il a entrepris ses études en psychologie.  Le baccalauréat a été suivi par une maîtrise au sud de la Géorgie aux États-Unis.  Après être retourné dans son pays pour enseigner à l’université, il est reparti faire son doctorat, cette fois à l’Université Laval, dans la ville de Québec. 

Arrivé à l’Île au début des années 1980, il a toujours conservé son français, et ayant eu à apprendre l’anglais rapidement, avant d’entreprendre sa maîtrise en Géorgie du Sud, il comprend bien l’importance de parler deux langues et aussi la difficulté de vivre dans une langue qui n’est pas celle de la majorité, ce qui est le cas pour tous les élèves de la Commission scolaire de langue française. 

«Je me suis rendu dans chaque école.  J’ai rencontré les directions, le personnel, les équipes ressources, les conseillers, pour qu’on soit tous sur la même page par rapport aux lignes directrices d’intervention et les étapes progressives à suivre pour ouvrir un dossier».

Le Dr Sahouli a d’ailleurs reçu ses premiers dossiers, et il s’attend à commencer les suivis.  Un psychologue scolaire ne travaille pas seul.  Il compte sur une équipe de professionnels et de spécialistes, ainsi que sur les enseignants et les parents, pour aider l’élève, qui est avant tout un enfant, qui lui a été référé.

Lorsque des membres de l’équipe ressource (les enseignants, autrement dit) suspectent qu’un élève a des difficultés, ils peuvent se référer au psychologue pour une consultation, ou pour une évaluation. 

«Une consultation ne mène pas nécessairement à une évaluation.  Si une évaluation est nécessaire, elle peut porter sur le niveau cognitif, le psycho-éducationnel, les troubles de comportement, les troubles d’apprentissage, la dyslexie, l’autisme, etc.  Si un trouble quelconque est diagnostiqué, j’élabore un plan qui inclut les parents, l’élève, l’équipe stratégique de l’école, afin d’aider le jeune à reprendre pied, socialement, dans ses études, ou peu importe».

Selon le Dr Sahouli, c’est important d’avoir un diagnostic, surtout lorsqu’on envisage de faire des études universitaires ou même collégiales, car des protocoles adaptés, prévus à cet effet, peuvent alors être activés. 

Le Dr Sahouli s’attend à rencontrer des cas liés à l’anxiété, la dépression, l’intimidation, l’adaptation sociale et scolaire, et aussi, curieusement, au manque de sommeil. 

«Les jeunes, les adolescents en particulier, ne dorment pas assez.  Ils devraient tous dormir huit et même neuf heures chaque nuit.  Sinon, ils sont irritables, ils ne font pas attention, ils n’arrivent pas à se concentrer.  Ils se comportent comme s’ils étaient atteints d’un déficit de l’attention, mais c’est souvent lié à leur manque de sommeil», suggère le Dr Sahouli. 

Le Dr Sahouli prévoit se rendre dans les écoles françaises, selon les besoins, sans suivre un horaire fixe de présence dans les six écoles.  On peut le rejoindre à l’école François-Buote ou par l’entremise de la CSLF. 

- Par Jacinthe Laforest

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