Le 16 novembre 2017

Gloria Doiron et Eunice MacIntyre, coprésidentes, faisaient partie du comité organisateur du Congrès 2017 de l’Association canadienne des profs d’immersion.  Elles portent les foulards de soie qu’elles ont peints elles-même.

Six cents enseignants en immersion qui viennent de partout au Canada et qui se réunissent au même endroit, ça se remarque, surtout lorsqu’ils tiennent leur congrès annuel dans une petite ville comme Charlottetown. 

L’Association canadienne des professeurs d’immersion (ACPI) convie chaque année ses membres à une rencontre de développement professionnel, pour échanger les meilleures pratiques, et pour se mettre au fait des dernières recherches en matière d’enseignement d’une deuxième langue, en l’occurrence, le français. 

Le congrès de Charlottetown a demandé plus d’un an de planification.  Les coprésidentes du comité organisateur étaient deux enseignantes d’immersion à la retraite, Gloria Doiron et Eunice MacIntyre. 

«Nous avons enseigné en immersion durant toute notre carrière et nous avons participé à plusieurs congrès de l’ACPI.  Nous voulions faire un congrès unique, qui répond aux besoins des enseignants de partout au Canada.  La raison d’être de ce congrès c’est de partager les bonnes pédagogies et de faire du développement professionnel en français», a indiqué Gloria Doiron, coprésidente. 

Le congrès 2017 a attiré 600 enseignants.  C’est beaucoup et c’est peu à la fois, si on considère qu’il y a des milliers de profs d’immersion au Canada.  «On est contente de la participation.  On a beaucoup de jeunes enseignants qui ne connaissaient pas l’ACPI, qui sont devenus membres.  Il faut considérer que participer à un congrès coûte de l’argent.  L’inscription, le logement, le voyage, et les coûts de suppléance.  Ici à l’Île, nous avons fermé les écoles pour permettre aux enseignants de participer, mais ailleurs, c’était différent», ont expliqué les coprésidentes. 

Tous les ateliers étaient en français, à l’exception de quelques-uns réservés aux administrateurs scolaires.  En général, les ateliers étaient offerts par des collègues, des enseignants qui racontent un projet qu’ils ont fait dans leur classe. 

Le thème du congrès 2017 était bercé par les mots au gré des flots.  Le choix du thème a été inspiré par un tableau réalisé par une enseignante à l’école Spring Park à Charlottetown, Danielle Plante, dont nous avons déjà parlé dans La Voix acadienne.  C’est ce même tableau qui a servi de logo au programme du congrès.  D’ailleurs, afin que tous les délégués puissent facilement identifier les membres du comité organisateur, ces derniers ont demandé à l’artiste Lucie Bellemare de les guider dans la réalisation d’un foulard de soie avec des couleurs tirées du logo.  Tous les membres du comité ont porté le foulard au cou durant le congrès. 

Une des membres du comité organisateur, Marie-Lyne Bédard, a expliqué que dans l’ensemble, le congrès a mis l’accent sur la littérature jeunesse, et aussi sur l’importance de l’oral, dans l’enseignement. 

«Les recherches sur les meilleures façons d’enseigner en immersion n’arrêtent jamais, et de nouvelles approches sont constamment testées et mises au point.  Par exemple, durant ce congrès-ci, une bonne partie des ateliers portaient sur les façons d’intégrer l’oral dans toutes les matières et à toutes les occasions de la journée d’école.  Si l’élève écoute toute la journée et qu’il ne parle pas, il ne prendra pas confiance.  Nous pensons aussi qu’en immersion, l’oral précède l’écriture, parce que l’enfant écrit comme il parle.  Il faut que l’oral, et l’apprentissage des bonnes formules, deviennent parties intégrantes de l’enseignement, autant en mathématiques et en sciences, que dans les cours de français, ou lorsque l’enfant nous demande la permission d’aller aux toilettes.  C’est particulièrement évident lorsque les élèves travaillent en équipe.  Ils ont tendance à se parler anglais entre eux, et nous pensons que c’est parce que nous n’avons pas enseigné les formules et le vocabulaire du travail en équipe.  C’est un des aspects de l’enseignement qui fait l’objet d’ateliers lors du congrès.  Nous avons aussi voulu valoriser l’utilisation de la littérature pour enfant et la littérature jeunesse, pour que les élèves découvrent le plaisir de lire de belles choses», a insisté Marie-Lyne Bédard, qui travaillepour la direction des écoles publiques de l’Î.-P.-É. 

Le 2 novembre, les administrateurs scolaires ont participé à un certain nombre d’ateliers durant le «Pré congrès» et les 3 et 4 novembre, 50 ateliers ont été offerts aux enseignants et enseignantes. 


Marie-Lyne Bédard.


Janine Tremblay.


- Par Jacinthe Laforest

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