Le 13 juin 2017
Le 2 juin dernier, le ministre de l’Éducation, du Développement préscolaire et de la Culture, Doug Currie, a annoncé la création de 27 postes d’enseignants pour la prochaine rentrée scolaire à l’automne 2017.  En soi, la nouvelle est bonne, mais pour la Commission scolaire de langue française, c’est une autre preuve que le gouvernement provincial ne respecte pas le droit des francophones à l’instruction en français.  Émile Gallant, président de la Commission scolaire de langue française, était à Québec pourle travail, au moment de l’annonce.  «J’aurais pu aussi être à Charlottetown, où l’annonce avait lieu.  Je n’ai pas été invitée.  Ma directrice générale, Anne Bernard-Bourgeois, a été informée de la conférence de presse à quelques heures d’avis, sans toutefois y être invitée.  Ça n’a pas de sens.  Et en plus, nous avons finalement appris que sur les 27 postes créés, seulement deux sont accordés à la CSLF alors que nous avions démontré notre besoin de cinq postes additionnels, pour maintenir notre capacité à livrer les programmes d’une manière adéquate qui répond aux standards du gouvernement», a répliqué Émile Gallant, le 8 juin dernier même s’il avait eu quelques jours pour se calmer depuis l’annonce, le comportement du ministère de l’Éducation, et du ministre Currie, à l’endroit de la CSLF, continue de le choquer.  

Les cinq postes additionnels auxquels Émile Gallant fait référence se déclinent comme suit : 1,25 pour la 10e année à l’École-sur-Mer (ÉSM); 1,25 pour la 11e année à l’ÉSM; 1,5 poste pour répondre à l’augmentation des inscriptions dans les écoles de la CSLF, et 1 poste de conseiller en numératie, l’équivalent de la littératie pour les mathématiques.  

Le poste d’enseignant de la 10e année à l’ÉSM a été pourvu à temps pour la rentrée de septembre dernier, alors que le ministère vient tout juste d’annoncer la création du poste.  Émile Gallant craint que la CSLF doive de nouveau pourvoir des postes avant d’avoir obtenu le financement requis et sans garantie d’obtenir ce financement.  «Nos experts à la CSLF, Paul Cyr, qui est le directeur de l’instruction, et Anne Bernard-Bourgeois, notre DG, nous disent que ces postes sont le minimum dont on a besoin pour livrer les programmes», a indiqué Émile Gallant.  

La CSLF continue de dénoncer le fait que le gouvernement provincial détourne pour son propre bénéfice de l’argent du fédéral qui devrait aider les écoles françaises à offrir un milieu de vie culturellement enrichi pour équilibrer les forces face l’influence de la majorité.  

«Notre gouvernement provincial est le seul dans tout le Canada qui se sert de ces fonds pour payer des salaires d’enseignants, des salaires qui devraient sortir directement des budgets de la province.  Ce n’est pas normal.  De plus, dans cette enveloppe qui est détournée, il y a des fonds d’alloués pour créer un poste d’agent de communication, de recrutement, et d’information.  Nous sommes la seule commission scolaire francophone au Canada qui n’a pas d’agent de communication et de recrutement, parce que le gouvernement provincial garde les fonds pour lui.  Nous avons entrepris les démarches et nous pensons que d’ici quelque temps, nous serons en mesure d’annoncer quelque chose», soutient le président Émile Gallant.  

D’ici la fin du mois de juin, la CSLF remettra des diplômes d’études secondaires aux finissants de quatre écoles.  «Même si cela fait partie de la routine normale d’une commission scolaire et d’une école, c’est toujours aussi un très fort symbole pour nous, surtout pour les écoles où c’est plus difficile de retenir nos élèves.  Ce qui se passe à l’école François-Buote montre que si on met en place des programmes et des locaux appropriés, comparables à ceux des écoles anglaises, on conserve nos élèves jusqu’à la fin du secondaire et même, on en gagne.  Nous avons reçu plus de demandes de transfert d’ayants droit vers l’école FB durant les derniers mois que jamais auparavant.  Si nous ne perdions pas continuellement des élèves parce que le ministère bloque notre développement, nous aurions une croissance encore plus importante», insiste le président Gallant.  

Présent au traditionnel «thé des retraités», le 8 juin au Village musical acadien à Abram-Village, Émile Gallant a rendu hommage aux trois retraités, ainsi qu’à tous les membres du personnel qui ont reçu un certificat de 10, 15, 20, 25 et même 30 ans de service à la CSLF.  

«Nous apprécions le travail de tous les membres du personnel, qu’ils soient enseignants, concierges ou chauffeurs d’autobus.  Tout le monde est important pour nous», conclut Émile Gallant. 



- Par Jacinthe Laforest

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