Le 19 avril 2017
Il y a quelques semaines, des parents de Summerside ont rencontré La Voix acadienne dans le but de lancer une campagne médiatique pour faire bouger le ministère de l’Éducation, du Développement préscolaire et de la Culture, sur le dossier de l’École-Sur-Mer.  C’était à la fin du mois de mars.  À la dernière minute, les parents ont décidé de ne pas publier, pour donner une autre chance aux négociations. 

Le lundi 10 avril, en fin de journée, les parents de Summerside ont rencontré trois élus de l’Assemblée législative, dont deux ministres, Sonny Gallant (Main-d’œuvre et Études supérieures), et Paula Biggar (Infrastructure) ainsi que le nouveau député de Summerside, Chris Palmer.  

La rencontre semble s’être bien déroulée et a permis aux parents d’espérer un dénouement.  Ce qui leur a donné espoir, en particulier, c’est un mémo qui leur a été lu par Paula Biggar, et qui émanait de Paul Ledwell, le sous-ministre du premier ministre.  

Selon ce que nous avons appris, ce mémo avait été envoyé par M. Ledwell aux trois élus pour les préparer à la réunion avec les parents.  Le mémo faisait référence à la réunion que la CSLF avait eue avec le premier ministre et divers autres décideurs, le 13 mars dernier, et disait que suite à cette réunion, la province s’attendait qu’Anne Bernard-Bourgeois de la CSLF, et Susan Willis, sous ministre à l’Éducation, se rencontrent pour discuter des projets de la CSLF.  

Du côté de la Commission scolaire de langue française, le président, Émile Gallant, a ressenti un brin de surprise en entendant parler de ce mémo.  «Nous étions ressortis déçus et frustrés de notre réunion du 13 mars parce que nous n’avions pas réussi à obtenir les réponses que nous voulions.  Dans les cinq jours suivant cette réunion, nous leur avons à nouveau envoyé tout notre dossier concernant nos besoins avec les informations les plus à jour, car ils laissaient entendre qu’ils n’avaient pas assez d’information», a raconté Émile Gallant.  

Ce dernier comprend très bien les inquiétudes des parents de Summerside concernant l’avenir de leur école.  Diane Shortt, par exemple, dont la fille est en 7e année cette année, voudrait que sa fille finisse son secondaire à l’ÉSM, mais… «au rythme où vont les choses, j’ai peur qu’on ait seulement des bâtiments temporaires extérieurs à offrir aux élèves.  Et pour moi, c’est inacceptable», a affirmé Diane Shortt.  

Émile Gallant a confirmé par téléphone le 13 avril que la Commission scolaire était à finaliser tous les arrangements nécessaires pour être en mesure d’offrir la 11e année en septembre.  «Nous planifions les espaces et les ressources nécessaires en enseignement, et tout cela sera en place en septembre.  Nous allons continuer de pousser notre projet de 10, 11 et 12e année à l’ÉSM ainsi que la rénovation/construction à l’école Évangeline, en vue d’une approbation.  Nous voulons pour nos écoles les mêmes standards que ceux appliqués dans les écoles anglophones à l’Île».

Sur la question du secondaire à l’ÉSM, Émile Gallant affirme que tous les élèves de cette école vont obtenir leur diplôme d’études secondaires avec tous les cours et les prérequis.  «Pour graduer, il faut suivre un assortiment de cours en 10, 11, et 12e année.  En septembre, nous n’aurons pas de laboratoire de chimie, mais nous l’aurons lorsque les élèves seront rendus en 12e année.  C’est durant cette année que nous offrirons le cours de chimie.  Pour la physique, c’est différent.  On n’a pas vraiment besoin de laboratoire spécifique pour donner ce cours.  On peut même faire certains cours dehors».

La Commission scolaire de langue française pourvoit aux besoins de six écoles.  En ce moment, deux écoles ont de grands besoins: l’ÉSM, mais aussi l’école Évangéline.  Étant donné que pour la CSLF, ces deux projets sont prioritaires, ils se sont retrouvés côte à côte en haut de la liste des priorités et c’est ainsi qu’ils ont été présentés en vue du budget capital de novembre 2016, sans succès.  

Concernant l’idée que deux priorités no 1 fassent obstacle, Émile Gallant explique : «Nous, à la CSLF, tout de suite après que notre projet de La-Belle-Cloche a été confirmé, nous avons mis la priorité sur l’école Évangéline.  Pendant au moins deux ans, nous avons maintenu des travaux à l’école Évangéline à la priorité no 1, sans succès.  Lorsque nous avons pris la décision d’offrir le secondaire à l’ÉSM, ce projet est monté dans les priorités.  En tout cas, si c’est cela qui fait obstacle, personne ne nous l’a dit ni écrit clairement.  Et puis, nous savons que de toute façon, un tel projet se ferait par étape, sur deux ou trois ans, comme cela été le cas pour François-Buote.  Nous savons bien qu’on ne peut pas avoir 20 millions de dollars d’un coup».

La CSLF continue de tenir ouverte la ligne de communication avec le ministère et la province en général, mais Émile Gallant a confirmé que la voie légale reste elle aussi active.  «Au cours des derniers mois, nous avons rencontré à plusieurs reprises notre conseiller juridique, maître Michel Doucet, et il a aussi rencontré les comités de parents, pour les mettre au courant de leurs droits.  La voie légale n’est pas exclue, à ce point-ci.  Si c’est la seule façon d’avancer, c’est ce qu’on va faire», a dit le président Gallant.

Diane Shortt, à gauche, s’inquiète beaucoup du sort de son école.  En septembre dernier, elle avait participé à une réunion pour discuter de l’avenir de l’École-sur-Mer.  (Photo : Archives)



Émile Gallant, président de la Commission scolaire de langue française. (Photo : Archives)


Il a fallu plusieurs années de négociation avec le gouvernement pour obtenir enfin une nouvelle salle de musique à l’École-sur-Mer.  

- Par Jacinthe Laforest

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