Le 1er décembre 2016
La Fédération des parents de l’Île-du-Prince-Édouard s’est alliée à la Commission scolaire de langue française pour promouvoir l’école française.  «Nous sommes à ce temps de l’année où la CSLF fait son recrutement pour l’entrée en maternelle en vue de septembre 2017.  Notre but, en nous greffant à leur campagne, c’est de nous assurer que les parents, qui sont les ayants droit selon la loi, reçoivent toute l’information dont ils ont besoin pour comprendre leur droit et faire un choix éclairé pour leurs enfants.  Si un ayant droit choisi un programme d’immersion parce qu’il ne sait pas la différence, c’est que nous n’aurons pas bien fait notre travail», a indiqué Anastasia DesRoches, directrice générale de la Fédération des parents.  

Le recrutement pour l’année suivante commence tôt, parce que le plus tôt on sait combien d’enfants on aura à la rentrée, le mieux préparé on sera.  «Je comprends que pour faciliter la planification, la CSLF, soit obligée de fixer une date limite, mais pour nous, à la Fédération des parents, il n’y a pas de date limite.  Nous informons nos parents à longueur d’année.  Au fil des prochaines semaines, nous allons progressivement diffuser des informations destinées aux parents», soutient Anastasia DesRoches.  

Ce n’est pas la première fois que la Fédération des parents fait équipe avec la CSLF, mais cette année, la Fédération des parents s’est adjoint une spécialiste en communications institutionnelles, Anne-Sophie Farion qui a fait sa formation en France et qui vit à l’Île depuis un an et demi.

«Grâce à Anne-Sophie, nous pouvons développer du matériel qui va rejoindre les parents, et renforcer le message de la CSLF», a indiqué la directrice de la FPÎPE.  

Anne-Sophie Farion explique que pour cerner les messages pertinents à transmettre aux parents, il a été nécessaire de faire un examen de la situation afin d’en tirer un diagnostic.  «Nous avons entre autres découvert que la visibilité des écoles françaises n’était pas maximale.  Nous avons aussi constaté que le système français est encore mal connu et que des idées préconçues circulent.  Un des mythes tenaces est que ce sont des écoles privées, ce qui n’est pas du tout le cas.  Un autre mythe tenace est que les enfants oublient leur anglais lorsqu’ils vont à l’école française.  Nous devons trouver les meilleures façons de rejoindre les parents, pour leur transmettre la bonne information», dit Anne-Sophie Farion, qui trouve ce projet très stimulant et productif.  

«Je suis dans le très concret de la réalité des familles et j’aime ça, car je m’intéresse beaucoup à tout ce qui concerne la francophonie», a indiqué la jeune femme.  

Toute la notion d’ayant droit doit être éclaircie, soutient la FPÎPE.  À qui l’école de langue française s’adresse-t-elle? Que signifie exactement avoir le droit de faire instruire son enfant en français? Qu’est-ce que cela signifie pour le parent, pour l’enfant, pour la famille et pour la communauté en général?  

Quand on est parent et qu’on est préoccupé par l’idée de choisir la meilleure école pour l’enfant, ou la plus proche, ou la plus pratique pour la famille, on ne pense pas nécessairement à l’impact que ça peut avoir sur la communauté, ou sur la prochaine génération.  

«Dans nos activités, surtout par l’entremise du programme “Voir Grand”, nous aidons les parents qui sont déjà dans le système à comprendre de mieux en mieux leur rôle par rapport à l’école française et leur place dans une communauté qu’ils contribuent à construire.  Nous aimerions trouver le moyen d’éveiller cette conscience de l’ayant droit encore plus tôt dans la vie du parent et continuer de l’accompagner tout au long de son parcours, autant lorsque ça va bien que lorsque son enfant commence à avoir envie de changer d’école», a soutenu Anastasia DesRoches.  

Cette année, le mouvement «Voir Grand» pourra compter sur l’apport de Diane Ouellette, qui animera des ateliers dans chaque région.  «Nous avons reçu l’appui du ministère de l’Éducation, du Préscolaire et de la Culture pour nous permettre d’embaucher Diane, dont les connaissances en matière d’éducation sont presque sans limites.  Nous sommes très heureux de pouvoir compter sur son expertise», a indiqué Mme DesRoches.  

Par ailleurs, la Fédération des parents travaille de près avec le Conseil acadien de Rustico et la grande famille du Centre acadien Grand Rustico, qui peine à maintenir sa clientèle scolaire, malgré tous les efforts déployés et l’excellente collaboration entre le scolaire et le communautaire dans cet établissement, le plus récent des centres scolaires et communautaires à l’Île.  

«Nous travaillons sur un plan, avec des partenaires très engagés, et nous espérons que ce que nous allons développer pour Rustico deviendra un outil adaptable à d’autres régions, aux prises avec des défis semblables», insiste Anastasia DesRoches, qui ne semble pas du tout découragée par l’ampleur des défis à surmonter.  

- Par Jacinthe Laforest

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