Le 4 octobre 2016
Les parents qui ont choisi d’envoyer leurs enfants à l’école Évangéline, et d’autres membres de la communauté de la région Évangéline, ont parlé d’une voix unie et forte, lors de la réunion d’information convoquée par la Commission scolaire de langue française.  Pour eux, pas question de perdre l’école secondaire et d’envoyer les élèves à l’extérieur de leur communauté, quelque part entre Évangéline et Summerside.  

«L’école Évangéline, ça me tient à cœur.  J’ai gradué de cette école, mes enfants ont gradué de cette école et je veux que mes petits enfants aient la chance de graduer de cette école», a lancé Roger Gallant, maire de la municipalité d’Abram-Village.  

Tout cela a commencé lorsque le 20 septembre dernier, la CSLF a fait parvenir aux parents de l’école Évangéline, et aux parents de l’École-sur-Mer, un message pour les convoquer à une réunion d’information sur l’idée de construire une école secondaire francophone, quelque part entre l’école Évangéline et l’École-sur-Mer.  Le message spécifiait que la CSLF convoquait ces réunions à la demande du gouvernement provincial, et Émile Gallant, président de la CSLF, a réitéré ce fait plusieurs fois durant la réunion du 27 septembre, à Abram-Village.  

«Nous avons déjà donné notre appui au projet de construction ici à Évangéline ainsi qu’au projet de l’École-sur-Mer, et nous avons présenté ces deux projets au gouvernement comme des priorités de la CSLF.  Mais le gouvernement nous demande de faire ces réunions pour vous informer de cette autre option, qui pourrait être considérée», a insisté Émile Gallant.  

De façon plus ou moins explicite, le président a laissé savoir que la CSLF n’avait pas eu le choix, car du financement est en jeu.  Selon M. Gallant, même si tous les parents des deux écoles disaient la même chose et tenaient mordicus à leur projet respectif, le financement ne serait pas assuré.  En tout cas, la CSLF ne voulait pas que le gouvernement lui reproche de ne pas avoir informé les parents, et qu’il utilise ça contre elle, a laissé entendre Émile Gallant.  

La CSLF a présenté des informations, entre autres, sur les nombres d’élèves inscrits, sur les chiffres potentiels, ainsi que sur le fait qu’au cours des récentes années, la CSLF a perdu une centaine d’élèves des deux écoles concernées, au profit du système anglais.  

«Il n’y a pas de garantie qu’une nouvelle école secondaire, entre les deux, aurait retenu ces quelque 100 élèves et qu’elle attirerait plus d’élèves dans l’avenir», ont précisé les dirigeants de la CSLF, en réponse à la question d’un parent.  

Mélanie Gallant est présidente du comité de parents de l’école Évangéline.  Elle a rappelé que comme dans les autres régions, les parents de la région Évangéline ont eux aussi le droit constitutionnel à leur école.  «Si vous envoyez nos enfants à Miscouche, vous les envoyez se faire assimiler», a-t-elle soutenu.  

Elle a ensuite voulu savoir quelles seraient les prochaines étapes, qui étaient loin d’être claires.  Comme cette réunion était une réunion d’information, et non une consultation, comme l’ont répété plusieurs fois les dirigeants de la CSLF, ceux-ci vont devoir prendre une décision dans les prochaines semaines, à savoir si une véritable consultation sera nécessaire.  «Notre prochaine réunion sera le deuxième mardi d’octobre.  C’est là que nous allons décider de la prochaine étape.  À ce point-ci, nous ne pouvons rien dire», ont dit les dirigeants.  Le 2e mardi d’octobre sera le 11 octobre et la réunion aura lieu à Rustico.   

À plusieurs reprises pendant la réunion, on a mentionné la difficulté de retenir les élèves dans des écoles plus petites en raison des ressources limitées qu’on peut déployer pour répondre à leurs besoins sociaux, sportifs, culturels et académiques.  

- Par Jacinthe Laforest

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