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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 23 août 2018

Khalid Lakhdari est le coordonnateur du français à Orwell Corner.  Sa connaissance de six langues fait de lui un atout précieux.

Avec son interprète Khalid Lakhdari, qui parle français et cinq autres langues, le Village historique d’Orwell Corner, à Orwell, dans l’est de l’Île-du-Prince-Édouard, est bien équipé pour offrir son tout nouveau programme pédagogique destiné spécifiquement aux écoles de la province, de la maternelle à la 7e année. 

«J’ai commencé à travailler ici en mai dernier, et j’ai appris des quantités de choses sur la vie d’une communauté rurale vers les années 1861 à 1895.  En tant qu’interprète francophone, j’ai été très occupé cet été.  Il y a beaucoup de visiteurs francophones du Québec, de la France et même d’ailleurs.  C’est un plaisir de les accueillir dans leur langue», a indiqué Khalid Lakhdari,natif du Maroc. 

Comme ailleurs à l’Île, la saison touristique pour Orwell Corner est de courte durée.  Cependant, le directeur général du Village, Jason MacNeil, est en train de mettre en place un programme d’interprétation destiné aux écoles, avec des activités planifiées de manière à cadrer avec les objectifs pédagogiques spécifiques à chaque niveau d’étude. 

«Notre site est, au départ, un endroit qui sert à enseigner au public à quoi ressemblait la vie à l’Île dans la deuxième moitié du 19e siècle, dans une communauté rurale.  La mise sur pied d’un programme scolaire est apparu comme un prolongement naturel de notre mandat», a indiqué Jason MacNeil, directeur général du site, le jeudi 16 août. 

Au printemps 2017, un premier appel aux écoles a été lancé : six classes ont répondu à l’appel.  Ce printemps 2018, 16 classes se sont présentées aux portes du site.  «Nous avons aussi accueilli notre toute première classe d’une école française, La-Belle-Cloche, en juin, et c’est certain que nous allons continuer à inviter toutes les écoles de l’Île, incluant les écoles françaises, surtout en septembre et octobre», insiste le directeur général. 

Étant lui même pédagogue et habitué à donner des ateliers dans les écoles, pendant la période ou Orwell n’est pas ouvert (novembre à avril), Jason MacNeil a acquis une bonne connaissance des objectifs pédagogiques des différents niveaux scolaires.  Avec la collaboration des conseillers pédagogiques du ministère de l’Éducation, du Développement préscolaire et de la Culture, il a conçu des visites spécifiques pour chaque niveau. 

«En maternelle et première année, nous parlons de la communauté, des liens qui nous relient à notre environnement.  Nous faisons une marche dans le site.  En deuxième année, nous abordons le changement, comme le vivent les enfants.  Et nous poursuivons en intégrant des éléments de culture, de sciences sociales, d’histoire et de sciences naturelles.  Chez les plus vieux, nous faisons faire aux garçons des tâches que les filles faisaient, et vice-versa, pour qu’ils aient une idée de la manière dont les jeunes de leur âge vivaient il y a plus de 120 ans».

Avec des visites aussi spécifiquement reliées aux objectifs de chaque niveau, Jason MacLean s’assure que les élèves et leurs enseignants aient toujours une bonne raison de venir visiter Orwell. 

Et maintenant, avec le service en français, il peut élargir son offre.  «Je connaissais déjà Khalid Lakhdari, et je savais qu’il serait un ajout très appréciable à mon équipe, surtout avec mon projet de visites scolaires», a indiqué Jason MacLean. 

Ce dernier a obtenu des fonds ponctuels de programmes gouvernementaux comme Compétence Î.-P.-É. pour ouvrir le poste de coordonnateur du français, et ce financement est, par définition, de courte durée.  Cela ne veut pas dire que la capacité francophone du site va retomber.

«À mon point de vue, on ne peut pas commencer à offrir des programmes en français, créer l’engouement puis arrêter.  Nous allons continuer.  Chaque été nous embauchons des étudiants, et il arrive que certains soient bilingues, mais ces emplois sont de courte durée et ces étudiants ne sont pas disponibles pendant l’année scolaire.  J’ai l’intention de faire des démarches pour que le poste que Khalid Lakhdari occupe devienne permanent, comme les autres postes permanents qui assurent la continuité sur le site», a indiqué Jason MacNeil. 

Comme nous l’avons dit plus haut dans l’article, Khalid Lakhdari vient du Maroc.  «J’habite à l’Île depuis six ans et sept mois.  Je suis venu ici parce que ma femme vient de Cardigan.  C’est aussi là que j’habite.  Je parle français et un peu d’anglais, je parle suédois, Danois, plusieurs langues arabes, et l’hébreu.  Au Maroc, à Casablanca d’où je viens, il y a une importante communauté de juifs qui parlent hébreu.  Et avec mon père, j’ai vécu au Danemark et en Suède et j’ai appris les langues», insiste le jeune interprète. 

Sa présence à Orwell a ouvert une porte toute grande à des groupes, qui autrement, n’auraient peut-être pas autant profité d’une visite.  «Un grand nombre de nouveaux arrivants à l’Île, parle l’une des langues arabes que je comprends.  Nous allons aussi sous peu accueillir un groupe qui parle hébreu.  Encore une fois, je serai leur interprète», a expliqué Khalid Lakhdari. 

Comme ce dernier est appelé à accompagner des groupes tout au long de leur visite, il a appris toutes les informations sur l’école, le magasin général, le travail de ferme, l’église ainsi que la forge.  «La forge, c’est mon endroit préféré sur le site.  C’est tellement plaisant d’être ici et de travailler le métal.  Dans les villages autrefois, la forge était au cœur de la vie.  Les chevaux, les attelages, les clous pour construire les maisons, les outils pour entretenir les feux dans les maisons, les outils agraires, tout cela sortait de la forge.  Et le forgeron était aussi souvent le dentiste du village», a raconté Khalid Lakhdari. 

Le Village historique et touristique d’Orwell n’a pas toujours été historique et touristique.  Il s’agissait d’un véritable village construit à l’intersection des routes qui allaient vers Charlottetown, Uigg, Kinross et Orwell Cove. 

Les bâtiments qui sont encore sur le terrain sont ceux d’origine dont la construction remonte d’avant 1895, date de la construction du bâtiment le plus récent sur le site, l’école, qui a du être reconstruite après un incendie. 

« C’est très calme ici et les gens qui visitent le site le ressentent.  Ils voient les animaux, ils peuvent même caresser notre taureau, Benny, qui est doux comme un agneau, ou nos chèvres ou donner à manger à nos chevaux canadiens.  Ils prennent leur temps.  Il y a quelque chose de thérapeutique dans cet endroit », disent Jason MacNeil et Khalid Lakhdari. 


Jason MacNeil, directeur général du Village historique d’Orwell Corner.


Jason MacNeil apprivoise graduellement la nouvelle vache Highland arrivée récemment au site.


Une visiteuse native de l’Île, qui habite maintenant au Québec,se réjouit de caresser Benny, le taureau apprivoisé.


- Par Jacinthe Laforest
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