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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 8 août 2018

Dominique Leblanc chante, danse et joue du violon dans le spectacle de la Jeune Compagnie.  Elle est originaire de la Nouvelle-Écosse et étudie le théâtre musical en Ontario avec CJ Jura.

Un spectacle unique en son genre est présenté tous les midis sur l’estrade extérieure du Centre des arts de la Confédération, à Charlottetown.  En mettant en valeur l’histoire des Premières Nations et en faisant briller la diversité canadienne, la jeune compagnie du Centre des arts de la Confédération frappe en plein dans le mille et offre l’un des meilleurs spectacles de l’été dans la province. 

Intitulé Aqsarniit, mot Inuktitut pour Aurores boréales, le spectacle rassemble treize jeunes canadiens de 18 à 23 ans, qui dansent, chantent et racontent des histoires.  La prémisse du spectacle est simple : ils ont des rêves pour leur pays et veulent que la vraie histoire soit entendue.

Les acteurs ne jouent pas un rôle, ils prennent le temps de se présenter en donnant leur nom et leur lieu de naissance, tout en prenant soin de noter que le territoire sur lequel ils sont nés appartient toujours à l’une ou plusieurs des Premières Nations. 

CJ Jura et Dominique Leblanc, qui étudient le théâtre musical en Ontario, ont été choisis pour faire partie de la troupe.  CJ Jura est québécois d’origine haïtienne et Dominique Leblanc est acadienne de la Nouvelle-Écosse.  En entrevue, ils parlent du spectacle comme une occasion de commencer une conversation sur l’histoire du Canada vue à travers l’œil des Premières Nations. 

«Une partie du message est que dans le pays, il y a encore des problèmes pour les Premières Nations, les Inuits et les Métis, et qu’il y a beaucoup de choses qui sont arrivées dans le passé du Canada que l’on n’a pas dites ou apprises et que c’est le temps d’apprendre.  Il faut apprendre ce qui s’est passé», explique CJ Jura. 

«Dans le monde du théâtre, il n’y a pas beaucoup de représentations (des personnes de toutes origines) et il y a des histoires qui sont importantes à raconter», ajoute-t-il. 

Mais le spectacle est loin de faire la morale aux gens qui y assistent.  Il s’agit d’une performance éducative et accessible à tous, où le message n’est pas réprobateur, mais rempli d’espoir et de joie.  Par exemple, la danse des cerceaux réalisée par Wahsonti:io Kirby, d’origine Mohawk, est l’un des moments qui a fait le plus réagir la foule.  Durant une heure, les jeunes passent de la danse traditionnelle au hip-hop en présentant des pièces au rythme entraînant. 

«On a mis beaucoup d’efforts pour que les gens apprennent ce qu’on dit.  Le but n’est pas de mettre le blâme sur la foule et sur les autres, alors on voulait vraiment être sûr qu’il y avait un grand message d’espoir et que les gens partent en ayant appris quelque chose», ajoute Dominique Leblanc. 

La troupe a travaillé à partir d’un modèle de script d’Adam Brazier et Mary Francis Moore, directeurs artistiques, puis les jeunes ont ajouté quelques segments qui racontent des anecdotes qu’ils et elles ont eux-mêmes vécues.

Ces jeunes rêvent d’un futur où toutes les personnes pourraient avoir leur place, peu importe la couleur de leur peau, leurs préférences sexuelles, leurs passions, leurs bons et mauvais coups.  Les personnes qui passeront par là auront du mal à ne pas s’arrêter devant l’entrain et la joie communicative des acteurs de la troupe de la Jeune Compagnie. 

Le spectacle aura lieu du lundi au samedi midi dans l’amphithéâtre extérieur du Centre des arts de la Confédération jusqu’au 18 août. 

Par ailleurs, dans l’effort de reconnaître le territoire des Premières Nations, le Centre des arts de la Confédération prend soin de mentionner que la ville de Charlottetown est située sur le territoire Mi’kmaq, et ce à chaque représentation. 


La danse des cerceaux de Wahsonti:io Kirby est l’un des moments forts du spectacle.  Pour les jeunes artistes, il est très important de montrer au grand jour les traditions des Premières Nations, puisqu’elles sont de grandes oubliées de l’histoire canadienne telle qu’on la connaît aujourd’hui.



- Par Catherine Paquette 

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