Le 14 juin 2017

Yvonne Mosley (idéatrice), Robert Guertin (cinéaste), Mary Francis Moore (auteure), Nick Huard et Watio Splicer (créateurs du capteur de rêve géant), font partie des artisans du grand projet national multi volets «Capteurs de Rêves», du Centre des arts de la Confédération en marge de Canada 150.   Ensemble, ils font la preuve que le rêve n’est pas du tout incompatible avec l’action !


Il y a quelques mois, au début de février, nous avons rencontré Nick Huard, maître créateur de capteurs de rêves authentiques, au cours d’un atelier à Summerside.  Il s’agissait du tout premier atelier d’une tournée qui a entraîné Nick et toute une équipe de créateurs et d’animateurs dans les 10 provinces et les trois territoires canadiens.  

«Partout, des jeunes ont fabriqué leur propre capteur de rêves.  Nous avons tout rapporté ici, à Charlottetown, où nous faisons l’assemblage final», a expliqué Nick Huard, installé en plein milieu de la salle commémorative, au Centre des arts de la Confédération.   

Lors de notre rencontre, le 7 juin, à deux semaines jour pour jour du grand dévoilement le 21 juin à l’occasion du solstice d’été et de la Journée nationale des autochtones, il était évident qu’il restait beaucoup de travail à faire.  

«Il y en a qui disent que les rêves sont des voyages dans le temps, vers l’avenir.  On revient ensuite vers le présent avec une connaissance accrue de la direction à prendre.  Ce projet là, je l’ai rêvé il y a au moins 15 ans.  Il m’habite de-puis ce temps et je peux enfin le réaliser», dit Nick Huard.  

Rêver, évidemment, ne coûte rien.  Et certains rêves de moindre envergure coûtent relativement peu à réaliser.  Cependant, pour réaliser son rêve, Nick avait besoin que les planètes s’alignent selon un ordre précis.  Cela s’est produit à l’approche du 150e anniversaire de la Confédération.  

Nick s’est trouvé au cœur du grand projet imaginé par le Centre des arts de la Confédération, dont le but est de permettre aux jeunes de «rêver» le Canada de demain et d’après demain.  

Dans chaque province et territoire, alors que des jeunes fabriquaient des capteurs de rêves avec Nick Huard, d’autres jeunes discutaient de leurs rêves avec l’auteure associée au projet, Mary Francis Moore, pour alimenter le scénario de l’éventuel spectacle de La Jeune Compagnie, qui commencera le 21 juin et qui s’intitulera «Capteurs de Rêves».  

Des jeunes de tout le pays ont participé au projet lors d’ateliers, et il est toujours possible de partager ses rêves par l’entremise du site Web du projet.  De plus, 26 jeunes Canadiens, âgés de 17 à 31 ans, font aussi partie du projet, en tant qu’artistes au sein de la Jeune Compagnie.  

Cet appel à la jeunesse du pays plait beaucoup à Nick Huard.  «C’est un très grand projet et je suis fier d’en faire partie, d’autant plus en raison de la place que les jeunes de tout le Canada y occupent.  On leur permet de rêver et on capte leurs rêves afin qu’ils façonnent l’avenir», dit Nick Huard, qui sent de plus en plus le poids des années.  

Le capteur de rêve qu’il est en train de fabriquer avec l’ai-de de son apprenti, Watio Splicer de Kahnawake, sera une mégastructure qui intègrera des plumes, des perles, des pensées et des rêves, ainsi qu’un crâne de mammifère choisi avec soin pour être l’esprit gardien de chaque province et territoire.

«Aucun animal n’a été ni blessé, ni tué, ni mutilé dans le but d’obtenir ces crânes.  Certains font partie de ma collection personnelle, d’autres proviennent de mes contacts, partout au Canada.  L’esprit gardien de l’Île-du-Prince-Édouard est la baleine pilote.  Je n’ai pas encore obtenu le crâne véritable, en attendant, j’utilise un moulage en matière synthétique», indique Nick, précisant que quelques autres crânes manquent encore à l’appel.  

Les choix de certains esprits gardiens pour certaines provinces peuvent surprendre.  Par exemple, peu de gens associent l’ours polaire au Manitoba.  Pourtant, la région deChurchill, au nord du Manitoba, serait la capitale mondiale des ours polaires.  «Les ours polaires n’hibernent pas, ils estivent.  Ils passent l’été autour de Churchill au Manitoba».    

Le crâne de l’ours polaire du Manitoba, et de chaque esprit gardien, sera décoré avec tous les honneurs qui sont dus à son rang de protecteur, notamment, avec de véritables plumes de pygargue à tête blanche.  

«L’aigle ou plus exactement le pygargue à tête blanche est un oiseau protégé par la loi.  On ne peut pas obtenir des plumes, juste comme cela.  Mais moi, j’ai tous les permis nécessaires et je respecte scrupuleusement les lois de protection de la faune.  C’est vrai que j’utilise des animaux morts pour mes œuvres, mais je ne veux pas les obtenir à n’importe quel prix.  Il m’importe de savoir si un animal est mort naturellement, ou s’il a été victime d’une chasse illégale.  Et je rapporte tout aux autorités», dit Nick, soucieux d’honorer la vie et les rêves de tous les êtres vivants.

«Le rêve est essentiel à la vie.  C’est ce qui nous permet d’avancer, de progresser et de réaliser des choses.  Tous les rêves ont leur importance : peu importe que ce soit pour imaginer le repas du soir ou que ce soit pour imaginer un pays encore meilleur.  Nous sommes ici, au cœur d’un édifice qui est né d’un rêve.  Le Canada qu’on célèbre en 2017 existe parce que des gens en ont rêvé», a indiqué Nick Huard.  

Dans cette optique, il rêve de voir l’immense Capteur de rêves installé de façon définitive au Parlement du Canada, afin qu’il rappelle aux décideurs de ce pays que toutes les décisions qu’ils prennent ont un impact sur les sept générations qui suivent.


Nick Huard préserve les traditions autochtones et leur symbolisme, mais il vit à son époque avec tous les avantages de la technologie.

Par province, les esprits gardiens sont :

Île-du-Prince-Édouard : Baleine pilote
Nouveau-Brunswick : Ours noir 
Nouvelle-Écosse : Chevreuil
Terre-Neuve-et-Labrador : Morse
Québec : Loup
Ontario : Orignal
Manitoba : Ours polaire
Alberta : Wapiti
Yukon : Grizzly
Nunavut : Bœuf musqué
Colombie-Britannique Chèvre de montagne
Territoire du Nord-Ouest : Caribou
Saskatchewan : Bison
Canada : Castor





- Par Jacinthe Laforest

L'Île-du-Prince-Édouard en images