Le 9 juin 2017

Yves Nadon, président d’honneur du Salon du livre de l’Î.-P.-É. 2017, croit dans le pouvoir des livres d’illuminer nos vies.



Yves Nadon, président d’honneur du Salon du livre de l’Î.-P.-É 2017, a profité de toutes les occasions qui lui ont été offertes au cours de l’événement pour rendre hommage à tous ceux qui mettent la lecture au premier plan de l’apprentissage scolaire.  

«La première fois que je suis venu ici, il y a bien des années, j’avais été épaté par tout ce qui se faisait ici, et épaté aussi, par notre ignorance, à nous les Québécois, de tout ce qui se fait en littératie au Canada français.  Au cours des années, j’ai maintenu le contact avec les gens de l’Île et j’ai vu fleurir des lecteurs et des lectrices, comme j’en vois peu au Québec.  J’aimerais qu’on prenne votre modèle», a lancé Yves Nadon, au cours d’une courte entrevue, le samedi 3 juin dans l’après-midi.  

Toujours à la recherche d’analogie et d’images concrètes pour illustrer, Yves Nadon compare l’apprentissage de la lecture à l’apprentissage de la bicyclette.  «Ils font maintenant des bicyclettes sans pédales.  Les enfants s’assoient sur le siège et tiennent l’équilibre avec leurs jambes.  Après un moment, ils sont capables de se lancer en équilibre sur de courtes distances.  Sans s’en apercevoir, ils apprennent l’équilibre et ils se préparent aux prochaines étapes.  À l’Île-du-Prince-Édouard, vous faites cela avec l’apprentissage de la lecture.  Mais ce n’est pas comme cela partout.  J’admire ce qui se fait ici».

Yves Nadon s’intéresse à la lecture, et il s’intéresse aussi à l’écriture.  Il a adapté et publié un certain nombre d’ouvrages pédagogiques dans le but de faire pour l’écriture ce qui a été fait avec succès avec la lecture.  

«En écriture, tout comme en lecture d’ailleurs, le volume de travail est important.  L’élève qui écrit huit pages sera plus à l’aise en écriture que celui qui a écrit huit lignes.  L’élève qui lit huit livres deviendra vite meilleur lecteur que celui qui lit huit lignes.  Le volume est important, mais il faut que ce soit plaisant et motivant». 

Yves Nadon n’est pas contre la technologie.  Son téléphone n’est jamais loin de sa main.  Par contre, il dénonce qu’on installe des tableaux «interactifs» dans toutes les classes (au Québec) en pensant que la magie va s’opérer.  

«Les tableaux interactifs sont des outils, rien de plus.  Si on investissait autant dans les livres que dans les tableaux interactifs, je serais aux anges.  De penser que pour intéresser les gars à la lecture et pour les stimuler en classe, il faut des pitons et de la technologie, ce sont des conneries», a-t-il soutenu.  

Lors de sa conférence d’ouverture du Salon du livre, le jeudi 1er juin, Yves Nadon a fait naître dans l’assistance un soupir d’émerveillement, lorsqu’il a ouvert ce qui semblait un simple livre, et que les pages se sont illuminées : un livre magique, comme tous les livres.  

«Cela fait deux fois que je me sers de ce livre dans une conférence, et les deux fois, les gens ont réagi avec cet émerveillement.  Tous les livres ont du merveilleux à transmettre», a-t-il insisté.  

Enseignant, pédagogue, auteur, Yves Nadon est aussi patron d’une maison d’édition qui a pour nom «D’eux».  «Nous sommes deux dans cette maison d’édition et nous publions des histoires qui viennent d’eux, des auteurs.  Nous n’avons pas de spécialités.  Nous aimons les bonnes histoires», dit-il.  

- Par Jacinthe Laforest

L'Île-du-Prince-Édouard en images