Le 25 janvier 2017


Dans la vie de tous les jours, il est utile de savoir comment coudre un bouton et comment faire un ourlet de pantalon.  Pourtant, dans nos écoles, ces compétences de base ne sont pas enseignées.  «Je trouve ça dommage que ça ne soit plus enseigné dans les écoles.  C’est certain que les jeunes pourraient apprendre cela à la maison, mais les parents travaillent et le temps manque pour enseigner ces petites choses», avoue Alvina Bernard de la région de Wellington.  

Alvina Bernard sait coudre des boutons et faire des ourlets de pantalons, mais ce qui la passionne avant tout, c’est la couture créative.  Elle fait des linges à vaisselle, des sous-tasses, des napperons, des décors de maison, des tabliers, et dans chaque objet pratique qu’elle fabrique, elle met tout son savoir faire et son imagination.  

«Si j’avais seulement 40 ans, c’est certain que j’ouvrirais un petit magasin.  Mais je suis officiellement à la retraite et je considère cela comme un passe temps, même si je couds beaucoup et que mes produits se vendent très bien.»

Alvina Bernard a toujours cousu.  Au fil de sa vie, elle a occupé de nombreux emplois, le plus souvent relié à la couture mais aussi en cuisine.  

«J’ai travaillé chez Louise Comeau et chez Marie Anne Arsenault quand elle avait sa boutique.  Les 12 dernières années avant de me retirer, je travaillais au Village musical acadien (Centre Expo-Festival) dans la boulangerie et la cuisine», a expliqué la jeune retraitée.  

Alvina Bernard est connue avant tout pour ses drapeaux acadiens.  «Ça fait 30 ans que j’en fais.  J’ai commencé cela parce que je savais que la Société Saint-Thomas-d’Aquin en achetait à l’extérieur de la province.  C’est cela qui m’a amené à faire aussi des drapeaux pour certains clubs de yacht de la province.  J’ai toujours eu des petits contrats comme ça, et aussi, j’ai toujours été curieuse d’apprendre des nouvelles techniques de couture pour me tenir à jour et même pour proposer des produits différents et bien faits.»

La couture n’est pas une activité très valorisée.  Cependant, elle fait appel aux mathématiques, à la géométrie, à la résolution de problèmes, à l’organisation spatiale, et de plus en plus, à l’informatique et à l’électronique.  

Grâce à sa nouvelle machine à coudre électronique, qui est liée à une tablette électronique et à l’Internet, elle peut réaliser des patrons de broderie élaborés ou simples pour agrémenter ses créations.  «C’est une chance que mes enfants sont bons en électronique et qu’ils peuvent me donner un coup de main quand je ne comprends pas quelque chose.  Je regarde aussi beaucoup YouTube, car on y trouve de tout.  J’aime en particulier quand je découvre des trucs pour utiliser mes retailles et des raccourcis qui me facilitent la vie.»

Alvina aime sa machine à coudre très performante, mais les soirs, elle aime écouter la télé avec un projet de couture à la main.  «Je trouve ça relaxant et je trouve que je peux faire beaucoup de progrès, un petit point à la fois.»

En 30 ans de couture, Alvina Bernard a accumulé dans son atelier un assortiment impressionnant de fournitures qui sont toutes bien classées.  Elle vend ses créations au Village musical acadien, à la Coopérative d’artisanat d’Abram-Village, aux Maisons de Bouteilles, au Musée acadien de l’Î.-P.-É. et au Centre Belle-Alliance, ces deux derniers étant ouverts à l’année longue.  

- Par Jacinthe Laforest
Banner

L'Île-du-Prince-Édouard en images