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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 1er mars 2018
Le tout premier rapport sur les enfants de l’Île-du-Prince-Édouard porte sur la santé et le mieux-être des enfants de l’Île. Diffusé ce 1er mars par la médecin hygiéniste en chef, le Rapport sur les enfants de l’Île-du-Prince-Édouard 2017 - Investir dans notre avenir se veut une source d’information, un outil de suivi des indicateurs de référence et un moteur de changement.

« Ce rapport permet d’amorcer des conversations importantes, quoique parfois difficiles, sur les conditions nécessaires pour assurer à tous les enfants le meilleur départ possible dans la vie, sur leur accès aux ressources et possibilités d’apprentissage et d’épanouissement, de même que sur le soutien aux familles pour les aider à faire des choix de vie sains », explique la Dre Heather Morrison, médecin hygiéniste en chef.

Divers ministères et organismes gouvernementaux œuvrent de pair à la collecte de renseignements et de données sur le mieux-être des enfants insulaires, y compris le ministère de la Santé et du Mieux-être, le ministère des Services à la famille et à la personne, le ministère de l’Éducation, du Développement préscolaire et de la Culture, le ministère de la Justice et de la Sécurité publique, et Santé Î.-P.-É.

« Il s’agit d’un processus des plus collaboratifs, et je tiens à remercier toutes les personnes qui ont participé à la préparation de ce rapport », poursuit-elle.

Le rapport porte sur quatre aspects de la santé et du mieux-être qui ont une grande incidence sur la vie d’un enfant, soit la santé physique et mentale, le développement sain durant l’enfance, le développement cognitif et l’environnement social. Il comprend deux grands appels à l’action :

  1. Les personnes, les groupes communautaires et tous les ordres de gouvernement sont appelés à atténuer les inégalités en santé à l’Île-du-Prince-Édouard par une redistribution des ressources de la société de façon à améliorer les déterminants sociaux de la santé, surtout auprès des groupes désavantagés.
  2. Il faut une meilleure surveillance et des environnements réceptifs, puisque la capacité de recueillir des données pertinentes et de les communiquer est essentielle à la prise de décisions éclairées pour favoriser la santé et le mieux-être des enfants de l’Île aujourd’hui et dans les années à venir.
« Les conclusions de ce rapport montrent que les enfants aux besoins socioéconomiques les plus criants présentent constamment les facteurs de risque les plus grands et les pires résultats en matière de santé, continue la Dre Morrison. Les enfants de l’Île dont les besoins matériels et sociaux sont les plus grands ont un taux d’incidence plus élevé que la moyenne provinciale de risque nutritionnel et d’insécurité alimentaire, d’obésité, d’asthme et de maladie mentale. »

On constate que certains facteurs de risque et résultats en matière de santé concernant les enfants de l’Île suivent le même modèle que la population en général, selon le rapport de 2016 de la médecin hygiéniste en chef intitulé La santé pour tous les Insulaires. Il montre qu’il y a des inégalités en santé et que les enfants issus de familles qui ont un faible revenu, où le taux de chômage est plus élevé et qui bénéficient de moins de soutien présentent des facteurs de risque plus élevés et des résultats en matière de santé moins bons que les enfants qui vivent dans des familles plus privilégiées.

« L’équité en santé est une valeur que nous partageons tous, affirme la Dre Morrison. Ce rapport montre bien que seuls des efforts soutenus et sincères du gouvernement et des collectivités peuvent avoir une incidence durable et importante sur la santé des jeunes insulaires. »

« Il s’agit d’un rapport important qui met en lumière ce que nous devons faire pour mieux soutenir nos enfants, déclare le ministre de la Santé et du Mieux-être, Robert Mitchell. En tant que gouvernement et membres de la société insulaire, nous devons nous assurer de créer les circonstances et de fournir les ressources nécessaires pour que nos enfants aient le meilleur départ possible dans la vie. Ces dernières années, on a abattu beaucoup de travail pour soutenir les enfants insulaires, et ce rapport encadrera nos décisions d’investissement de sorte à améliorer encore la vie des Insulaires les plus jeunes. »

Le rapport complet est accessible en ligne, à www.princeedwardisland.ca/en/publication/prince-edward-island-childrens-report-2017.

Document d’information

« Lorsqu’ils ont l’occasion de vivre des expériences positives qui favorisent un développement sain et qu’ils bénéficient du soutien nécessaire pour relever les défis qui surviennent, les enfants parviennent à réaliser leur plein potentiel. »

– Rapport sur les enfants de l’Île-du-Prince-Édouard 2017

C’est la première fois que le gouvernement provincial produit un tel rapport, axé sur la santé et le mieux-être des enfants.

Le Rapport sur les enfants de l’Île-du-Prince-Édouard 2017 explore les liens entre les déterminants sociaux de la santé, l’équité en santé, les comportements sains et les résultats en matière de santé pour les enfants de l’Île. Les facteurs de risque sur le plan du développement sain, du développement cognitif et de l’environnement social des enfants sont également pris en considération. Dans la mesure du possible, l’Indice de défavorisation matérielle et sociale et l’Échelle de l’aisance de la famille III ont été utilisés pour intégrer les facteurs socioéconomiques dans l’analyse des tendances en matière de santé et de mieux-être.

Plusieurs ministères et organismes gouvernementaux ont collaboré à l’établissement des indicateurs du rapport et au partage des données nécessaires, dont le ministère de l’Éducation, du Développement préscolaire et de la Culture, le ministère des Services à la famille et à la personne, Santé Î.-P.-É. et le ministère de la Justice et de la Sécurité publique.

Pour les fins de ce rapport, un enfant est une personne de 0 à 18 ans. La santé et le mieux-être des enfants témoignent de leur qualité de vie générale. 

Le gouvernement a fait des investissements importants dans de nouvelles initiatives destinées à améliorer la vie des enfants insulaires, mais vu leur déploiement récent, leurs résultats ne figurent pas dans ce rapport. Parmi ces initiatives, mentionnons les suivantes :

  • Équipes responsables du mieux-être des élèves
  • Cliniques de santé mentale sans rendez-vous
  • Programmes de prévention de la violence familiale
  • Programme de mieux-être féminin
  • Programme d’intervention téléphonique Strongest Families
  • Équipes de soutien comportemental
  • Programme The Bridge
  • Avocat des enfants
  • Augmentation des subventions pour les services de garde d’enfants
  • Programme INSIGHT
  • Révision de la Child Protection Act (loi sur la protection des enfants)
  • Programme Triple P, axé sur les pratiques parentales positives
  • Programme L’art d’être parent tout en vivant sous des toits distincts
Les conclusions clés du rapport sont les suivantes :

Des inégalités en matière de santé sont observées au sein de la population des enfants de l’Île : Les enfants de l’Île dont l’indice de défavorisation matérielle et sociale est le plus élevé ont un taux d’incidence plus élevé que la moyenne provinciale de risque nutritionnel et d’insécurité alimentaire, d’obésité, d’asthme, de maladie mentale et d’hospitalisation en établissement de soins de courte durée. On observe la tendance inverse chez les enfants de l’Île dont l’indice de défavorisation matérielle et sociale est bas.

Les enfants de l’Île dont l’indice de défavorisation matérielle et sociale est le plus élevé et dont le niveau d’aisance de la famille est le plus faible sont exposés à des facteurs de risque sanitaires plus grands : Les enfants de l’Île dont l’indice de défavorisation est le plus élevé et le niveau d’aisance de la famille est le plus faible sont allaités moins longtemps que la moyenne des enfants de l’Île et consomment moins de fruits et de légumes. On observe la tendance inverse chez les enfants de l’Île les plus privilégiés et aisés.

Le sexe est associé à des inégalités sur le plan des facteurs de risque sanitaires et des résultats en matière de santé : Les garçons de l’Île ont un risque nutritionnel plus élevé, consomment moins de fruits et de légumes, fument davantage, boivent plus d’alcool et font un usage plus important de cannabis. Les garçons de l’Île ont aussi un taux d’incidence plus élevé que la moyenne provinciale d’asthme, de maladie mentale et d’hospitalisation pour blessures. Les filles de l’Île ont un niveau d’activité physique quotidien plus faible.

L’âge est associé à des inégalités sur le plan des facteurs de risque sanitaires et des résultats en matière de santé : Le niveau d’activité physique ainsi que la consommation de fruits et de légumes autodéclarés chez les enfants de l’Île diminuaient au fur et à mesure que le niveau scolaire augmentait. La consommation de tabac, d’alcool et de cannabis commence le plus souvent dans les premières années de l’adolescence. Les cas d’asthme, de maladie mentale et d’hospitalisation pour blessures étaient plus fréquents chez les enfants de 12 à 18 ans, tandis que les hospitalisations en établissement de soins de courte durée étaient plus répandues chez les enfants de moins de 6 ans.

Développement sain durant l’enfance et développement cognitif : À peu près un enfant sur quatre âgé de 18 mois ne satisfaisait pas aux exigences du Questionnaire sur les étapes du développement (Ages & Stages QuestionnaireMD) ou devait faire l’objet d’une surveillance dans au moins un domaine. Dans le cas des enfants de maternelle qui ont fait l’Évaluation de la petite enfance, deux sur cinq n’avaient pas atteint les jalons développementaux dans au moins un des cinq domaines de compétence. Des difficultés en mathématiques, en compréhension de lecture et en écriture ont aussi été constatées aux évaluations provinciales en éducation.

Environnement social : En ce qui concerne les parents ayant fait l’objet de signalements relatifs à la protection de l’enfance, ceux qui avaient quatre enfants ou plus affichaient un taux de récidive plus élevé (plus d’un signalement au cours de la période de trois ans) que la moyenne provinciale. Le taux de récidive était plus élevé pour les parents dont l’indice de défavorisation matérielle et sociale était le plus élevé, comparativement aux parents dont l’indice était le plus faible. Parmi les nouveaux cas de violence envers les enfants, environ trois sur cinq concernaient des filles âgées de 12 à 17 ans.

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