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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 6 novembre 2018

Colleen Soltermann, nouvelle présidente de la SSTA.  (Photo : Archives)

Colleen Soltermann a été élue présidente de la Société Saint-Thomas-d’Aquin le 27 octobre dernier lors des assises annuelles des membres.   «Pourquoi ai-je répondu à l’appel? J’ai toujours été engagée dans la collectivité, depuis que je suis arrivée à l’Île-du-Prince-Édouard en 1992 et même auparavant, quand je vivais à Saint John à Terre-Neuve.  C’est vraiment là, d’ailleurs, que j’ai découvert mes droits comme parent francophone et que j’ai commencé à militer pour l’éducation en français.  Je siégeais au comité qui a fait ouvrir la toute première école française à Saint-Jean de Terre-Neuve», raconte Colleen Soltermann, jointe au téléphone quelques jours après son élection. 

Au cours des dernières années, Colleen Soltermann a occupé des postes clés, mais peu visibles pour le développement de la francophonie à l’Île.  De 2010 à janvier 2017, elle a été présidente du comité consultatif de la communauté acadienne et francophone de l’Î.-P.-É., c’est-à-dire durant la période où la nouvelle loi sur les services en français a été développée et promulguée. 

«Notre travail au sein de ce comité est de conseiller le gouvernement sur les décisions qui concernent les francophones.  Nous ne faisons pas de revendications.  Et pendant plusieurs années, sept années au total, j’ai été présidente de la Société éducative qui est devenue depuis le Collège Acadie puis le Collège de l’Île.  J’ai été présidente pendant une période de transition et d’ajustements.  Encore là, ce n’est pas un poste très visible.  Donc, même si je suis restée très active, je comprends que les gens aient l’impression que je suis sortie de nulle part pour arriver à la présidence de la SSTA», a dit Colleen Soltermann. 

Dès son arrivée à Charlottetown avec son mari Joerg Soltermann, qui venait d’accepter un poste dans son métier de chef cuisinier, Colleen s’est investie au Carrefour de l’Isle-Saint-Jean, à l’école François-Buote et au service de garde.  Ses trois filles ont fait toute leur scolarité à François-Buote et font maintenant leur vie. 

Durant ces années, Colleen Soltermann avait fait les manchettes parce qu’une de ses filles, atteinte d’une sévère allergie aux arachides, s’était vue refuser le droit de participer à la finale des Jeux de l’Acadie, même si elle s’était qualifiée. 

«Ce n’était pas juste.  Je me suis rendue à la Commission des droits de la personne et j’ai obtenu que les organisateurs ne mettent pas d’arachides au menu.  Elle était la première à avoir ce problème.  Maintenant, c’est très répandu, mais j’avais été profondément touchée par l’injustice qui était faite à ma fille.  Je pense que la justice et le respect des droits sont très importants pour moi», décrit Colleen Soltermann.

En l’an 2000, elle était la présidente de la Fédération des parents lorsque le jugement de la Cour suprême du Canada a été rendu.  «Nous étions autour du téléphone au Centre J.-Henri-Blanchard et nous attendions l’appel avec impatience.  Ça a été un grand jour.  J’ai même assisté à une partie des audiences devant les juges.  Je me rappelle encore voir notre avocat, Me Robert McConnell, frapper le bureau de son poing en disant “Damn it, c’est toute une communauté qui va disparaître si on n’a pas l’éducation en français”.  C’est gravé dans mes souvenirs.  Cette étape-là, on l’a gagnée, mais il reste encore beaucoup de travail à faire, notamment en petite enfance.»

Celle qui est entrée dans les comités et le bénévolat par la porte de la petite enfance, 1992-1993, a l’impression en faisant ce constat de revenir pour finir un travail.  «Je sais qu’il y a d’autres priorités, mais je pense que notre capacité à maintenir notre vitalité francophone à moyen et long terme passe obligatoirement par la petite enfance.  Sans relève, tout ce que nous avons construit et que nous continuons à construire ne servira plus à rien», insiste celle qui est devenue grand-maman pour la première fois en août dernier. 

La nouvelle présidente n’oublie pas non plus que le Congrès mondial acadien s’en vient, et que ce sera aussi le 100e anniversaire de la SSTA.  «Il y a de grands moments de fierté qui s’en viennent.  Je suis contente d’en faire partie», insiste Colleen Soltermann. 

- Par Jacinthe Laforest

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