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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 31 octobre 2018

Béatrice Caillié est une nouvelle membre de l’Ordre du mérite acadien de l’Î.-P.-É.   Guy Labonté, de la SSTA, et Juanita Lewis, de La Belle-Alliance, ont fait la présentation le samedi 27 octobre à Summerside.  (Photo : J.L.)

Béatrice Caillié a été admise à l’Ordre du mérite acadien de l’Î.-P.-É., par la Société Saint-Thomas-d’Aquin (SSTA) le 27 octobre dernier, lors des assises annuelles de l’organisme tenues dans le Centre Belle-Alliance qu’elle a elle-même dirigé et établi comme une valeur ajoutée dans la ville de Summerside.

Béatrice Caillié participe au développement de la francophonie prince-édouardienne depuis quatre décennies.  Née à Bordeaux dans le sud-ouest de la France, elle a déménagé au Canada dans sa jeunesse, d’abord à Halifax, en Nouvelle-Écosse, avant de s’établir à Seaview, à l’Île-du-Prince-Édouard.  Après avoir fait ses premiers pas dans la communauté en tant que conseillère de voyage pour Tours Acadie, elle est devenue directrice adjointe de la SSTA.  Elle a été directrice générale de la Fédération des parents, elle a travaillé pour le Réseau Santé en français de l’Î.-P.-É. puis, en 2002, elle a pris les rênes du Centre Belle-Alliance, qu’elle a tenues d’une main ferme jusqu’en 2016. 

Mme Caillié s’est aussi beaucoup engagée en tant que bénévole dans divers organismes ou comités de la communauté, dont notamment pour les Jeux de l’Acadie, le Comité historique Sœur-Antoinette-DesRoches, ou comme représentante du comté de Prince au Comité consultatif de la communauté acadienne et francophone. 

Consciente d’avoir une vie confortable, elle a souvent prêté main-forte à des plus démunis, en mettant sur pied notamment la campagne SOS Louisiane, qui avait pour but de soutenir les Louisianais après le passage de l’ouragan Katrina en 2005.   Elle a aussi mené pendant de nombreuses années une campagne pour recueillir des toutous pour Noël pour les moins favorisés.

Officiellement à la retraite, elle exerce encore aujourd’hui la fonction de secrétaire au conseil d’administration du Salon du livre de l’Î.-P.-É., un événement qu’elle a aidé à mettre sur pied et qui contribue grandement au rayonnement de la francophonie à l’Île. 

Sa contribution à la communauté acadienne et francophone de l’Île-du-Prince-Édouard a d’ailleurs déjà été reconnue à plusieurs reprises.  En effet, elle a reçu en 2001 le Certificat honorifique de citoyenneté acadienne.  En 2016, à l’occasion de son départ en retraite, une salle du Centre Belle-Alliance a été nommée en son honneur, pour la remercier du travail effectué au poste de direction du centre scolaire et communautaire de Summerside, pendant plus de 14 ans.

Après avoir été présentée officiellement, Béatrice Caillié a pris la parole avec des sanglots dans la voix.  «Vous me connaissez, j’ai pleuré de rage et j’ai pleuré de bonheur, et maintenant, c’est le bonheur qui me fait pleurer.   Quand on fait du bénévolat, quand on travaille pour la communauté, on le fait aussi pour soi, pour créer un espace dans lequel nous pouvons vivre en français.  Quand je parle de la communauté, ce n’est pas juste Summerside-Miscouche, c’est toute l’Île.  Je n’ai jamais vu la communauté en sections, je l’ai toujours vue dans son ensemble et je pense que c’est comme cela qu’on devrait la voir.  Je crois que c’est en travaillant ensemble pour un objectif commun qu’on arrivera à être forts maintenant».

Béatrice Caillié a voulu préciser une chose : «Je ne suis pas morte.  Je continue à donner et à contribuer et j’attends en retour de mes gouvernements et d’autres instances qu’ils nous appuient dans nos efforts.  Parfois, je manque de patience avec les gens qui font preuve de complaisance, qui pensent que les acquis sont garantis.  Je crois que dès qu’on tourne le dos, on peut perdre des acquis tellement vite.  Je n’ai jamais fait cela et je ne ferai jamais cela», a dit Béatrice Caillié, sous les applaudissements. 

- Par Jacinthe Laforest

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