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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 26 octobre 2018
Un conseil consultatif sera bientôt mis sur pied dans la région d’Évangéline pour évaluer les besoins de la région et recommander des actions concrètes pour favoriser l’immigration francophone.  Le pro-jet, qui s’étend au total sur quatre ans et demi, sera ensuite subventionné par le gouvernement fédéral dans le but d’attirer et de retenir de nouveaux arrivants. 

C’est dans le cadre du Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023 que les Réseaux en immigration francophone (RIF) du Canada ont orchestré cette initiative.  «Chacun des 13 RIF, un par provinces et territoires, pouvait choisir une communauté qui accueillerait le projet pilote.  Le choix n’a pas été évident à l’Î.-P.-É., on avait cinq finalistes», rapporte Robyn Gallant, coordonnatrice des activités de sensibilisation et d’appui à la concertation communautaire à la Coopérative d’intégration francophone (CIF) de l’Î.-P.-É. 

Le comité de sélection s’était réuni à Halifax à l’automne dernier pour le Sommet d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) sur l’établissement francophone.  «On a finalement voté pour Évangéline parce qu’il y a déjà une volonté dans la région d’attirer des familles, des immigrants francophones, par exemple avec l’initiative Bienvenue/Welcome Évangéline.  Le projet pilote vient supporter les initiatives de la communauté en y ajoutant encore plus de créativité», estime la coordonnatrice du CIF, elle-même de la région. 

Par la communauté, pour la communauté

L’ancienne directrice du Secrétariat aux Affaires acadiennes et francophones, Diane Arsenault, coordonnera le projet.  «Mon premier mandat est la mise sur pied du comité consultatif.  Je vais ensuite les appuyer pour élaborer un plan d’action, parce que c’est vraiment le comité qui décide des activités et projets qu’on veut créer.  Le financement viendra d’IRCC, dans le cadre du Plan d’action 2018-2023.  C’est une approche pour et par la communauté», assure-t-elle.

À savoir qui siégera sur ce comité consultatif, il est encore trop tôt pour le dire.  «On a eu une rencontre initiale la semaine dernière pour parler des possibilités de la composition, qu’on validera avec le RIF.  On pense que ça ne sera qu’entre 8 et 12 personnes, au-delà ça deviendrait trop complexe», évalue Mme Arsenault.  Les membres auraient idéalement une bonne connaissance du terrain et un point de vue unique sur la situation. 

Comme chaque RIF accueillera le même projet pilote, une certaine collaboration s’établira certainement.   «On va tous partager nos idées, mais on s’est aussi rendu compte à quel point on est différents des autres.  Ici, on peut voir nos six régions en une journée, on a la chance d’être sur le terrain et très proches de nos communautés.  Pour le CIF, c’est surréaliste un projet de cette ampleur-là!», s’excla-me Robyn Gallant.  L’objectif serait aussi de pouvoir exporter les idées aux autres communautés de l’Île, qui pourraient éventuellement bénéficier de subventions. 

L’impact espéré est évidemment une hausse démographique, à l’Île comme dans les autres régions.  Ce n’est pas du luxe, quand on sait que les entreprises peinent à recruter des employés, surtout en français.  Cette initiative fait les choses différemment en donnant le plein pouvoir aux communautés de décider ce qui est le mieux pour elles, une vision du gouvernement qu’il convient de saluer. 


Diane Arsenault. (Photo : Gracieuseté)

- Par Ericka Muzzo

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