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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 16 octobre 2018

Claude Jouffret (Dadou) en compagnie de la directrice de l’Association des centres de la petite enfance francophones de l’Île-du-Prince-Édouard, Kathleen Couture.  (Photo : J.L.)

Claude Jouffret, qui vit en France, est devenu un bienfaiteur du secteur de la petite enfance à l’Île-du-Prince-Édouard, lorsqu’il a compris à quel point des interventions à ce niveau pouvaient avoir des répercussions positives sur l’ensemble de la communauté. 

«Je suis né en 1943, pendant la guerre, alors que mes parents étaient en déplacement.  Sur ma carte d’identité, c’est écrit “lieu de naissance : inconnu”.  Pour cette raison, je me suis toujours un peu senti sans pays et j’ai développé une compassion pour les peuples qui ont été malmenés par l’histoire.  Il y en a beaucoup, mais l’Acadie, avec laquelle je partage ma langue française, m’a interpelé et j’ai agi».

C’est ainsi que Claude Jouffret a résumé en quelques lignes ce qui l’a amené à s’intéresser à l’Acadie et à l’Île-du-Prince-Édouard.  En 2017, en route pour visiter sa fille aux États-Unis, il a fait un arrêt à l’Île, pour une première prise de contact.  «J’ai rencontré trois personnes, et je leur ai dit que j’aimerais contribuer financièrement à une cause.  On s’est méfié de moi, avec raison, mais on m’a tout de même mis en contact avec l’Association des CPE francophones et Kathleen Couture, la directrice générale.  Je lui ai dit ce que j’aimerais faire, et nous avons créé une sorte de bourse pour aider au recrutement.  Et ça n’a pas marché.  Le recrutement est tellement difficile et demande qu’on y concentre une bonne partie de nos efforts, mais les ressources ne sont pas là», a raconté Claude Jouffret, qui a passé toute la semaine dernière à l’Île. 

Il a visité les six centres de la petite enfance francophones, il a rencontré toutes les directrices, il a pris des notes pour documenter sa visite.  Partout, on me dit que la petite enfance est très importante, que c’est le secteur prioritaire pour assurer la survie de la communauté.  Mais quand ça vient aux actions, j’ai senti que ça bloquait.  Je comprends pourquoi.  Chacun a juste assez de financement pour fonctionner et protège son mandat et sa raison d’être.   Mais à partir du moment où tout le monde et tous les organismes s’entendent sur un secteur prioritaire, il devrait y avoir des actions», a insisté M. Jouffret.

Sa contribution au secteur de la petite enfance s’élève jusqu’à présent à environ 50 000 $.  Une toute petite partie de cet argent a été dépensé selon les critères établis.  «M. Jouffret nous fait assez confiance pour nous laisser gérer le fonds au quotidien, mais je le tiens au courant dès qu’une dépense plus importante est nécessaire.  C’est certain que cet argent nous aide», a indiqué Kathleen Couture, reconnaissante de l’intérêt que Claude Jouffret porte à la cause.

- Par Jacinthe Laforest

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