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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 28 juin 2018

Les membres du conseil d’administration : Yoan Rousseau, Melissa Martel, Robert Bullen, Denise Bourdon, Michel Gagnon, Raymond J. Arsenault et Terry Couture.  Absente de la photo est Angie Cormier.

La Voix acadienne a terminé l’exercice financier au 31 mars avec un déficit d’environ 16 000 $.  Ce déficit, bien que substantiel, est beaucoup moins grave que le déficit anticipé au début de l’exercice. 

«Au début de l’année, avec le conseil d’administration, on avait anticipé un déficit de 40 000 $  à  50 000 $ en raison des baisses de revenus dans les publicités fédérales et provinciales et de la hausse de certaines dépenses.  On a réussi à finir l’année avec un déficit de moins de 16 000 $ ce qui est très bien», a décrit la directrice de l’organisme qui publie La Voix acadienne, Marcia Enman. 

La Voix acadienne est appuyée par un Fonds de fiducie qui est géré par la Caisse populaire Évangéline Central.  Cette fondation, nommée La Fondation Jean H. Doiron a été créée vers le milieu des années 1990 pour aider le journal.  La valeur de ce fonds en 1999 était de 284 000 $.  «Depuis plusieurs années, les intérêts de ce fonds sont mis directement dans les opérations du journal annuellement.  Le montant qui est injecté est de plus en plus bas parce que les intérêts diminuent», a rappelé Marcia Enman.  « Il y a eu des bonnes années (2004-2006) où l’on a été capable de faire sans les intérêts ».

Les bonnes années sont passées et les temps sont durs pour le journal. En prévision d’un déficit de quelque 50 000 $, les dirigeants de La Voix acadienne ont rencontré le gardien du Fonds de fiducie, c’est-à-dire la Caisse populaire Évangéline-Central, pour explorer les options.  « On était prêt à emprunter de l’argent.  Mais la Caisse nous a plutôt suggéré de piger dans le capital du fonds de fiducie, pour injecter 50 000 $ dans nos opérations », a précisé Marcia Enman. 

De ces 50 000 $, La Voix acadienne a utilisé 15 000 $ pour payer sa part de l’étude sur la plateforme de communication partagée réalisée l’an dernier.  L’autre 35 000 $ reste inscrite au bilan pour la prochaine année.

La situation est préoccupante pour le conseil d’administration.  Son président, Robert Bullen, assure que la situation financière a occupé une bonne partie du temps du conseil.  « La directrice a rencontré plusieurs partenaires communautaires dans le but de trouver des moyens de collaborer sur des projets communs, générateurs de revenus, à court et à long terme, et ce, en attendant que le dossier des communications partagées se concrétise», a indiqué le président dans son rapport annuel. 

Plateforme de communication partagée

La plateforme de communication partagée est un dossier du Réseau des développeurs.  L’étude de faisabilité réalisée l’an dernier avait été présentée à l’AGA de la Voix acadienne en juin 2017.  Depuis, le dossier progresse lentement.  «À la fin du mois d’août prochain, le Réseau des développeurs devrait identifier ses priorités, et le dossier de la plateforme de communication partagée étant relativement avancé par rapport à d’autres projets structurants, il est prévu que l’on puisse procéder à  l’étape suivante et celle-ci sera le dépôt des demandes financières pour la mise en œuvre », a expliqué Bonnie Gallant, coprésidente du Réseau des développeurs. 

Durant la dernière année, la question financière n’a pas été la seule préoccupation du conseil d’administration, qui a dû seporter à la défense du travail de la salle de presse du journal.  «À ce sujet, nous avons communiqué régulièrement avec les dirigeants de l’Association de la presse francophone, et nous avons toujours été ravis de la confirmation de notre opinion que les articles et éditoriaux publiés sur le dossier respectaient tous les principes de la Charte de la presse de langue française en situation minoritaire», a insisté Robert Bullen. 

Le président de ladite Association de la presse francophone, Francis Sonier, qui était le conférencier invité à l’assemblée annuelle de La Voix acadienne, a confirmé que La Voix acadienne avait bel et bien respecté la Charte de la presse francophone en milieu minoritaire adoptée en cours d’année, concernant la dénonciation de possibles conflits d’intérêts. 

«Notre Charte est basée sur les valeurs d’indépendance, d’impartialité, d’intégrité, de rigueur et d’équité et la Voix acadienne a respecté la Charte», a indiqué Francis Sonier.   

Les journaux communautaires peuvent être vus comme un miroir, un carrefour d’idées, une agora, un espace d’échange et de dialogue.  «Ils sont aussi un observateur privilégié de la vie communautaire et ils ont la responsabilité de remettre en question l’utilisation de fonds publics, quant c’est nécessaire et rendre compte des décisions des gens qui sont dans des postes de responsabilité.»

M. Sonier a aussi parlé de l’obligation de s’adapter très rapidement aux nouvelles façons de faire de l’information et de prendre soin des lecteurs.


Marcia Enman remercie le conférencier invité Francis Sonier et lui présente un cadre de Maurice Bernard.

- Par Jacinthe Laforest

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