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Le 13 juin 2018


Le mardi 5 juin et de nouveau le jeudi 7 juin, les citoyens de la région Évangéline étaient conviés à deux réunions publiques de consultation sur un éventuel projet de regroupement municipal.  Cette nouvelle municipalité rurale inclurait, non seulement les municipalités de Wellington et d’Abram-Village, mais également les 12 autres petits villages de la région, auxquels on ajouterait Union Corner, voisine de Mont-Carmel, et la section connue comme Goodwin’s Corner, dans le prolongement de Wellington. 

La réunion du 5 juin a attiré environ 50 personnes et la réunion du 7 juin, environ 40, selon les chiffres fournis par les organisateurs, ce qui est relativement peu de personnes, si on considère l’importance du processus entamé. 

«Nous avons invité chaque résident de la région en déposant dans leur boîte aux lettres un dépliant pour indiquer le but des réunions.  Nous ne pouvons pas obliger les gens à venir», a indiqué Alcide Bernard, président de la municipalité de Wellington et membre du comité d’étude d’un éventuel regroupement municipal. 

Les citoyens préoccupés par les taxes

La préoccupation no 1 exprimée par les participants est celle des taxes supplémentaires que paieraient les résidents de la nouvelle municipalité rurale.  Selon les chiffres présentés par Alcide Bernard, dans un modèle hypothétique, mais tout de même réaliste, une taxe de 5 cents (0,05 $) pour chaque 100 $ d’évaluation serait suffisante pour sécuriser un budget de base de 100 000 $. Cet argent permettrait l’aménagement d’un bureau pour servir les citoyens avec un employé à temps plein qui ferait toutes les tâches administratives, en plus d’assurer un niveau de service approprié, selon les priorités établies.   

«C’est difficile de dire exactement combien de taxe on paierait avant de savoir exactement la valeur totale des propriétés et des terres du territoire que l’on considère.  Mais ce que l’on peut garantir, c’est que les gens ne paieront pas pour des services qu’ils n’ont pas, comme les égouts et l’eau.  Nous avons le droit de charger des taux différents, selon le niveau de service», a indiqué Alcide Bernard. 

Le comité d’étude du projet, formé par les représentants des deux municipalités incorporées et de représentants du Conseil scolaire-communautaire Évangéline, travaille sur ce dossier depuis au moins un an en
comité. 

«Nous mêmes n’étions pas prêts à consulter la population. Nous avions besoin de nous préparer et d’envisager ce que cela représenterait pour la région», a indiqué Roger Gallant, après la deuxième réunion de consultation. 

Pour Nick Arsenault, directeur du CSCÉ, le grand avantage d’un regroupement municipal pour la région Évangéline est de se donner les moyens de protéger la langue française et la culture acadienne. 

Une municipalité incorporée qui fonctionnerait dans les deux langues officielles aurait la capacité de règlementer le paysage linguistique, et coordonner ou appuyer des initiatives culturelles en français, mais pas seulement cela. 

«Autrefois, les municipalités se limitaient à fournir les services d’eau et d’égouts.  De nos jours, la gamme de services qu’une municipalité peut offrir est très large et varie beaucoup», ont indiqué les intervenants. 

Après avoir pris connaissance des nombreux avantages et des quelques inconvénients (les taxes), ainsi que des autres informations fournies par les membres du comité, les personnes présentes aux deux réunions ont été invitées à discuter en petits groupes des priorités d’action et des préoccupations qu’ils auraient par rapport au processus.  La question des taxes est revenue souvent, de même que le zonage des terres et les permis de construire. 

Il faut définir «municipalité bilingue»

Lors des deux soirées, des gens ont soulevé l’importance de préserver la langue et la culture.  La région Évangéline est beaucoup plus bilingue qu’autrefois et les deux soirs, il y avait des anglophones qui suivaient les discussions à l’aide d’un service d’interprétation.  Aucune préoccupation concernant d’éventuels services en anglais n’a été partagée au micro en plénière, ni mardi ni jeudi. 

Par contre, lorsqu’il a présenté le résumé des discussions dans son groupe, Marcel Bernard a mentionné que : «Personnellement j’ai peur de perdre mon Acadie.  Notre groupe pense qu’il faut protéger l’acadiennité de la région et on n’est pas certain que lefait de se dire bilingue va faire ça», a mentionné Marcel Bernard.  Il semblait s’inquiéter de l’impact qu’une désignation bilingue aurait sur tous les efforts pour maintenir la vie en français dans la région Évangéline. 

Dans un autre groupe, on a rappelé la nécessité de tenir les gens informés du processus.  «Les gens ont besoin d’être informés, et ça ne devrait pas s’arrêter ici», a insisté Nick Arsenault, porte-parole d’un groupe. 

À ce chapitre d’ailleurs, après la fermeture de la réunion du 7 juin, Alcide Bernard a dit présumer que le comité sera plus public qu’il l’a été dans le passé.   Cela supposerait de tenir les gens informés de la décision du comité de poursuivre vers les autres étapes ou non. 

«Nous allons nous réunir et évaluer tout ce qui a été dit au cours des deux rencontres.  Nous n’avons pas entendu un “non” catégorique, et la plupart des préoccupations sont très gérables», a concédé Alcide Bernard, sans cependant vouloir confirmer que le comité irait de l’avant. 

Si le comité estime avoir un mandat pour continuer, des avis d’experts-conseils seraient alors sollicités pour mettre au point des modèles de taxation basés sur des chiffres réels. 

Ces chiffres serviront alors à alimenter une autre ronde de consultation, probablement à l’automne.  Aucune décision définitive ne sera prise sans que les gens soient à nouveau consultés. 




Quelque quarante personnes ont participé à la réunion du 7 juin.  De gauche à droite, Père Eddie Cormier, Darlene Arsenault et Normand Arsenault.


Une cinquantaine de personnes a participé à la réunion de consultation du 5 juin sur le projet d’incorporation d’une municipalité rurale qui engloberait l’ensemble de la région Évangéline.  Ici on voit Edna Gallant et Roger Gallant.


Alcide Bernard et Edmond Gallant.


- Par Jacinthe Laforest
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