Le 25 juillet 2017

Un vote a été exercé par les paroissiens de l’Église Saint-Alexis de Rollo Bay le dimanche 16 juillet pour décider ou loger la cloche.  L’église en question a fermé ses portes en 2015 et les fidèles se sont tournés à l’église St Mary’s de la région de Souris.

Les dernières semaines, on a beaucoup jasé, puisque le curé de la paroisse St Mary’s a offert différentes options pour une nouvelle instauration de la cloche.  Après le service à l’église St Mary’s, les anciens paroissiens de Saint-Alexis ont été appelés à voter pour différentes options.

Il y avait parmi ses options, le cimetière de la paroisse Saint Alexis, le nouveau centre scolaire et communautaire acadien et francophone de l’Est où l’école La-Belle-Cloche se situera ou de l’offrir à l’église St Mary’s.

À noter que le Comité acadien et francophone avait écrit à l’évêque, il y a plusieurs mois, pour demander qu’on loge la cloche de l’église Saint-Alexis dans l’école La-Belle-Cloche, étant donné que son histoire touchait directement les Acadiens de cette région.  «On croyait vraiment qu’il n’y aurait pas de problème, alors nous l’avions intégré dans les plans du nouveau centre scolaire et communautaire», explique Geneviève Ouellette, membre du Comité régional des Acadiens et francophones de l’Est.

Il y a eu un total de 321 votes, 252 pour le cimetière de la paroisse Saint-Alexis, 63 votes pour le Centre scolaire et communautaire acadien et francophone de l’Est et seulement 6 pour l’offrir à l’église St Mary’s.

«On comprend bien les paroissiens, ils ont voté pour garder la cloche où se retrouvent leurs ancêtres», indique Geneviève Ouellette qui était aussi paroissienne de la paroisse St Alexis.  «Plusieurs ne connaissent pas l’histoire de la cloche.  C’est certain que l’on aurait préféré que la cloche soit installée à l’école La-Belle-Cloche, encore plus que le nom de l’école porte son nom», ajoute-t-elle dans un entretien téléphonique quelques jours après le vote.

Pour un ancien paroissien de cette paroisse, Brent Chaisson, il ne comprend pas que la décision ait été aussi compliquée.  Il pense que la seule option qui avait du sens était de l’offrir à l’école La-Belle-Cloche ou plus précisément au Centre acadien et francophone de l’Est ou logera l’école.  «Dans le centre communautaire, la cloche resterait arbitrer par la communauté acadienne et francophone.  Tous auraient la chance de visiter la cloche dans ce centre incluant toutes les cultures, les religions, les orientations, etc.», indique le message de Brent sur Facebook.

Une messe a eu lieu sur le terrain de l’église St Alexis le 23 juillet ou le curé a dévoilé le choix final du vote étant le cimetière de la paroisse.

Historique de la cloche

La cloche appartenait à une église dans la localité de Saint-Pierre basée dans ce qui est connu de nos jours St Peters Harbour.  On croit que la cloche fut enfouie sous terre par des paroissiens au moment de la déportation des Acadiens de l’Île en 1758.  Elle fut déterrée en 1870 par un laboureur qui l’avait heurté avec sa charrue.  Elle servit pendant quelque temps dans une église à Morrell puis elle fut échangée pour une autre provenant de l’église Saint-Alexis.  Depuis les années 1940, une théorie indique que, puisque l’on sait qu’un fonctionnaire à Louisbourg avait demandé quatre cloches pour l’Île-Saint-Jean en 1753, la cloche en question doit être l’une de celles envoyées.  L’inscription sur la cloche indique qu’elle a été coulée en 1723.  Cette date correspond approximativement à une année avant l’inauguration des registres paroissiaux.  Plusieurs autres indices indiquent que le comté de Saint-Pierre aurait pu doter l’église du Havre-Saint-Pierre de cette cloche.  D’autres indices laissent croire que la cloche de Rollo Bay a été fournie par le comté de Saint-Pierre dès les premières années de l’établissement à l’Île-Saint-Jean.  Quoi qu’il en soit, la cloche de Rollo Bay a un passé ancien dont les racines remontent à Havre-Saint-Pierre.  C’est certes une raison suffisante pour croire que la cloche est le symbole physique le plus évocateur et significatif qui rattache les Acadiens à leurs ancêtres qui habitaient l’Île avant qu’ils en soient si tragiquement déracinés en 1758.

Après des générations d’assimilation, des mariages mixtes, la cloche est devenue un symbole religieux pour les paroissiens de Saint-Alexis.  «Ils ne réalisent pas son histoire pour les Acadiens», souligne Geneviève Ouellette.  «Ceci a été malgré la décision, vraiment positive pour le Comité des acadiens et francophones de l’Est même si la cloche ne sera pas installée à l’école La-Belle-Cloche comme on l’a souhaité, on parle de nous, ceci a aidé à faire connaître l’histoire de la cloche.   Cela a montré aux gens qu’il y a une communauté acadienne et francophone bien vivante dans notre belle région et qu’on a l’espoir que la communauté va continuer de s’épanouir davantage en français», ajoute-t-elle.  


Geneviève Ouellette, membre du Comité acadien et francophone de l’est (CAFE) est triste et déçue que le vote de son ancienne paroisse décide de placer la cloche dans le cimetière en souvenir de leurs ancêtres acadiens au lieu que sur le terrain de la nouvelle école La-Belle-Cloche, qui porte le nom de la cloche historique.  Mais, elle se dit contente que la cloche demeure à Rollo Bay.  Elle se réjouit aussi du fait que cette histoire aide à faire connaître qu’il y a une communauté acadienne et francophone bien vivante dans la région.  (Photo : Gracieuseté)


La cloche historique prise en 2004 dans le cadre des célébrations du 400e anniversaire de l’Acadie. (Photos : Archives)

- Par Marcia Enman
Banner

L'Île-du-Prince-Édouard en images