Le 13 juillet 2017

De gauche à droite, au premier rang, Geneviève Ouellette, Joyce Gill (directrice générale) et Judy Chaisson.  Au second rand, on voit Jerry Deagle, Tina Peters-White, Jennifer Allen, Suzanne Buckland, Allison Burns et Melissa MacDonald.  Ils composent le conseil d’administration du CAFE.  (Photos : Michelle Arsenault)


Le Comité acadien et francophone de l’Est, communément appelé CAFE, a vécu une période difficile durant la dernière année financière, mais depuis quelques mois, l’organisation reprend le contrôle de son fonctionnement et stabilise ses ressources humaines.

L’arrivée d’une nouvelle directrice communautaire, Joyce Gill, a donné un regain d’espoirs aux bénévoles qui menaient la barque sans permanence, après le départ de leur employée.

«J’ai appris beaucoup sur les défis que l’on vit dans les communautés où nous sommes en minorité et où il faut promouvoir notre langue et notre culture en tout temps.  À travers les organismes provinciaux, je sens un appui énorme et ceci me donne le courage de continuer mon travail dans cette belle communauté», a indiqué Joyce Gill dans son rapport livré le 6 juillet lors de l’assemblée annuelle.

Depuis son arrivée, a-t-elle mentionné, elle a rencontré des gens qui sont fiers de s’identifier comme des francophones des Acadiens et des Acadiens d’adoption.  Je comprends très bien la réalité de vivre dans un endroit où la langue et la culture est en minorité et comment c’est important de travailler pour retrouver et pour maintenir la fierté d’être Acadien et francophone, a-t-elle insisté.

La présidente de l’organisme, Suzanne Buckland, a mentionné dans son rapport que l’année 2016-2017 a été une année de préparation aux changements qui s’en viennent.  «Nous surveillons attentivement les progrès dans la construction de notre nouvelle école et notre nouveau centre scolaire et communautaire à Rollo Bay.  Le nouvel édifice va permettre à notre comité d’étendre ses ailes et de prendre son envol, pour offrir un assortiment d’activités et devenir un centre névralgique pour notre communauté.  Nous savons qu’il est très important que CAFE travaille de très près avec l’école et la Commission scolaire de langue française, pour le bien de la communauté».

Parmi les améliorations prévues dans le nouvel établissement, mentionnons une boutique, un centre d’information, un centre de la petite enfance digne de ce nom, une salle d’enseignement du français, un jardin communautaire, une salle multifonctionnelle, une cuisine et un salon communautaire.    

Un des ajouts que le comité aimerait faire à son nouvel édifice est la cloche de Rollo Bay, qui est encore installée dans le clocher de l’église Saint-Alexis de Rollo Bay, désacralisée depuis quelques années déjà.

«Nous avons fait une demande officielle pour que cette cloche nous soit donnée, pour être en montre sur notre terrain, ou à l’intérieur du centre.  C’est cette cloche qui a donné son nom à notre école et nous trouvons que ce serait très approprié qu’elle nous revienne.  Le comité responsable explore d’autres options, aussi et le vote devrait se tenir le 16 juillet prochain.  Ça serait très important pour nous», a insisté Joyce Gill, au lendemain de la réunion.    

Joyce Gill a été embauchée pour un contrat déterminé, grâce à un partenariat entre la CSLF et la Société Saint-Thomas-d’Aquin.  La présidente de l’organisme est reconnaissante à ces deux organismes pour l’aide ponctuelle et espère pouvoir recruter du personnel permanent à plus long terme.

Au chapitre des finances, la situation n’est pas désastreuse, mais n’est pas non plus la meilleure au monde.  Les dépenses de 160 000 $ ne sont pas entièrement couvertes par les revenus de 134 000 $.  Le centre de la petite enfance, Le Château des étoiles, est à lui seul responsable d’une bonne partie de ce déficit, avec des revenus de 46 000 $ pour des dépenses de 89 000 $.

Le CAFE a présenté les grandes lignes des actions et démarches qu’il propose d’entreprendre dans les prochaines années, afin de poursuivre le développement francophone dans toute la région qu’il dessert.

Une bonne partie des tâches concerne la transition vers le nouveau centre, qui devrait ouvrir vers février 2018.  On veut aussi stabiliser le personnel, organiser 12 activités prioritaires en français, et engager les jeunes.  Pour augmenter sa population francophone, le CAFE se fixe l’objectif de recruter environ 10 immigrants francophones de plus, et d’augmenter le recrutement au CPE jusqu’à 25 enfants par année.  Un objectif de 200 élèves à La-Belle-Cloche a aussi été fixé.

Afin de sensibiliser les anglophones de la région à la va-leur ajoutée de la langue française et de la culture acadienne dans la région, le CAFE propose d’organiser des activités s’adressant spécifiquement aux anglophones, et leur faire comprendre qu’ils peuvent devenir des partenaires de la communauté francophone.  


Quelques participantes à l’assemblée annuelle du CAFE le 6 juillet dernier.

- Par Jacinthe Laforest

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