Le 23 mai 2017

Martin Avery, responsable de l’entretien du Centre Belcourt, remet les clés à Dianne Young.  (Photos : Gracieuseté)

Si tout se passe selon la volonté de la nouvelle propriétaire du Centre Belcourt à Rustico, l’édifice pourrait reprendre vie très prochainement.  «J’aimerais qu’on puisse ouvrir nos portes dans six mois, au mois de novembre.  C’est un mois sombre et triste qui est difficile à traverser pour les personnes qui sont en détresse mentale», a expliqué Dianne Young.

Le fils de Dianne avait 29 ans lorsqu’il s’est enlevé la vie, un 8 novembre, il y a quelques années.  Depuis lors, elle s’est donné pour mission de faire en sorte que toutes les personnes en proie à la détresse mentale trouvent un soutien adapté à leurs besoins.  

«Mon fils était trop vieux pour certains programmes et il ne correspondait pas aux critères d’autres programmes d’aide.  Il aurait eu besoin de réhabilitation et de réinsertion sociale sur plusieurs mois et il n’y avait rien pour lui.  C’est pourquoi j’ai fondé ce nouvel organisme, et c’est pourquoi je veux créer la “Lennon Recovery House”, en mémoire de mon fils qui s’appelait Lennon».

À l’Île-du-Prince-Édouard, les opioïdes font des ravages comme partout ailleurs dans le monde, semble-t-il.  En général, pour surmonter une dépendance à un opioïde, les médecins prescrivent la méthadone.  C’est un médicament qui vient avec son lot d’effets secondaires et dont on devient aisément dépendant.   

«Je veux offrir aux personnes en détresse une solution différente, non médicamentée, et surtout, je veux leur offrir du temps pour retrouver leur dignité, leurs repères, et leur confiance en eux et dans la vie», a insisté Dianne Young.

Avant que tout cela soit possible, Dianne et son comité devront néanmoins s’occuper de considérations plus terre-à-terre, comme enlever le tapis de sur les murs des chambres au Centre Belcourt, et faire les rénovations nécessaires.  

Le Centre Belcourt appartenait au diocèse de Charlottetown, qui l’utilisait pour ses retraites.  Cependant, lorsque le diocèse a reçu un important don pour construire un centre spirituel tout neuf, l’avenir du Centre Belcourt s’est trouvé compromis.  À un moment donné il a même été question de le démolir.  

«Nous avons lutté pour conserver le Centre Belcourt», a indiqué Arthur Buote.  L’ancien enseignant a beaucoup critiqué l’évêque pour la façon dont il a mené le dossier, sans aucun égard pour la communauté acadienne de Rustico, très attachée au Centre Belcourt.  

«Je suis content que le Centre Belcourt soit sauvé.  Pour moi, c’est une bonne nouvelle.  Je suis content que le centre puisse aussi pouvoir continuer à guérir des gens, comme il le fait depuis longtemps.  C’est un endroit vraiment spécial pour nous, ici à Rustico».

Le fait que le centre se destine à accueillir des personnes en détresse ne l’inquiète pas.  «Ce n’est pas un centre de désintoxication.  Les gens qui vont venir ici seront ceux qui ont besoin de temps pour guérir, pour regagner leur autonomie et leur dignité.  J’ai vu le plan d’affaire de Dianne Young.  Il y a peut-être des gens qui craignent des ennuis, mais pas moi.  Je crois dans le projet», a indiqué Arthur Buote.  

Le Centre Belcourt a tenu son tout dernier événement le premier weekend du mois d’avril : une retraite «Matt Talbot» ouverte aux alcooliques en rémission.  


La salle à manger et les différents espaces communs sont en très bon état.

- Par Jacinthe Laforest

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