Le 10 avril 2017


Robert Gallant de Mont-Carmel pêche depuis 1982 à son propre compte, mais sa carrière de pêcheur avait commencé plus de 10 ans avant cela, quand il pêchait aux côtés de son père Adélard Gallant de Cap-Egmont.  

«J’ai commencé à pêcher avec mon père et c’est aussi avec lui que j’ai appris à fabriquer des casiers à homards.  Dans ce temps-là, on faisait tous nos filets.  Maintenant, on achète le filet déjà tout fait.  Ça sauve un peu de temps», dit Robert Gallant, accoudé sur le rebord d’un casier à homards en cours de construction, dans le sous-sol de sa maison.  

Les pêcheurs ont droit de tendre un maximum de 250 casiers à homards dans la zone 25.  Ces cages ne durent pas éternellement, surtout si elles sont faites en bois non traité, comme celles de Robert.

«Je fais les miennes en érable, ou en bouleau jaune.  Ça prend un bois dur sinon, elles dureraient encore moins longtemps.  Chaque année, je dois en remplacer de 50 à 60.  Le problème, c’est que les vers se mettent dans le bois et le grugent.  Après cinq ans, les trappes doivent être remplacées.  C’est du travail, c’est certain.  Il y en a qui les achète toutes faites, moi je préfère encore les fabriquer moi-même».

Dans le sous-sol de sa maison, Robert a mis au point sa technique au fil des années.  Il fabrique cinq trappes par semaine.    Il prépare ses matériaux, assemble les différentes parties puis, il procède à l’assemblage final, un peu comme s’il était sur une ligne de production.  

«Je trouve que ça fait bien comme cela.  Tous les pêcheurs qui fabriquent leurs cages ont une façon différente de procéder, et toutes les façons sont bonnes».

Robert Gallant se procure ce dont il a besoin au magasin de la coopérative des pêcheurs.  C’est là qu’il achète son bois, ses filets, des anneaux, et ses mécanismes d’échappement du homard et la corde de nylon dont il a besoin.  On ajoute à cela des clous en acier galvanisé et beaucoup de savoir-faire, et on obtient des casiers à homards.

«Mes cages mesurent 30 pouces sur 48 pouces, sur 17 pouces.  C’est dans la moyenne.  Je mets deux anneaux de 6 pouces pour laisser entrer les homards et dans l’autre partie de la cage, je place une sorte d’entonnoir en filet pour empêcher les homards de sortir.  C’est dans cette partie de la cage que je place le mécanisme d’échappement pour que les homards trop petits puissent sortir.  La loi nous oblige à placer ce mécanisme», a expliqué Robert Gallant.  

Évidemment, la pêche au homard est régie par la loi.  La grosseur des anneaux de capture ne doit pas dépasser 6 pouces de diamètre.  De cette façon, les très gros homards ne sont pas capturés et continuent de se reproduire.  

Robert Gallant estime qu’il lui faut cinq heures pour fabriquer une trappe du début à la fin, et que chaque trappe lui coûte environ 50 $ en matériel.  



Robert Gallant a installé son atelier dans le sous-sol de sa maison.   C’est là qu’il fabrique ses trappes à homards durant l’hiver.


Robert Gallant utilise un fusil à clous à air comprimé pour travailler plus vite.  



Les anneaux de capture ne peuvent pas mesurer plus de six pouces de diamètre.


Le mécanisme d’échappement des petits homards est obligatoire.

- Par Jacinthe Laforest
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