Le 15 février 2017

De gauche à droite, Patrice Gauthier, consultant pour le Réseau de développement économique et d’employabilité (RDÉE) Canada, Richard Vaillantcourt de la Commission nationale des parents francophones, Anastasia DesRoches, directrice de la Fédération des parents de l’Î.-P.-É., son homologue de la Nouvelle-Écosse, Pierre Lebreton, et Lisette Arseneau-Wedge, directrice de l’Association des centres de la petite enfance francophones.  


Nos centres de la petite enfance, du moins à l’Île-du-Prince-Édouard, sont des organes vitaux indispensables à la survie et la croissance de notre communauté acadienne et francophone.  

«On ne les voit pas comme des entreprises.  On les voit comme un service essentiel et pas comme un domaine d’affaires.  Pourtant, pour rester ouverts, nos centres de la petite enfance ont besoin d’être rentables et d’être gérés comme des entreprises.  Pour nous, c’est une nouvelle façon de fonctionner», a expliqué Anastasia DesRoches, directrice générale de la Fédération des parents de l’Île-du-Prince-Édouard. 

Pour développer cette nouvelle façon de fonctionner, deux grands organismes nationaux, ayant des mandats différents, ont décidé de travailler ensemble.  RDÉE Canada, dont l’expertise est la gestion et le développement économique, et la Commission nationale des parents francophones, dont l’expertise est l’appui aux parents, ont signé un protocole pour formaliser leur volonté de travailler ensemble.  

«Au cours des derniers mois, Richard Vaillancourt de la CNPF, et moi-même, consultant en économie pour RDÉE Canada, avons appris à parler le même langage, alors qu’auparavant, on travaillait plutôt en silo», a expliqué Patrice Gauthier.  

En faisant cela, ils ont constaté que les garderies et les centres de la petite enfance étaient en fait des moteurs économiques.  Ils créent des emplois, en français, souvent dans les communautés rurales.  Grâce à ce service, des parents peuvent aller travailler et contribuer ainsi à l’économie, etc.  

«C’est tellement vrai qu’après les feux de forêt en Alberta, une des premières choses qu’ils ont remises en place était le système de garde de la petite enfance.  Ils avaient besoin de ça pour remettre les gens au travail.  Les CPE servent à alimenter nos écoles, mais ils sont aussi cruciaux pour l’économie.  On a besoin de valoriser leur apport économique», a indiqué Patrice Gauthier.  

Richard Vaillantcourt et Patrice Gauthier étaient tous deux à l’Île-du-Prince-Édouard récemment, pour une session de travail avec la Fédération des parents et le CAPEF, le Comité d’action pour la petite enfance francophone.  

«Je les ai invités pour qu’on puisse travailler ensemble et essayer de trouver des façons de mettre en pratique de nouvelles stratégies, de nouvelles façons de travailler.  Nous voulons stabiliser nos centres, et développer nos services de garde pour être en mesure d’accepter tous nos ayants droit dans nos centres», a indiqué Anastasia DesRoches.  

Les défis sont les mêmes à la grandeur du pays, à peu de choses près.  Le recrutement et la rétention sont en haut de la liste, mais il y a aussi le manque d’espaces et des règlements provinciaux mal adaptés aux réalités francophones.  

Concernant le recrutement, il pourrait se produire une percée d’ici quelques semaines voire, quelques mois.  RDÉE Î.-P.-É. et la Coopérative d’intégration francophone ont présenté une liste d’emplois disponibles en petite enfance lors de l’événement d’immigration Destination Canada de l’automne 2016 et selon les informations disponibles, il y aurait jusqu’à 20 candidats ou candidates prêts à immigrer au Canada pour venir travailler en petite enfance à l’Île-du-Prince-Édouard.  

Cet exemple illustre bien les avantages à travailler non pas en silo, mais plutôt de manière transversale, pour exploiter les compétences de chacun afin de les mettre au service de la petite enfance.  

L’initiative nationale de l’entrepreneuriat au service de la petite enfance est relativement récente, et elle va se poursuivre au cours des prochains mois et même des prochaines années, grâce au protocole d’entente qui lie les deux organismes nationaux officiellement depuis l’automne dernier.  

- Par Jacinthe Laforest
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