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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 4 décembre 2018

De gauche à droite, Mathilde Hountchegnon et Safiatou Diallo (CliquezJustice.ca), Amy Richard (RDÉE), Mélissa Martel (JAFLIPE) et Johanna Venturini (SSTA).


En matière de droits et d’obligations, des domaines comme l’emploi, le logement, la consommation et la famille restent encore méconnus du grand public.  On s’y penche en cas de problème, mais c’est souvent trop peu, trop tard.  Le site web «CliquezJustice.ca» se veut une solution au manque d’accès à l’information juridique en français. 

«Quand on comprend le système et que l’on connaît ses droits, on peut faire plusieurs gains et parfois même éviter l’embauche d’un avocat», constate la gestionnaire et éditrice en chef du projet, Safiatou Diallo. 

Elle-même et la gestionnaire des communications, Mathilde Hountchégnon, étaient en tournée dans les Maritimes la semaine dernière, pour présenter à divers organismes la plateforme web qui existe depuis 2012.  Lors de la présentation à Summerside, pratiquement aucun des représentants ne connaissait l’outil, mais plusieurs ont approuvé son utilité.

Sur le site web, une section consacrée à chaque province propose des ressources locales.  «On essaye de travailler autant que possible en partenariat avec les organismes communautaires, qui font souvent affaire avec du juridique», explique Safiatou Diallo.  Récemment de retour d’un voyage dans l’Ouest, elle constate qu’il est important de rencontrer en personne les usagers potentiels du site web, afin de leur présenter ses diverses fonctions.   


Prévenir plutôt que guérir

L’outil n’offre pas de conseils juridiques, tient à préciser Safiatou Diallo.  «On est vraiment axés sur l’éducation.  On a des ressources pour les enseignants, une section pour les jeunes, et même une série de vidéos sur des sujets précis comme le sextage et la pension alimentaire, par exemple».

À la Société Saint-Thomas-d’Aquin (SSTA), on se réjouit de ces outils de sensibilisation.  «Dans le cadre de notre 100e anniversaire, on aimerait recontacter les responsables du site pour mettre sur pied une activité d’éducation populaire», prévoit la gestionnaire des communications de l’organisme, Johanna Venturini. 

Celle-ci est bien au fait du manque de ressources juridiques francophones sur l’Île.  «C’est un secteur négligé, parce qu’il n’y a pas de financement et qu’on n’a pas de spécialistes.  Mais c’est dommage parce qu’il y a peut-être des situations illégales dont on n’est pas au courant», déplore-t-elle. 

L’Association d’information juridique communautaire (CLIA) de l’Î.-P.-É. possède bien une section en français sur son site web, mais encore une fois, ce sont des renseignements généraux plutôt que des conseils juridiques.  «On connaît quelques avocats francophones sur l’Île, mais ils n’affichent pas nécessairement qu’ils parlent français sur leur site web», déplore la directrice du CLIA, Ellen Mullaly.  L’organisme peut parfois recommander un avocat en cas de besoin. 

Environ 70 demandes d’information de clients en français, par téléphone ou courriel, ont été comptabilisées pour l’année financière 2017-2018.

Les professionnels sont aussi recensés sur le site web de la «Law society of Prince Edward Island», mais encore une fois, aucune mention des francophones.  «La plupart du temps, les gens vont trouver leur avocat par le bouche-à-oreille», constate Ellen Mullaly, qui connaît bien «CliquezJustice.ca» et partage des ressources avec ses responsables. 

«On a souvent peur de ce qui touche au juridique, et c’est pour surmonter cet obstacle que “CliquezJustice.ca” a été mis sur pied.  En éduquant, en outillant, on espère désengorger un peu le système juridique et permettre à la population de mieux défendre ses droits», explique Safiatou Diallo. 

Le projet est une initiative de l’Association des juristes d’expression française de l’Ontario (AJEFO), l’une des sept branches de la Fédération des associations de juristes d’expression française de «common law» (FAJEF).  La branche la plus proche de l’Île-du-Prince-Édouard se trouve au Nouveau-Brunswick. 

Quelques représentants d’organismes de l’Île ont assisté à la présentation jeudi dernier, au Centre Belle-Alliance.  (Photos : Ericka Muzzo) 



- Par Ericka Muzzo

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