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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 3 avril 2018

Plusieurs intervenants intéressés par l’annonce du plan d’action le mercredi 28 mars, dont la Fédération de la jeunesse canadienne-française et la Fédération des communautés francophones et acadienne. (Facebook melanie.joly.965)

Le Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023 : Investir dans notre avenir, a été dévoilé le mercredi 28 mars à Ottawa.  Le plan repose sur trois piliers: 

1- renforcer les communautés;

2- améliorer l’accès aux services et:

3- promouvoir un Canada bilingue. 

Avec 2,7 milliards de dollars investis sur cinq ans, il constitue ainsi le plus gros effort fédéral depuis 2003, soutient la ministre responsable, Mélanie Joly.  Le tout avec un accent porté sur l’immigration francophone, l’accroissement du bilinguisme, et la mise en avant d’un «par et pour» les communautés.

En plus de poursuivre les investissements courants en appui aux langues officielles engagés depuis 2003, le nouveau Plan d’action prévoit 500 millions de dollars supplémentaires pour les cinq prochaines années. 

«On parle au total de 2,7 milliards investis», a présenté Mélanie Joly.  La somme additionnelle inclut les 400 millions proposés dans le budget de 2018, surenchéris des initiatives récentes telles que l’investissement dans les infrastructures éducatives communautaires.

«Nous avons entendu le cri du cœur des organismes», a lancé la ministre pour commenter ce budget généreux.  Dans un discours ponctué d’applaudissements, la ministre du Patrimoine canadien a listé les  mesures en soutien aux communautés : 

• aide à la petite enfance; 

• réponse à la demande d’enseignantes et d’enseignants de français; 

• investissement dans les infrastructures éducatives;

• lancement d’un outil en ligne d’apprentissage; 

• soutien au caractère bilingue de la capitale; 

• stratégie nationale d’immigration francophone; et

• appui aux médias en situation minoritaire, «pour leur permettre de continuer à être le vecteur de l’identité des communautés».

«Aujourd’hui, nous réitérons l’un des principes fondamentaux de notre contrat social : la dualité linguistique», a déclaré la ministre. 

Se décrivant comme «témoin privilégié de la vitalité des communautés de minorité de langue officielle», la ministre du Patrimoine canadien a assuré reconnaître les nouvelles réalités des communautés et vouloir répondre à ces «tendances préoccupantes» évoquées précédemment et révélées par le Recensement de 2016. 

Parmi les tendances préoccupantes figure la baisse du poids démographique relatif des francophones à l’extérieur du Québec qui passerait de 3,8 % en 2016 à 3,0 % en 2036, contre 6,1 % en 1971.  Mélanie Joly souhaite ainsi rétablir la proportion de francophones vivant en milieu minoritaire à 4 % d’ici 2036. 

D’autre part, la ministre entend lutter contre le faible taux de bilinguisme à l’extérieur du Québec, de seulement 6,8 % en 2016 et prévu à 6,7 % en 2036.  L’objectif fixé est d’atteindre 9 % d’ici 2036.  «Nous voulons une francophonie canadienne forte et un Canada bilingue», a-t-elle résumé. 

«Par et pour» les communautés

Le premier ministre Justin Trudeau, qui participait lui aussi à l’annonce aux côtés de la ministre Joly, a également insisté sur le fait que cet argent serait investi directement dans les communautés, «car elles savent mieux que personne quels sont leurs besoins et défis». 

Le Plan d’action aurait ainsi été conçu «par et pour» les communautés.

Mélanie Joly a répondu à de nombreuses questions sur l’immigration francophone.  Elle a alors précisé qu’il s’agira «d’aider à la promotion à l’étranger, à l’accueil et finalement à l’intégration et à la rétention».  Elle a ajouté que l’immigration francophone était la clé face au vieillissement des communautés linguistiques.  Le fédéral maintient l’objectif de faire passer la proportion d’immigrants francophones hors Québec à 4,4 % d’ici 2023.

Quant à la lutte contre le bilinguisme stagnant, Mélanie Joly a confirmé qu’elle miserait sur les professeurs de français, «avec davantage de formations et d’échanges» pour répondre à la grande demande.  L’outil en ligne d’apprentissage permettra en outre d’accroître l’accès aux deux langues officielles.

La ministre a aussi réitéré le concept du «par et pour» les communautés, «au cœur même du Plan d’action».  Elle a d’ailleurs fait référence aux consultations et au travail de collaboration mis en œuvre par le gouvernement.

Partout dans le Canada, les dirigeants communautaires en milieu minoritaire attendaient l’annonce avec impatience.  À l’Île-du-Prince-Édouard, la Société Saint-Thomas-d’Aquin a salué le nouveau Plan d’action. 

«Après plus d’une décennie sans réelles considérations pour les langues officielles et les communautés en situation minoritaire, le dévoilement du nouveau Plan d’action et ses 2,7 milliards de dollars d’investissements dans les langues officielles est une vraie bonne nouvelle.  Le dévoilement des 30 nouvelles mesures, comprenant des financements supplémentaires pour la petite enfance, ou l’immigration francophone notamment, tout cela montre que le gouvernement fédéral a enfin entendu nos réclamations», a indiqué le président de l’organisme, Guy Labonté. 

- Par Francopresse et JL
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