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Le 7 mars 2018
Le budget déposé aux Communes le 27 février accorde plus d’attention qu’auparavant aux médias communautaires locaux.  Cela fait plaisir à la directrice de La Voix acadienne, Marcia Enman.  «Quand on mentionne les journaux dans un budget fédéral, c’est important.  Ça veut dire qu’on a été entendus et qu’on reconnaît que les journaux sont essentiels pour les communautés», a indiqué la directrice de l’hebdomadaire fondé en 1975.  

Deux initiatives figurant au budget 2018 semblent viser un soutien aux médias locaux.  La première initiative consiste en une aide nationale de 50 millions sur cinq ans pour appuyer le journalisme local, peu importe qu’il soit en milieu minoritaire ou majoritaire. 

L’autre mesure vise spécifiquement les médias en milieu minoritaire dans le cadre du Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023, qui a été renouvelé, et qui comprend des modalités pour aider les médias en milieu minoritaire. 

L’approche fédérale en matière d’aide aux médias rassure Marie Hélène Eddie, doctorante en sociologie à l’Université d’Ottawa, qui étudie le journalisme au sein des minorités de langue officielle.

«On sait que tous les médias sont dans une situation difficile, mais que les médias en milieu minoritaire sont dans une situation particulièrement délicate.  Le gouvernement semble comprendre l’urgence de la situation que l’aide n’a pas besoin de viser tous les médias de façon égale», indique la chercheuse.

La répartition des sommes promises dans le plan d’action sur les langues officielles devrait être dévoilée plus tard en mars.  «On attend avec impatience d’en savoir plus.  Je peux juste signaler que le besoin est pressant», conclut la directrice de La Voix acadienne.

Selon le budget Morneau, les 10 millions par année dispensés à l’échelle nationale seront versés à une ou plusieurs organisations non gouvernementales indépendantes qui soutiendront le journalisme local dans les communautés mal desservies.  Il pourrait s’agir de nouveaux moyens, pour les journaux, d’innover et d’obtenir le statut d’organisme de bienfaisance en tant que fournisseur de journalisme à but non lucratif, compte tenu de leurs services dans l’intérêt du public. 

Marie Hélène Eddie est favorable à l’idée que l’aide transite par des structures indépendantes.  «Le gouvernement avait suggéré qu’il ne financerait pas les modèles qui ne sont pas viables, cela avait beaucoup inquiété les médias, pour qui le virage numérique n’est pas rentable, du moins pour le moment». 

Que le fédéral accorde de l’argent par le biais de tiers, soutient-elle, signifie notamment que «les médias perçus comme ayant du mal à s’adapter ne seront pas pénalisés».

La chercheuse déplore qu’Ottawa n’ait pas retenu les solutions proposées par les groupes de presse.  «On ne parle pas du fonds d’aide aux périodiques, ni du crédit d’impôt qui bénéficie aux géants comme Facebook et Google, ni des publicités fédérales, toutes des mesures proposées par les médias pour remédier à la situation».

Le président de l’Association de la presse francophone, Francis Sonier, déplore que la question des annonces fédérales n’ait pas été mentionnée.  «C’est essentiel pour les journaux et c’est une question qu’on va continuer à soulever». 

- Par Jean-Pierre Dubé (Francopresse)
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