Le 13 février 2018


La Commission sur les délimitations des circonscriptions électorales a reçu le mandat très clair et très limité de dessiner une carte électorale qui pourrait répartir les quelque 100 000 électeurs de l’Île de façon équitable dans 18 districts électoraux. 

La semaine dernière, la Commission a dévoilé deux modèles afin d’alimenter la discussion lors des réunions publiques, qui vont se poursuivre durant tout le mois de février. 

Sur le modèle 1, les 18 districts ont été délimités en tenant compte presque exclusivement de la répartition numérique.  Le second modèle tient un peu plus compte des communautés d’intérêts. 

Le district d’Évangéline-Miscouche est particulièrement intéressant, en cela que sur les deux modèles, la Commission a respecté le caractère particulier de cette communauté.  Le juge Gerard Mitchell, qui préside la commission, a insisté sur le fait que le député élu dans cette circonscription est non seulement vu comme député local, mais aussi comme porte-parole de tous les Acadiens et francophones de l’Île-du-Prince-Édouard. 

Peu importe qu’on regarde le modèle 1 ou le modèle 2, un détail saute aux yeux: la grandeur des districts ruraux par rapport aux districts urbains, en raison de la densité de population.  À Charlottetown, par exemple, il y a cinq districts collés les uns sur les autres. 

Cela paraît normal, mais Darcy Lanthier n’est pas 100 % d’accord avec le concept.  «Vous savez, dans les villes, il y a des municipalités qui gèrent une partie des ressources.  Il y a plusieurs paliers de pouvoir auxquels les gens peuvent s’adresser pour de l’aide.  Les services sont plus facilement accessibles, et ils sont plus nombreux.  En milieu rural, notre député est notre seul point de contact avec le pouvoir.  Je trouve que pour cette raison, ça serait acceptable d’agrandir les districts urbains, en superficie, et de réduire la superficie des districts ruraux», a indiqué Darcy Lanthier. 

Elle trouverait étrange d’avoir un député qui habite à Saint-Peters, par exemple, alors qu’elle habite à 10 km à vélo de Province House. 

Ses propos ont été bien accueillis en général.  Le président de la Commission a même soutenu que les députés en milieu rural avaient besoin de déployer plus d’efforts pour rejoindre leur population, alors qu’en ville, ils sont tous relativement proches. 

Richard Brown, qui est justement député d’un district de Charlottetown, a contesté l’idée que les députés en milieu rural travaillaient plus fort que les députés en milieu urbain.  «Le type de demandes n’est peut-être pas le même, mais nos gens ont eux aussi des besoins pressants de logement, de soins de santé, d’éducation, etc.  Les députés urbains travaillent aussi fort que les autres», a-t-il soutenu, déclenchant une vague de murmures dans la salle, par ailleurs, assez bien garnie. 

Il faut se souvenir que durant les semaines qui avaient précédé le plébiscite de 2016, des réunions publiques avaient attiré très peu de gens.  La nouvelle campagne semble avoir plus de succès. 

Rappelons aussi que le système mixte avec compensation proportionnelle prévoit neuf députés de listes, élus pour représenter l’ensemble de l’Île-du-Prince-Édouard et pour rééquilibrer l’écart entre le nombre de députés par rapport au vote populaire. 

La prochaine réunion publique de consultation sera le 15 février à l’école Athena à Summerside.  Cette réunion sera bilingue. 


Le juge à la retraite Gerard Mitchell (au centre) est le président de la Commission sur les délimitations des circonscriptions électorales.



- Par Jacinthe Laforest

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