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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 19 décembre 2017

De gauche à droite : Donald DesRoches (président du Collège de l’Île), Zaïn Esseghaïer (baccalauréat en enseignement du français langue seconde), Kelly Allen (enseignante du français de base), Ron MacDonald (doyen de la faculté d’éducation à UPEI), Aubrey Cormier (directeur général de la SSTA), Gail Lecky (directrice de CPF), Deneen Gallant-Norring (direction des écoles publiques), Diane Arsenault (directrice du Secrétariat aux Affaires acadiennes et francophones), Jacinthe Lemire (directrice de la CIFÎPÉ), Sheri Brumsey (agente de projet à CPF), René Hurtubise (ministère de l’Éducation) et Robert Maddix (RDÉE Î.-P.-É.).  Ils font tous partie du Réseau pour le français à l’Île. 


Le Réseau pour le français à l’Île, dont le nom anglais sera PEI French Network, a été officiellement lancé le mardi 12 décembre à Charlottetown.  Pour Donald DesRoches, président du Collège de l’Île, ce nouveau groupe pourrait «façonner le visage de la province pendant les années à venir». 

Et, il n’est pas le seul de cet avis.  «Je pense que nous avions besoin de créer ce réseau.  Nous voyons tous le potentiel d’un mécanisme de collaboration accrue.  Nous avons des intérêts communs», a indiqué en entrevue le doyen de la Faculté d’éducation de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard, Ron MacDonald. 

«La mise sur pied de ce Réseau est le résultat d’un rêve que partagent plusieurs partenaires.  Mon rêve à moi, c’est que grâce à ce réseau, ma faculté pourra former encore plus de futurs enseignants très compétents en français», a souligné Ron MacDonald. 

Pour Donald DesRoches, il est devenu évident pour les partenaires que tous avaient quelque chose à gagner dans une collaboration plus structurée.  «Nous au Collège, nous voulons plus d’étudiants, l’université veut plus d’étudiants, les soins de santé veulent des candidats bilingues, nos écoles veulent des enseignants et des suppléants, la communauté francophoneveut croître et s’agrandir, le public veut de meilleurs services.  Ce Réseau va permettre, à court terme, un échange d’information et à long terme, une transformation de la place qu’occupe le français à l’Île».

Donald DesRoches va plus loin dans son analyse du potentiel de ce réseau.  L’Île-du-Prince-Édouard est déjà l’une des provinces les plus bilingues au Canada, par contre, recensement après recensement, le taux de bilinguisme reste sensiblement le même.  Si on considère que cinq cohortes de diplômés des écoles françaises et des programmes d’immersion séparent chaque recensement, la proportion devrait augmenter plus rapidement.  «Pourquoi? Parce que les diplômés de l’immersion cochent la case bilingue du recensement qui suit leur graduation, mais cinq ans plus tard, ils ne se considéraient plus bilingues.  Ils n’ont pas maintenu leur français.  Je suis convaincu qu’après avoir travaillé si fort pour améliorer leur français, ils seraient contents de maintenir leurs acquis, lors de leurs études à l’université ou au collège», soutient Donald DesRoches. 

Jacinthe Lemire, directrice générale de la Coopérative d’intégration francophone voit elle aussi d’un bon œil la formation de ce nouveau réseau.  «Ce Réseau va être utile dans le volet croissance démographique de notre mandat à la CIF, une croissance qui passe par l’intégration de la francophilie», a indiqué Jacinthe Lemire.  Par ailleurs, à titre de présidente du Comité consultatif de la communauté acadienne et francophone de l’Île, Jacinthe Lemire ne peut que se réjouir de la mise sur pied de ce nouvel instrument de croissance de la langue française à l’Île. 

Même si le Réseau pour le français à l’Île vient juste d’être lancé, l’idée remonte à quelques années déjà.  En 2015, Canadian Parents For French, la Faculté d’Éducation de UPEI et d’autres partenaires, s’étaient réunis dans un symposium intitulé: «The Consultation on Culture and Language Learning 2015: Perspective for the Future».

«Lors des rencontres de planification de ce symposium, c’est devenu évident que nous avions des objectifs communs et que ce symposium ne serait pas l’aboutissement de notre collaboration, mais plutôt son début.  Cela a pris un peu de temps, mais finalement nous avons, je pense, une structure qui nous permet de mieux appuyer l’apprentissage et le maintien du français à l’Île», a indiqué Gail Lecky, directrice générale de Canadian Parents for French, lors du lancement.

Le Réseau pour le français à l’Île compte présentement un certain nombre de partenaires.  Outre ceux déjà nommés, on trouve aussi la Société Saint-Thomas-d’Aquin, Holland College et la division des services et programmes français du ministère de l’Éducation.  D’autres organismes pourraient, éventuellement, se joindre au Réseau.  «Nous accueillerons tous les partenaires qui pensent pouvoir profiter de leur participation au Réseau.  La beauté des réseaux, c’est que tous les membres n’ont pas besoin de travailler sur tous les projets en même temps.  Deux ou trois membres peuvent travailler sur un projet tandis que d’autres explorent des options différentes.  Et nous allons nous rencontrer seulement deux ou trois fois par année», a indiqué Donald DesRoches. 

La première rencontre officielle du Réseau aura lieu en janvier.  On devrait à ce moment-là, être en mesure d’adopter des statuts et règlements.  Toutes les personnes intéressées y seront les bienvenues.  Plus tard, en février, le Réseau va tenir une consultation dans le but de se doter d’un plan d’action.  Les membres du Réseau seront consultés, mais aussi, d’autres intervenants souhaitant enrichir la discussion. 

- Par Jacinthe Laforest

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