Le 7 septembre 2017


La directrice générale de Cap enfants, le seul centre de ressources familiales francophone à l’Île, Janine Gallant, est restée sur un nuage de bonheur pendant plusieurs heures, le mardi 29 août.  Pourquoi? Parce qu’elle a appris ce matin-là que son organisme avait reçu du financement sur trois ans pour réaliser un important projet intitulé « Dès la naissance ». 

« J’ai reçu l’invitation pour la conférence de presse et j’y suis allée, sans savoir que notre projet était approuvé.  C’est un projet dans lequel on met beaucoup d’espoir pour joindre les parents, dès la naissance de leur enfant, peu importe que ce soit le premier, le deuxième ou le troisième, et peu importe leurs origines linguistiques et culturelles », a expliqué Janine Gallant, encore chavirée par l’émotion qu’elle ressentait. 

Pour Cap enfants, l’importance de joindre les parents dès l’arrivée d’un enfant dans la famille était évidente, mais la façon de faire devait être la bonne.  « Nous travaillons sur ce projet depuis presque deux ans.  Nous avons reçu du financement de Patrimoine canadien pour faire une étude.  Nous avons confié le mandat au Groupe Lowther, et la propriétaire, Linda, a répondu à toutes nos attentes et plus encore.  C’est en grande partie grâce à son travail que nous avons reçu le financement et que nous pourrons avancer », a précisé Janine Gallant. 

Le contact initial avec les parents se fera par l’entremise de toutes les infirmières de santé publique à l’Î.-P.-É., lors de la visite qu’elles effectuent au domicile des familles qui accueillent un nouveau poupon. 

«Les infirmières auront le mandat de poser quelques questions, une ou deux, pour tester l’intérêt des parents à en apprendre plus sur d’éventuels services en français.  On ne veut pas accabler les parents avec trop d’information, mais en même temps, c’est tellement important d’intervenir tôt», soutient Janine Gallant.

Les infirmières de santé publique distribueront aussi des informations écrites aux parents.  Lorsqu’elles constateront l’intérêt des parents, elles pourront soumettre leurs coordonnées directement à Cap enfants, qui prendra le relai et assurera les suivis. 

Une des raisons pour lesquelles c’est important d’intervenir tôt, surtout dans les foyers où les parents sont bilingues (anglais et français), c’est à cause du « langage d’amour ». 

« C’est prouvé qu’une fois que le langage d’amour est établi dans une certaine langue, c’est difficile à changer, plus tard.  Nous voulons encourager les parents qui parlent français à créer ce lien en français avec leurs enfants.  Le parent qui ne parle pas français, le cas échéant, peut lui aussi, avoir son langage d’amour dans sa propre langue.  Et l’enfant apprend les deux langues en même temps ».

Le financement reçu par Cap enfants est de 60 000 $ par année pendant trois ans, pour un total de 180 000 $.  Cet argent va permettre d’embaucher une personne à temps plein, et va aussi aider Cap enfants à consolider ses activités. 

« Ça fait 22 ans qu’on existe et on reçoit toujours le même financement, même si tous nos coûts augmentent, et même si notre mandat provincial exige plus de ressources que si nous étions un organisme régional, comme les autres centres de ressources anglophones de l’Île.  Ce financement est donc très important pour nous ».

Le financement pour « Dès la naissance » a été confirmé par la signature d’un accord bilatéral sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants conclu le 29 août à Charlottetown. 

L’accord prévoit l’octroi de 10,5 millions de dollars sur trois ans à l’Île-du-Prince-Édouard pour l’apprentissage et la garde des jeunes enfants.  Ce financement servira principalement à améliorer l’accès à des services d’apprentissage et de garde pour les enfants vulnérables, comme les nourrissons, les enfants d’âge préscolaire et les enfants dont les parents ont un emploi saisonnier ou un horaire par quarts, de même que pour les groupes sous-desservis, dont les familles de nouveaux arrivants, et les collectivités acadiennes et francophones. 

Les fonds serviront aussi à la formation professionnelle d’éducateurs de la petite enfance dans le but d’améliorer la qualité et la richesse des expériences pour les enfants.

L’accord bilatéral de trois ans s’inscrit dans un cadre de financement de 7,5 milliards de dollars sur 11 ans, annoncé en juin dernier. 


Cap enfants a développé une magnifique trousse de ressources à donner aux nouveaux parents.

- Par Jacinthe Laforest
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