Le 20 juin 2017
Avant la fin de 2022, d’ici cinq ans, l’Île-du-Prince-Édouard vise une population de 160 000 personnes, soit une augmentation d’environ 25 000 personnes.  Pour atteindre cet objectif, le gouvernement a élaboré un plan d’action qui s’active autour de trois résultats : le recrutement, la rétention et le rapatriement.  «La petite population de notre province est notre force.  Elle nous permet de travailler en étroite collaboration afin de faire plus de choses, et de bien les faire, comparativement à de plus grandes régions», a soutenu le premier ministre Wade MacLauchlan, lors du dévoilement du plan d’action.  

Selon lui, cependant, il est essentiel de reconnaître nos défis d’ordre démographique, si nous voulons conserver notre prospérité et notre qualité de vie.

Conjointement avec des partenaires fédéraux et municipaux, des entreprises privées, des organisations communautaires et des dirigeants locaux, le plan d’action pour la population trace la voie à suivre afin d’augmenter la population ainsi qu’élargir la gamme de compétences et de possibilités de tous les Insulaires.

Le plan d’action, qui est disponible en ligne, seulement en anglais, comporte une liste d’actions clés dans le domaine du recrutement.   Ces actions incluent des efforts spécifiques pour augmenter la population francophone, «en collaboration avec la Coopérative d’intégration francophone et autres intervenants pour attirer un plus grand nombre de francophones d’outremer et d’ailleurs au Canada», dit le plan d’action.  

La Coopérative d’intégration francophone (CIF) s’est réjouie en apprenant le lancement de la nouvelle stratégie provinciale, en même temps que tout le monde, le 25 mai dernier.  

«C’est une belle nouvelle de voir que le gouvernement a une priorité de croissance démographique à l’Île.  Ils parlent de prioriser la ruralité.  Pour nous c’est parfait, car ça va en plein en ligne avec notre programme AgriInterCulture», a indiqué la directrice générale de la CIF, Jacinthe Lemire.  

La CIF a un très large mandat de croissance démographique pour la francophonie de l’Île-du-Prince-Édouard, un mandat qu’elle remplit par ses efforts en immigration, mais également, dans des initiatives comme la série de vidéos «J’explore» qui visent à démystifier l’appartenance à la communauté francophone insulaire.  

Dans le domaine de la rétention, le plan propose de mettre en place un «programme d’avantages» pour inciter les diplômés de UPEI, Holland College et Collège de l’Île, à rester à l’Île après leurs études.  

En ce qui concerne le rapatriement, la province veut créer un programme d’ambassadeurs, et encourager les communautés à piloter des initiatives visant à établir ou à rétablir le contact avec des «expatriés».  

Dans le domaine du rapatriement, RDÉE Île-du-Prince-Édouard est un précurseur, avec son programme PERCÉ.  Jeannette Arsenault, présidente du conseil d’administration de RDÉE, considère que l’organisme fait sa grosse part pour donner aux jeunes des raisons de revenir travailler et vivre à l’Île-du-Prince-Édouard.  «Nous travaillons très bien avec le gouvernement provincial ainsi qu’avec le gouvernement fédéral, pour notre projet PERCÉ, mais aussi pour notre programme LIENS, en immigration.  Ce sont deux programmes qui ont beaucoup de succès et qui contribuent à soutenir la croissance démographique à l’Île, en particulier dans nos collectivités francophones», a indiqué Jeannette Arsenault.  

Un autre aspect du plan d’action de la province concerne le rôle que jouent les agences de recrutement dans le processus de nominations provincial.  Le gouvernement propose une révision de ce processus, et prévoit annoncer des changements privilégiant les immigrants qui désirent s’établir dans les régions rurales, dès cet automne.

En attendant, une demande de propositions sera lancée au cours des prochains mois afin de trouver des agents insulaires qui travailleront à l’étranger pour promouvoir l’Île-du-Prince-Édouard comme endroit où faire des affaires et pour guider les immigrants qualifiés potentiels dans le processus d’immigration. 

Jacinthe Lemire, à la CIF, accueille de façon positive l’idée de trouver de nouveaux agents recruteurs et de leur donner des lignes directrices plus précises.  Mais elle n’est pas complètement rassurée, car elle se doute bien qu’aucun agent ne sera francophone.  «J’ignore comment les francophones seront représentés et s’ils seront même représentés.  La CIF devra s’assurer que les agents seront formés et sensibilisés et qu’ils seront bien informés de nos besoins en main-d’œuvre, de nos défis de croissance démographique, etc.», ajoute Jacinthe Lemire.  

Le ministre de la Main-d’œuvre et des Études supérieures, Sonny Gallant, a confiance que les changements apportés au processus de recrutement des immigrants aideront à augmenter notre population.  «Cela va attirer plus de nouveaux arrivants qui ont l’intention de se lancer en affaires dans les régions rurales ou qui possèdent les compétences dont notre population active provinciale a besoin.  La rétention des nouveaux arrivants et des Prince-Édouardiens est aussi très importante pour que notre main-d’œuvre soit prête en vue des emplois et des perspectives économiques de l’avenir», a indiqué le ministre Gallant.   

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