Le 17 mai 2017

La circonscription d’Évangéline-Miscouche sera étendue vers le nord et vers l’est pour intégrer environ 275 électeurs de plus.  La ligne noire indique les anciennes frontières de la circonscription, tandis que les zones encerclées indique les nouvelles frontières qui sont désormais en vigueur.

La Commission sur les limites des circonscriptions électorales a redécoupé la circonscription d’Évangéline-Miscouche.  La nouvelle frontière inclut maintenant tout Harmony, Victoria West et Spring Hill ainsi que le village de Linkletter pour ajouter environ 275 électeurs.  C’est suffisant pour que le nombre d’électeurs du district 24 se situe à l’intérieur de la variante légale de +-25 % de la moyenne provinciale, sans diluer outre mesure le vote acadien et francophone.  

La Société Saint-Thomas-d’Aquin (SSTA), qui avait demandé à ce que la circonscription d’Évangéline-Miscouche ne soit pas modifiée, n’est pas contente à 100 % de la décision, mais le président, Guy Labonté, croit que la Commission a entendu les arguments.  «Je pense que le juge Mitchell, qui présidait la Commission, était à l’écoute et qu’il nous a entendus», a indiqué M. Labonté.  

En effet, dans son rapport, la Commission reconnaît le double rôle que joue l’élu dans la circonscription 24.  «En plus de son rôle de député dans son propre district, il devient aussi le porte-parole en Chambre des autres communautés acadiennes et francophones à l’Île-du-Prince-Édouard.  Les Acadiens de l’ensemble de la province comptent sur le député d’Évangéline-Miscouche pour qu’il contribue à la protection de la langue, de la culture et des traditions», peut-on lire dans ce rapport, daté du 5 mai.  

C’est pourquoi la Commission a décidé de permettre dans ce district un taux de variance de -21,9 %, pour «augmenter les chances d’y élire un député acadien», dit le rapport.  Ce taux de -21,9 % est de loin le plus haut taux de variation dans la province, le second plus haut étant de -9,5 % dans Alberton Bloomfield.  

Bien que la Commission semble avoir compris l’importance de concentrer le vote acadien autant que possible, la SSTA n’est pas rassurée à 100 % pour l’avenir.  

«Les limites des circonscriptions électorales sont révisées toutes les trois élections.  Dans 12 ans, on pourrait se retrouver dans une situation différente.  À la SSTA, on commence à discuter des mesures à prendre pour garantir une représentation acadienne et francophone à l’Assemblée législative.  Le jugement qui a été rendu en Nouvelle-Écosse au début de l’année ouvre des portes à la grandeur du Canada.  On va en discuter à la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada». 

Rappelons qu’en janvier 2017, la Cour d’appel de la Nouvelle-Écosse a jugé inconstitutionnelle l’abolition des circonscriptions électorales protégées de Clare, d’Argyle et de Richmond.  En 2012-2013, le gouvernement néo-démocrate de la N.-É. avait fait éclater les frontières géographiques protégées de ces trois circonscriptions, justement pour rééquilibrer le nombre d’électeurs.  Après une longue bataille juridique, le tribunal a tranché.   

Alcide Bernard, le président du Village de Wellington, aurait lui aussi voulu que le district d’Évangéline-Miscouche conserve son intégrité.  «Je pense qu’ils auraient pu faire une exception.  À plus long terme, je pense que nous devons entreprendre des revendications politiques pour garantir une représentation acadienne et francophone à l’Assemblée législative.  Le jugement en Nouvelle-Écosse ouvre la voie en ce sens, il me semble».

- Par Jacinthe Laforest

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