Le 9 mai 2017
Au cours des 10 derniers jours, le dossier des services en français a reçu beaucoup plus d’attention que d’habitude à l’Île-du-Prince-Édouard.  Au gouvernement provincial, d’abord, lors des travaux à l’Assemblée législative, le chef du Parti vert, Peter Bevan Baker a surpris le premier ministre Wade MacLauchlan, qui est aussi le ministre responsable des affaires francophones, avec des questions sur les progrès en matière de services en français à l’Île.

Peter Bevan-Baker a reproché au premier ministre le peu de progrès accomplis depuis la promulgation de la Loi sur les services en français, en décembre 2013.  Selon lui, cette loi devait servir de base pour désigner graduellement plus de services, ce qui n’a pas été fait en quatre ans.  

Peter Bevan Baker a demandé à Wade MacLauchlan si le gouvernement prévoit, d’une manière ou d’une autre, de désigner davantage de services conformément à la Loi et à ses règlements.  

Le premier ministre a aussitôt fait référence au rapport annuel sur la Loi sur les services en français, qui a été déposé en Chambre à la mi-décembre 2016, et qui couvrait l’année financière ayant pris fin le 31 mars 2016.  

«Je crois qu’il y en avait quatre ou six.  Et de fait, nous travaillions sur ces priorités», a répondu le premier ministre, sans donner beaucoup plus de détails.  

Le rapport en question proposait quatre services et programmes pour une désignation : 

• Services provinciaux aux centres de la petite enfance de langue française;

• Programme de partenariat culturel communautaire;

• Service en personne aux centres Accès Î.-P.-É. de Wellington, de Charlottetown, de Summerside et de Tignish;

• Soins à domicile pour aînés.Peter Bevan-Baker a ensuite parlé de la nomination éventuelle d’un agent aux plaintes, une composante considérée essentielle de la Loi sur les services en français.  

«L’agent aux plaintes qui était là depuis 2013 a démissionné après trois ans, disant que trop peu de services étaient désignés bilingues et il mentionnait que plusieurs services pourraient aisément être désignés.  Mais je comprends, d’après votre réponse, qu’aucun nouveau service n’a été désigné.  Pourquoi, alors, prendre la peine de nommer un nouvel agent aux plaintes?» s’est exclamé le chef du Parti vert.  

Cet échange entre Peter Bevan Baker et le premier ministre MacLauchlan s’est produit le 28 avril.  La veille au soir, durant les travaux, le premier ministre avait annoncé en chambre que la nomination d’un agent aux plaintes était «imminente».  

La présidente du CCCAF, Jacinthe Lemire, a confirmé cette information.  «On nous dit que la personne pourrait être nommée d’ici la fin du mois de juin.  Mais il pourrait y avoir des imprévus.  Nous ne contrôlons pas tout», a indiqué la présidente.  

À l’évidence, les services en français sont importants pour le CCCAF et ils sont aussi importants pour la Société Saint-Thomas-d’Aquin.   Les deux organismes se sont rencontrés le 27 avril à Summerside et au terme de cette rencontre, ils se sont engagés à se rencontrer régulièrement pour faire avancer les dossiers communs.  

«Nous avons toujours travaillé ensemble, et nous nous sommes rencontrés à plusieurs reprises, mais c’était surtout de façon ponctuelle.  Maintenant, ce sera deux fois par année et les ordres du jour seront déterminés à l’avance.  On pourra mieux assurer les suivis et mesurer les progrès», a insisté la présidente du CCCAF, Jacinthe Lemire.  

L’objectif visé par la formalisation du partenariat est de faire avancer les dossiers communs tels que la mise en œuvre de la Loi sur les services en français du gouvernement provincial et du Plan de développement global (PDG) de la communauté acadienne et francophone insulaire.

«Compte tenu le rôle crucial que joue le CCCAF dans l’implantation de la Loi sur les services en français dans l’appareil gouvernemental, nous considérons que des rencontres régulières entre nos organismes sont très importantes pour faire avancer ce dossier prioritaire pour notre communauté», a expliqué Guy Labonté, président de la SSTA.   

Pour sa part, Jacinthe Lemire voit ces rencontres comme une opportunité pour recueillir les préoccupations, défis et succès de la communauté quant aux services gouvernementaux en français.  

Pour clore, momentanément du moins, cette série d’interventions sur les services en français, le premier ministre Wade MacLauchlan a émis le jeudi 4 mai un énoncé ministériel en Chambre.   

- Par Jacinthe Laforest
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