Le 28 mars 2017
Le gouvernement Trudeau veut revoir le Code canadien du travail pour faciliter la conciliation travail-famille.  Cette mesure contenue dans le budget Morneau s’appliquerait uniquement aux secteurs sous juridiction fédérale comme le secteur bancaire, celui des transports ou des télécommunications.

Elle permettrait aux employés d’exiger des heures de travail plus souples, de pouvoir travailler à domicile et d’obtenir des congés non rémunérés.  Le gouvernement estime que ces modifications toucheraient davantage les femmes.

Le budget fédéral contient une série de mesures consacrées à la gent féminine pour réduire l’écart salarial entre les hommes et les femmes, accroître la participation des femmes au marché du travail et réduire la violence dont elles sont parfois victimes.  Il y consacre tout un chapitre. 

«Nous avons pris l’engagement d’analyser les mesures de notre budget en fonction de leur impact sur les femmes, car nous savons à quel point elles jouent un rôle important dans notre économie», a dit le ministre des Finances, Bill Morneau.  Il a ajouté que ce type d’analyse se poursuivra lors des prochains exercices budgétaires.

Le ministre a insisté sur les 7 milliards de $ que le gouvernement investira au cours des dix prochaines années pour créer 40 000 nouvelles places en garderie et réduire leur coût afin de favoriser le retour des mères sur le marché du travail.  Dans certaines provinces comme l’Ontario, les familles peuvent débourser plus de 1 000 $ par mois et par enfant en service de garde.

La lutte contre la violence fondée sur le sexe est un autre exemple de mesures qui touchent davantage les femmes.  Le gouvernement entend créer une stratégie nationale pour l’endiguer.  Le budget y consacre 101 millions de $ au cours des cinq prochaines années. 

Les détails de cette stratégie seront connus ultérieurement, mais le gouvernement indique déjà que la Gendarmerie royale du Canada et la Défense nationale seront mises à contribution.  Ces deux institutions ont récemment été sous les projecteurs en raison de leur incapacité à traiter les plaintes d’agressions sexuelles de leurs employés au cours des dernières années.

Le gouvernement estime que les femmes autochtones seront particulièrement touchées par sa Stratégie pour les Autochtones vivant en milieu urbain qui obtiendra 118,5 millions de $ sur cinq ans.  Ce financement servira à inciter les femmes autochtones à entrer ou demeurer sur le marché du travail en soutenant les programmes de lutte contre la violence familiale et les services de garde qui leur sont destinés.

Un examen des mécanismes de la Banque de développement du Canada sera lancé d’ici quelques mois.  Cet examen tiendra compte des besoins des femmes entrepreneures afin de leur fournir un meilleur appui.

Le budget contient d’autres mesures qui auront indirectement un impact sur les femmes.  Par exemple, en éducation, il vise à donner un meilleur accès au programme de prêts et bourses d’études aux étudiants à temps partiel et aux étudiants qui ont des enfants.

Quelques statistiques sur les femmes

- près de 75 % des travailleuses ont fait des études postsecondaires

- les femmes représentent 47 % de la main-d’œuvre, un bond de près de 10 % en 40 ans

- le revenu médian des femmes demeure moins élevé que celui des hommes, dépassant de peu les 45 000 $ en 2016

- les femmes autochtones sont trois fois plus susceptibles que les non-autochtones d’être victimes de violence

- 33 % des crimes commis contre les femmes autochtones sont des agressions sexuelles, contre 10 % pour les femmes non autochtones.

- Par Mylène Crête, LA PRESSE CANADIENNE

L'Île-du-Prince-Édouard en images