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 Votre journal francophone de l'Île-du-Prince-Édouard
Le 3 décembre 2018
Le 15 novembre dernier, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a annoncé sa décision d’abolir des services et projets que les Franco-Ontariens tenaient pour acquis.  À l’Île-du-Prince-Édouard, nous avons nous aussi quelques mécanismes que nous considérons comme acquis.  Nous avons le Collège de l’Île, une Loi sur les services en français, un comité consultatif pour conseiller le gouvernement sur les façons d’améliorer les services en français.  Le gouvernement provincial a graduellement augmenté le nombre des services désignés en vertu de la Loi sur les services en français. 

Nous nous pensons protégés par des garanties politiques puis une décision, d’un premier ministre d’une province comme l’Ontario où la communauté francophone est parmi les plus grandes et dynamiques au pays, vient nous rappeler à quel point tout cela est fragile. 

Oui, en apparence, le premier ministre Ford est revenu sur sa décision.  Cependant, plutôt que de réinstaurer le Commissariat aux services en français dans sa province, il a accepté de maintenir le poste de commissaire aux services en français, en le plaçant toutefois sous la responsabilité de l’Ombudsman de la province.  C’est une perte d’autonomie flagrante car ce Commissariat était pleinement indépendant. 

En apparence, également, Doug Ford a reculé sur sa décision de mettre fin au projet d’université francophone.  Dans sa déclaration écrite du vendredi 23 novembre en fin de journée, il a tempéré ses propos.  Le projet n’est plus aboli.  Il est seulement remis aux calendes grecques (ou leur équivalent compte tenu des déficits escomptés dans cette province). 

Il y a longtemps que la francophonie canadienne ne s’est pas sentie aussi fragilisée qu’en ce moment.  Le gouvernement néobrunswickois de Blaine Higgs, qui s’allie à un parti anti-bilinguisme pour gouverner dans la seule province officiellement bilingue du pays, est un autre signe d’une érosion qu’il faut prendre au sérieux. 

Il y a longtemps que la francophonie canadienne n’a pas senti ainsi l’urgence de se mobiliser pour montrer qu’elle n’est pas dupe des jeux politiques.  Le 1er décembre, l’entièreté de la francophonie canadienne est conviée au grand mouvement de mobilisation.  Même ici, à l’Île-du-Prince-Édouard, la collectivité est appelée à manifester sa solidarité. 

Le message sera capté en Ontario et se joindra au message national, mais il sera aussi capté à l’Île-du-Prince-Édouard, comme un rappel que la communauté n’est pas prête à avaler n’importe quoi. 

L’épisode récent de la ministre Biggar et les réactions qui en ont découlé montrent que les droits de la collectivité francophones sont loin de faire l’unanimité.  La difficulté d’obtenir des infrastructures scolaires adéquates est un autre signe de la fragilité politique qui est la nôtre. 

Pour tous les francophones du Canada ainsi que pour nous-mêmes, nous devons rester vigilants et constants dans les revendications.    

Le premier ministre Ford voulait économiser un maigre 15 millions de dollars sur un déficit de 15 milliards de dollars.  C’est ridicule, évidemment, et cela montre que l’argument financier cachait des arguments idéologiques. 

Il faut souligner que justifier (ou non) une telle décision par la hauteur des économies qu’elle permet de faire peut être une arme à deux tranchants.  Pour quel montant d’économie devient-il acceptable de brimer les droits de sa communauté francophone? Espérons ne jamais avoir de réponse à cette question. 

- Éditorial de Jacinthe Laforest

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